‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 227 sur 280 · III, P · texte numérisé non relu

III, P

rimb., 1473.

(2) Cf. Rnynald. ad an. 1484, n» 28 sq.

(3) Cf. Raynald, ad an, 1484. n" 60 sq.; an. 1435, n" I sq.; an. 1486. n° 60 sq.; an. 1488, n° 10 sq.

5?0 § 273. — CALixTE m; pie ii; paul ii;

contrainte et sans précipitation, dans la plénitude de leur liberté, mettre la tiare sur la tête du cardinal Rodrigue Borgia, dont tout le monde connaissait les adultères, la perfidie et la cruauté (1). Alexandre VI possédait de grands talents qui firent de lui un protecteur éclairé des lettres et des arts : audacieux et inébranlable au milieu des dangers, doux et indulgent pour le peuple, dur pour les grands et les riches, il ne reculait devant aucun moyen de satisfaire ses passions criminelles, employant tour à tour le parjure, le meurtre et le poison (2). Il se montra tout entier tel qu'il était dans ses relations avec Charles VIII, lorsque ce prince voulut relever les prétentions de la maison d'Anjou au trône de Naples. Gagné par les riches présents dont Ferdinand roi de Naples, avait comblé ses bâtards, Alexandre se déclara en sa faveur, et plus tard en faveur d'Alphonse II son fils, et s'unit à ce dernier dans une alliance contractée avec le sultan Bajazet II contre le roi de France. Charles, méprisant l'excommunication du pontife, marche contre Rome [31 décembre 1494]; Alexandre passe du côté du

(1) Nous appelons l'attention du lecteur sur les lignes suivantes : « Plus on étudie attentivement et profondément l'histoire et les documents originaux de cette époque, plus on reste convaincu que la mémoire d'Alexandre VI a été horriblement calomniée. Pour le juger impartialement, il faut se rendre compte d'abord de tous les éléments sociaux qui l'entouraient. Il y a déjà longtemps que la véritable critique absout le nom d'Alexandre VI, des empoisonnements et des autres horreurs que lui imputèrent sans preuves de haineux mémoires d'antichambre et d'horribles satires. L'hostilité ardente de la réforme contre Rome et le ressentiment de la France contre l'attitude politique d'Alexandre VI, n'ont pas peu contribué non plus à faire noircir sa mémoire. Sans prétendre excuser toutes les irrégularités de sa vie, on peut voir par le chapitre que lui consacre M. Audio (Hist. de Léon X, t. I, ch. II), à quel point ce pape fut diffamé. Il était charitable, actif, équitable, sobre. S'il s'est attiré tant de haine, c'est pour avoir abattu l'aristocratie féodale dans Rome. {Dict. des papes, par M. C. F. Chevé. art. Alexandre VI, in-4. Migne, Paris, 1857.)

(2) Burchardi Diarium curiœ Rom. sub Alex. VI, 1484-1506 (Eccardi Corpus hist. t. II, p. 2017 sq. Moins complet dans le Spécimen hist. arcanœ de Vita Alex. VI, éd. Leibnit. Hau., 1696, in-4). Guicciardini, loco cit., lib. I-VI. Raphaël Volalerra. dans son Anthropologie, lib. XXIl, caractérise ainsi ce pape : « In Alexandre, ut de Annibale Livius scribit, tcquabant vitia virtutes. Inerat namque ingenium, ratio, etc. »

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