‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 230 sur 280 · CINQUIEME CONCILE DE LATRAN ; LEON X · texte numérisé non relu

CINQUIEME CONCILE DE LATRAN ; LEON X

allait aborder la Pragmatique-Sanction de la France, la mort surprit Jules II au milieu de ses grands et nombreux projets [22 fév. 1513].

Le règne de ce pape, uniquement occupé de guerre et de politique, inspira à Maximiiien, qui était veuf, la pensée de devenir pontife romain, probablement pour réunir la dignité pontificale à celle d'empereur (1). Le choix du conclave s'arrêta sur le jeune cardinal Jean de Médicis ou Léon X, qui n'avait pas trente-huit ans quand il ceignit la tiare [19 mars 1513], et qui avait été ordonné prêtre le 15 et sacré évêque le 17 mars. Léon X était le vrai représentant de l'esprit et de la Httérature de son temps. Avec tout son amour de l'art, avec son éducation éminemment classique, son humanité, dirions-nous dans le sens antique, sa politique fine et déliée, Léon X était presque étranger à l'esprit ecclésiastique. Son pontificat vit continuer le concile, qui, sous Jules II, était arrivé seulement jusqu'à la cinquième session. S'agissait-il des canons de réforme, d'épurer les mœurs et la discipline, de mettre fin aux abus dans la collation des bénéfices, de réprimer le concubinage ou les excommunications inconsidérées : Léon semblait y prendre aussi peu d'intérêt que le concile lui-même, et surtout n'avoir pas la main assez ferme, la volonté assez persévérante pour entreprendre une œuvre si difficile (2). Il tenait beaucoup plus à la révocation de la Pragmatique- Sanction, dont il eut le bonheur d'obtenir l'abolition de François I" qui avait des vues sur Naples, et avec lequel le pape s'était rencontré à Bologne en 1515. Le concile de Latran confirma le concordat qui remplaça la Pragmatique (3), mais le parlement de Paris refusa de l'enregistrer

(1) C'est probablement la conduite de quelques papes qui porta Guignecourt à soutenir que l'Église pourrait se passer tout à fait du pape. Voir la lettre de l'Université de Paris au pape Clément VII, année 1524.

(2) Raynald, dit, ad an. 1513, n°97: « Lorsqu'on informa Léon X que près de la moitié des prélats demandait une réforme dans tout le corps, depuis les pieds jusqu'à la tète: — Quo auditu papa quasi subridens dixit velle aliquantulum cogitare, ut omnibus satisfiat, et sic in prima sessione futura deJiberare, quod omnium reformatio fiât, tani sui quam reformatorum !

(3) Textus integer Concordator. inter Leonem X et Franciscum I (Harduin, t. IX, p. 1867-90)

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