‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 249 sur 280 · ÉTUDE · texte numérisé non relu

ÉTUDE

XïIP siècles, le peuple lût les principaux livres de l'Écriture dans des traductions approuvées, ce que TEglise n'a jamais défendu (1), à l'époque où nous sommes arrivés, il se manifesta un intérêt plus vif encore pour cessortes de productions. En France, en Angleterre, en Italie et en Allemagne, l'imprimeiùe prêta son puissant concours pour satisfaire les demandes toujours croissantes des populations (2) ! Dans l'Allemagne seule, entre l'année 1460 et le moment où Luther parut, on avait publié quatorze éditions de la Bible dans le dialecte haut allemand, et six autres en plat allemand (3).

Paris., 1512. In IV Evang. Meid., 1522. Bible franc, complète depuis 1523. Anv., 1538.

(1) C'est pourquoi l'épiscopat catholique d'Angleterre déclara publiquement, en 1826 (V. t. III. §404), «que jamais l'Eglise catholique n'a défendu ni empêché la lecture de l'Ecriture sainte dans des versions authentiques et dans le texte original. Jamais, non plus, l'Eglise n'a rendu de loi générale pour empêcher la lecture de l'Ecriture sainte en langue vulgaire sur des traductions approuvées. » Seulement, dans certains cas et lieux particuliers, cette liberté fut restreinte suivant l'esprit même du temps. On eu trouve des exemples dans les Vaudois et les Albigeois, qui voulurent bouleverser et l'Eglise et l'Etat en s'appuyant sur l'Ecriture sainte. Quand on cite la lettre d'Innocent III (lib. II, ep. I4l), on oublie que ce pontife ne défend nullement de lire une traduction de la Bible, mais il exhorte seulement l'évêque de Metz à surveiller et corriger cette traduction. Dans les circonstances en question, le concile de Toulouse [i229j et celui Tarragone [1234] défendirent l'usage de la version française, et des raisons semblables portèrent l'Eglise, dans le XVP siècle, à user de la même réserve, mais jamais à prohiber l'usage de l'Ecriture. Cf. Regala IV indicis librorum prohibitorum. Voyez Gazette de Bonn, l9'livr., p. 108-119; nouv. série, 4^ année, 3« livr., p. 130-36; Gazette théolog. de Frib., t. VII, p. 1-23. Cf. surtout la controverse du protestant Daniel sur la Bible au moyen âge. Il dit au ch. 8, p. 73 : « Nous pourrions prouver que, même au moyen âge, l'Eglise n'abandonna jamais le trésor de l'Ecriture qui lui avait été confié, que jamais elle nele foula aux pieds, comme bien des gens se l'imaginent. Assurément toutes ces rap^^odies sur l'obscurité de ces temps nous sont si habituelles qu'on est mieux reçu à prouver que deux et deux font cinq qu'à nier les profondes ténèbres du moyen âge. Et pourtant ces ténèbres se laissent très'facilement percer et déchirer.

(2) La liste des traductions en ditlérentes langues se trouve dans le Long, Bibliotheca sacra in binos syllabes distincta; subjiciuntur grammatic» et lexica prccsertim Orientaliura, etc. Paris, 1723, 2 vol. in-fol.

(3) La première parut sans indication de lieu, avec les armoiries de Frédéric III, en 1460 ou 62, probablement à Mayence. Ensuite il

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Il est donc faux que Luther ait, le premier de tous, tiré la Cible de robscurité où on la tenait renfermée, pour la faire connaître à ses compatriotes, quoiqu'il l'ait prétendu luimême : (( Il est clair comme le jour que depuis longtemps » rien de pareil ne s'est passé dans les universités; car les » choses y étaient arrivées à ce point que la parole divine » gisait sous les bancs, oubliée, couverte de poussière et » rongée par les vers. » (Préface de la Théologie allemande). ■

Et maintenant que l'on saisisse dans son ensemble toute cette ardeur scientifique; que l'on apprécie à leur juste valeur les résultats obtenus par la critique naissante entre les mains de Nicolas de Cusa, de Laurent Valla, d'Antonin, archevêque de Florence; de Jean, abbé de Trittenheim, et du chanoine Granz ; que l'on se rappelle les travaux historiques d'un Machiavel, d'unBembo, d'un Guicciardini et de tant d'autres, et que l'on juge. On se sentira ému à la fois de surprise et d'admiration. On trouvera dans les résultats obtenus le gage des conquêtes futures, si toutefois la violence ou des secousses imprévues ne viennent s'opposer à ce paisible développement? La seule chose qui attriste, c'est de voir la science, naguère si intimement liée à l'Eglise, se révolter maintenant contre son autorité, en attendant une révolution morale qui tarde trop avenir, et porter ainsi une rude atteinte à la vie spirituelle ellemême.

en vint successivement d'autres: à Mayenco, 1467; Naremberg, 1477,

1483, 1490, 1548 ; Augsbourg, 1477, 1480, 1483, 1487, 1490, 1494,1507, 1518, 1524; Strasbourg, 1485. Toutes ces éditions, publiées en haut allemand, ne sont pas de simples réimpressions, ce sont de nouvelles traductions. Il en parut en bas saxon à Lübeck en 1494, et àHalberstad en 1522; puis en plat allemand à Cologne entre 1470 et 1480; à Delft en 1477; à Geiida en 1479; à Louvain en 1518. Cf. Panzer, Liste de toutes les Bibles imprimées en vieil allemand. Nuremberg, 1774; Nouv. Hist. des Bibles cathol. allemandes. Nuremberg, 1781.

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