LA VIE SPIRITUELLE, LE CULTE ET LA DISCIPLINE PENITENTIAIRE
§ 287. — ' Vie spirituelle.
La situation déplorable de la papauté avait réagi d'une façon désastreuse sur la vie spirituelle des fidèles, non moins que sur le clergé lui-même. Durant le grand schisme, les esprits furent souvent divisés par les plus tristes dissensions. Quel était le vrai pape ? A quel signe le reconnaître ? Sous quelle obédience devait-on se ranger? Questions difficiles et parfois presque insolubles dans ces temps de néfaste mémoire ! ni le clergé séculier, ni les couvents dans leur état actuel n'étaient capables d'entretenir, de ranimer le sens religieux; aussi vit-on peu à peu disparaître la poétique et ardente piété qui avait vivifié le peuple; à la place des Minnesœngers vinrent les vulgaires Meistersœngers. En revanche, la superstition acquit des proportions effrayantes, surtout dans les classes inférieures, parmi lesquelles pullulaitla sorcellerie sous toutes les formes. (l)Ces pratiques superstitieuses s'étaient introduites, au XV^ siècle, parmi les chrétiens, avec la science des Maures et des Arabes, qui cultivaient de prédilection la cabale, la magie, l'alchimie, l'astrologie et la théurgie. Pétrarque s'était déjà moqué de ces aberrations, Jean XXII avait pubhé une bulle contre l'alchimie, et la Sorbonne, sur la proposition de Gerson, avait condamné, en vingt-huit articles, les supers-
(1) Horis, Démonologie, ou Hist. de la sorcellerie, depuis Innocent VIII; 2 part. Francfort-sur-!e-Mein, 1818. Voyez aussi la Bibliothèque magique du môme. Mayence, 1821-20; Suldan, Hist. des procès des sorcières d'après les sources. Stuttgard, 1843; Gazette de Bonn, 1844, livr. I, p. 71-