ALEXANDRE V ; JEAN XXIII
chercher un refuge successivement à Florence et à Bologne [1413]. De cette dernière ville, Jean négocia avec les souverains pour fixer le lieu où s'assemblerait le concile. Ladislas étant mort subitement, l'empereur Sigismond désigna la ville de Constance, où le concile devait s'ouvrir le l*"" novembre 1414. Pierre d'Ailly et Gerson répandirent alors des écrits énergiques pour inspirer à l'assemblée projetée une activité plus grande et plus fructueuse (1).
§ 271. — Concile de Constance [1414- 1418].
Herman. von der Hardt, Magnum œcumen. concilium Constant. Francof. et Lipsiœ, 1697-1700, 6 vol. in-fol. Theodoricl Vrie (religieux augustin à Osnabrück), de Consolatione Ecclesise, Hlst. concilii Constant. Von der Hardt, t. I, P. I. Ulrich de Reichental. Concile de Constance. Augsb,, 15:^6, in-fol. Bourgeois du Chastenet, Nouv. Hist. du concile de Constance. Paris, 1718, in-4 (composée surtout de pièces). Theod. de Niem, Invectiva in diffugientem a Constant, con. Joh. XXIII. Von der Hardt, t. II, P. XIV et XV, p. 296-330. Ejusdem Vita Joh. XXIÎI, lib. III, ibid., p. 336-460.
Lenfant, Hist. du concile de Constance; 2» édit. Amsterd.. 1727, 2 vol, in-4 (composé surtout de pièces;. Natal. Alex. Hist. écoles, saec. XV, dissert. III-VII. Emmanuel Schelstrate, Gompendium chronol. rer. ad décréta con. spect. avant son traité de Sensu et auctoritate decretorum Constant, conc. Romœ, 1686, in-4. Richerii Hist. conc. gêner., lib. II, c. 3, t. II, p. 131-270. Royko, Hist. de la constitution de l'Église à Constance. Vienne et Prague, 1782, 4 vol. (ouvr. prolixe, étroit et très-partial). Vessemberg, les Grands conciles, t. II, p. 09-267, Cf. Hefele, dans le Catholique, 1841, janvier, février, juillet, août et septembre. Aschbach, Vie de l'empereur Sigismond. Francf., 1838, t. II, p. 69.
Le concile de Constance, comme celui de Pise, brilla d'abord du plus vif éclat ; dix-huit mille ecclésiastiques dont
(1) Gerson, de Modis uniendi ac reformandi Ecclesiara in concilio universal! [I410] ad Petrum de AUiaco, cardinal. Cameracens. (0pp. éd. du Pin, t. II, p. 161 sq; von der Hardt, t. I, P. V, p. 67 sq.). Voyez ensuite, sur les scrupules manifestés par Pe<r. de AUiaco, de Difücultate reformationis in concilio universali ad Joh. Gerson [1410], in Gerson. 0pp. t. II, p. 867 sq., et von der Hardt, t, I, P. VI, p. 255, sq. Le chap. 19 montre surtout les tendances de Gerson : « Quum ergo hoc majus bonum inveniri valeat in secundo concilio quam h\'9primo Pisano, ubi secundum opinionem multorum omnia fuerunt quasi primis motibus facta et agitata, spiritu vehementi et non matura deliberatione, ut eliam concilium decebat, ordinata nec compléta,... videtur sane perfectius, melius et sanctius futurum concilium esse quam primum, etc. » (0pp., t. II. p. 186; von der
vingt archevêques, quatre-vingt-douze évêques, cent vingtquatre abbés s'y rendirent, sans compter un grand nombre de princes temporels (1). On convint de voter non par voie de majorité, mais par nation. L Allemagne, la France, l'Italie, l'Angleterre, et plus tard l'Espagne, formaient autant de curies qui montrèrent chacune leur caractère particulier et leurs tendances individuelles. Jean XXIII était fort peu disposé à paraître à Constance. Le long de la route, il scandalisa le peuple des campagnes en jurant fréquemment au nom du diable; puis, quand il aperçut de loin la ville : « Hélas ! voilà le piège tendu au renard ! » Après les préliminaires d^isage, le concile exigea l'abdication volontaire des trois papes. Jean, surpris de ce coup imprévu, sembla d'abord se résigner ; mais bientôt, malgré son serment, et se sentant fort de l'appui de Frédéric, duc d'Autriche, il s'enfuit à Schaffouse [21 mars 14i5j et continua de descendre le Rhin, après avoir révoqué toutes ses précédentes concessions, comme extorqués par la force. Sans les soins du noble Gerson et de son vénérable maître, le cardinal d'Ailly, le concile n'aurait pu continuer ses délibérations (2). Les écrits du savant chancelier sur la réformation de l'ÉgUse avaient produit une impression profonde ; aussi, dans les troisième et quatrième sessions, arriva-t-on à cette décision devenue si célèbre : « Le pape » n'a ni le droit de la convocation d'un concile général, ni )) celui de le dissoudre sans son consentement. En consé- » quence, le concile actuel continue de jouir de toute la » plénitude de son autorité, malgré la fuite du pape. Cha- » cun, et le pape lui-même, est tenu d'obéir au concile gé- » néral en ce qui concerne la foi et l'extinction du schisme. » L'évêque de Posen lut cette décision, que Pierre d'Ailly et Gerson se chargèrent de justifier, par leurs écrits, pendant la durée même du concile .
Hardt, I. cit., p. 113 sq.) Cependant le ton passionné et les exagérations de cet écrit font douter que Gerson en soit vraiment l'auteur.
(1) La foule des étrangers était si grande que l'on en compta continuellement cinquante mille présents à Constance. Il en vint même une fois jusqu'à cent cinquante mille, avec trente mille chevaux. Cf. von der Hardt, t. V, P. II, p. 10-52.
(2) Petrus de Alliaco, de Necessitate reformat. Ecclesiae in capite-