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LA PRÉTENDUE

chacun des siècles suivants, quels soins, quelles précautions clans les couvents pour transfrire et conserver les auteurs de l'ancienne Rome ! Raymond Lulle ne craint pas de proposer l'établissement d'une grande institution pour l'étude de la littérature arabe et grecque au sein de l'université de Paris (1). Le XIV siècle ne nous fournit-il pas une merveilleuse preuve du zèle avec lequel on s'adonnait à l'étude de l'antiquité? Dante (2), dans sa Divine Comédie, cette admirable image de la seconde création opérée par le Christ, Dante voue un culte non moins ardent à Virgile qu'à saint Thomas; il est tout à la fois théologien rigoureux et poëte sublime; il éveille dans l'Italie entière le sentiment et l'amour du beau ; il crée la langue, pose les lois du goût et ressuscite l'activité de l'esprit humain ! Dante juge les papes, les ordres religieux, le clergé ; Florence le bannit, mais Rome accueille l'exilé [f 1321] !

Pétrarque (3), à son tour, se pénétra profondément du génie antique : il respire, il vit de la vie des Grecs et des Romains, et la douceur de ses chants réforme le goût dépravé de son temps. A sa voix toute l'Europe occidentale prend feu pour la littérature classique [7 1374].Boccace(4) transcrivit de sa propre main les principaux ouvrages des auteurs grecs ; après s'être intimement familiarisé avec leurs idées, le premier, il coordonna le système de la mythologie ancienne, pour préparer et faciliter l'étude des classiques [t 1375].

(1) Raymond Lulle écrit dans une lettre (Marlene et Durand, Thesaur, anecdot. t. II, p. 1319): « Hic conscientiae stimulus me remordet et coegit me venire ad vos, quorum summaj discretionis et sapientise interest ordinäre circa tantum negotium, tarn pium, tarn mcritorium, tarn Deo gratum servitium et utile toti mundo, videlicet quod hic Parisiis, ubi fons divina? scientiœ oritur, ubi veritatis lucerna rcfulget populis christianis, fundaretur Studium Arabicum, Tartaricum et Grœcum, ut nos, linyuas adversariorum Deietnoslrorum dzci'i, etc. »

(2) Divina Commedia. Voy. aussi le Catholicisme de Dante dans la Gazette évangélique de Hengstenberg, 1842, n°= 10-12, et Gœschl, Enseignement de Dante sur la création. Berlin, 1842. Artaud, Histoire de Dante Alighieri. Paris, 1842. Dante et la philosophie catholique au XIII° siècle, par Oznnam. Paris, 1840.

(3) Africa, epistolœ (Opp, Bas., 1554, 1581; Lugd., 1601, 2 vol. jn-fol.). Sonnetti. Canzoni, Trionfi.

(4) De genealogiadeorum lib. XV. Bas., 1532, in-fol. Decameronô.

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