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ÉGLISE

qui environna le Sauveur transfiguré sur le Thabor. Barlaam pensait que les Hésychiastes prétendaient par là que cette lumière incréée est Dieu même; et comme, hors Dieu, on ne peut rien concevoir d'incréé, il les accusait de dithéisme. Mais un concile rassemblé à Constantinople [1341] se prononça en leur favenr et voulut contraindre Barlaam à reconnaître son erreur; celui-ci chercha un asile dans l'Occident, où il se réunit à l'Église romaine. Un de ses disciples, le moine Grégoire Acyndimus, le remplaça dans sa lutte contre les Hésychiastes, et ceux-ci trouvèrent un second défenseur dans Palmas, archevêque de Thessalonique. Un autre concile de Constantinople condamna également Grégoire et donna lieu à de tristes désordres. Le nouvel empereur en convoqua un troisième [1351], et la discussion roula principalement sur la thèse que soutenait Palmas. Il faut distinguer, disait-il, la substance divine de l'activité divine. Il y a en Dieu des forces incréées, et une de ces forces se montra sur le Thabor sous la forme de lumière. Les adversaires ne voulaient point reconnaître cette distinction entre l'activité divine et la substance divine ; ils accusèrent Palmas d'enseigner que l'on peut voir Dieu avec les yeux du corps. De part et d'autre la controverse n'était plus qu'un écho affaibli des anciennes et subtiles discussions dogmatiques de l'Église orientale.

C'était moins la foi que la raison politique qui, à maintes reprises, rapprocha les Grecs de l'Église romaine. Lorsque l'empire latin tomba en 1261 et que Constantinople fut redevenu le siège de l'empire grec, Michel Paléologue, menacé à la fois par Charles d'Anjou, roi de Sicile, et par l'empereur latin Beaudoin II, s'efforça de ramener une réconciliation entre les deux communions au concile de Lyon [1274] (1), Les envoyés, parmi lesquels se trouvaient George Acropolita, signèrent une confession de foi qui admettait la procession du Saint-Esprit et la suprématie du Saint-Siège, en se bornant à demander le maintien delaliturgie grecque. Néanmoins Paléologue lui-même ne tarda pas à revenir sur

(1) Leo AUaiius, de Ecclesije orientalis et occidentalis perpétua consensione Colon., 1648, in-4. Graeciee orthodoxae scriptores. Roraae, 1652 et 59, 2 vol. in-4. Allatius naquit en 1568, dans File de Chio, et habita Rome à partir de l'année IGOO.

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ses premiers actes, et après sa^mort [1282], les choses reprirent leur ancien cours; le mécontentement du peuple fit explosion ; on ne voulut point prier pour l'âme de l'empereur ni lui donner une sépulture chrétienne, etjl fallut les hordes envahissantes des Turcs pour rappeler les Grecs à d'autres sentiments. De nouvelles tentatives d'union furent faites par l'empereur Jean VI Paléologue, qui s'était rendu à Rome, après les négociations ouvertes à Constantinople par Nicolas de Cusa. Malheureusement les membres da synode de Bàle déjà disloqué, se mêlèrent de l'aft'aire et envoyèrent des bâtiments pour amener les Grecs à Bâle» Ceux-ci cependant, au nombre de sept cents, l'empereur Jean Paléologue et le patriarche Joseph de Constantinople à leur tête, montèrent sur les navires expédiés par le pape Eugène IV. Enfin, après de longues et inutiles discussions de prérogatives et de cérémonies, les conférences s'ouvrirent à Ferrare. Elles aboutirent heureusement, le 6 juillet 1439, malgré l'opposition de Marc Eugenicus, métropolitain d'Éphèse, et d'Antoine, archevêque d'Héraclée, victorieusement combattue par les habiles théologiens d'Occident, tels que Jean de Turrecremata, secondé lui-même par le grec Bessarion (1). Les Grecs consentirent même à la rigoureuse doctrine de l'ÉgUse latine sur le divorce (2); mais cette union annoncée au monde avec tant de joie, ne trouva pas de sympathie en Grèce, oii on la repoussa. Tant de vaines tentatives refroidirent peu à peu les Occidentaux pour leurs frères d'Orient, et les plus énergiques exhortations des papes qui se succédèrent jusqu'à Léon X ne purent les portera secourir Constantinople, qui

(i) Harduin, t. IX; Mansi, t. XXI, p. 459 sq..; Labbœus et Cossarf, t. XIII. L'ouvrage suivant est partial pour les Grecs : Vera historia unionis non verœ inter Gr<Tecos et Latinos, sive concilii Florent, exactissima narratio, grœce scripta per Sylvestr. Sguropolum (Syropolum), magnum ecclesiarcham, qui concilio interfuit, transtulit in serm. lat. Rob. Creyghton. Hagae Com., 1690, in-fol. Contre cet écrivain partial et infidèle, voyez Leonis AllatH in Rob. Creyghtoni apparatum version, et notas ad hist, conc. Florentini scriptam a Sylv. Syrop. exercilationum pars prior. Romaj, 1665, in-4; il n'y en a point de plus moderne.

(2) Wilhelm Tyr. lib. XXII, c. 8. Cf. Revue de Bon, 16' livr.; p. 232, et 17. livrais., p. 239. Kunstmann, les Maronites et leurs rapports avec l'Eglise latine (Tub., R,ev. trim. 1845, livr. I, p. 41-54.

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tomba aux mains des infidèles, et vit Sainte-Sophie convertie en mosquée [1453] !

La réunion des Maronites s'accomplit avec plus de loyauté et de sincérité ; elle eut lieu en 1182, par l'intermédiaire du patriarche latin d'Antioche. Les Arméniens, toujours menacés et opprimes par les Mahométans, persévérèrent [depuis 1145] constamment dans leur union avec Rome, qui leur permit l'usage de leur langue dans la liturgie (1), Ils renouvelèrent l'alliance après le concile de Florence [en 1439] (2), et déterminèrent d'autres sectes chrétiennes à nouer également avec le Saint-Siège des négociations dont le succès fut plus ou moins heureux (3).

(1) Otto Frising. Chron. lib. VII, c. 32.

(2) Harduin, t. IX, p. 1015-18; Labb. ei Coss. t. XIII, p. 1197.

(3) Decretum pro Jacubitis [l44l[. Harduin. loco cit., p. 1021 sq.; Labb. et Coss.., loco cit., p. 1204 sq. Constitutio pro Syris, data La terani, 1444, et Harduin, loco cit., p. 1039; Labb., loco cit.. p. 1^22 sq.; Constitutio pro Chaldœis et Maronitis, an. 1445 (Harduin, loco cit. p. 1041 sq. Labb. et Coss,, loco cit.. p. 1225 sq.). ■■

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