‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 232 sur 280 · SITUATION · texte numérisé non relu

SITUATION

» loin; ils ont fini par enlever aux évêques presque toute » leur autorité. Mais aussi les Pères de Bâle ont trop lié » les mains aux papes, et, après tout, il ne pouvait en être » autrement. Quiconque commence par faire des choses » indignes de soi est contraint de subir l'injustice : souvent » l'homme qui veut redresser un arbre le jette du côté op- » posé. Pour moi, j'ai pris la ferme résolution de ne point » empiéter sur les droits des évêques, dont la mission est » d'avoir une part dans le gouvernement de l'Église. Je ne. » connais qu'un seul moyen de maintenir inviolable l'autorité » du pape : c'est de respecter dans chacun lapart qui luirevient » du pouvoir ecclésiastique {\). » Mais les conciles de ces temps voulurent, par-dessus tout, mettre les deux systèmes en présence pour faire triompher l'un ou l'autre, et pendant ces vains débats ils perdaient de vue la réforme, la rendaient impossible ou la remettaient sans cesse au lendemain. On ne pouvait l'attendre des papes, qui sentaient, pour la plupart, que la réforme devait commencer par euxmêmes. D'ailleurs le séjour d'Avignon, le schisme et les scandaleux événements qui s'en étaient suivis, l'inconduite de plusieurs pontifes avaient complètement ébranlé l'influence du Saint-Siège ; l'interdit lui-même n'inspirait plus de crainte, et, à plus forte raison, aurait-on traité avec très-peu de respect les mesures générales parties de Rome. Bien plus, les gouvernements cherchaient à fonder des églises nationales au moyen de concordats et de pragmatiques qui compromettaient gravement l'unité du corps entier. Et cependant, malgré tant de périls, malgré tant d'obstacles, l'idée fondamentale de la papauté comme centre de l'unité, comme condition nécessaire du gouvernement de l'Eglise, restait toujours vivante, du moins dans la masse des peuples. Le pape pouvait encore parler aussi impérieusement après l'an loOO que Boniface en 1300. Ainsi se manifestait précisément l'assistance divine promise à l'Église, dont les abus, même les plus graves, ne purent jamais détruire par le fait, ou dans la croyance des fidèles, les éléments essentiels. L'idée si magnifique et si chrétienne de l'union de la papauté et de l'empire, plus rarement réalisée désormais, se révélait cependant encore

(1) Apud Kooh, Sauctio prag. Genn. illusti*. c. %, § 15.

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