THÉOLOGIE ALLEMANDE
tablir : ce qu'elle fait actuellement pour eux, en leur enjoignant de rappeler fréquemment au peuple que la réccpption du sacrement sous une seule espèce est entière comme sous les deux espèces. Enfin 3° le clergé devait continuer de posséder, mais en faisant servir les bénéfices aux fins prévues par les canons (1). Les Galixtins, mais non les Taborites, se montrèrent satisfaits de ces conditions. Désireux de rendre la paix à leur malheureuse patrie, les premiers se virent contraints de livrer à leurs coreligionnaires une bataille ou les deux Procope succombèrent avec les Orphelins. La paix fut en effet rétablie dans l'État mais non encore dans l'Église de Bohême. La jalouse vigilance desCalixtinspourmaintenirlesHbertés obtenues, d'une part, et, de l'autre, les efforts des catholiques pour rétablir l'unité dans le culte divin, donnèrent fréquemment lieu à de nouveaux froissements. Peu à peu le parti rigoriste, parmi les Hussites, s'isola de plus en plus et finit par former les associations pai'ticulières connues sous le nom de frères Bohèmes et Moraves (2),
§ 281. — Théologie allemande.
Parmi les personnages quisemèrent durant cette époque les germes de l'hérésie et exercèrent sur la génération suivante, et particulièrement sur Lutner, une influence décisive, il faut compter l'auteur inconnu d'un petit livre ascétique, en cinquante-quatre chapitres, que Luther nomma Théologie allemande (3). L'auteur vécut probablement dans
(1) Les actes de ces négociations sont dans Marlene, Ampliss. Collectio, t. VIII, p. 596 sq., et Mansl, t. XXX, p. 590, 634, Gtjs et
(2) Cf. Bossuet, Hist. des variations, liv. II, § 108; Lochner, Origine et première destinée des frères Moraves. Nuremberg, 183-2.
(3) En 1516, Luther édita la Théologie allemande, qn'ii donna pour un clioix des ouvrages de Tauler et qu'il accompagna d'une préface. « Cet excellent petit livre, dit-il, qui est si pauvre, si peu orné de belles paroles et de sagesse mondaine, est d'autant plus riche et plus précieux par l'art et la sagesse de Dieu qu'il respire. Et pour célébrer encorer mieux mon vieux fou, je ne craindrai pas de mettre à côté de la Bible et de saint Augustin un ouvrage qui m'a appris plus que tout autre ce que sont Dieu, le Christ, l'homme et toutes cho-