‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 252 sur 280 · VIE SPIRITUELLE · texte numérisé non relu

VIE SPIRITUELLE

dant vingt années, il vécut sans autre nourriture que la sainteEucharistie.il répétait souvent cette simple et naïves prière : « 0 Seigneur, enlevez-moi à moi-même; donnez- » moi tout entier à vous; Seigneur, mon maître, accordez- » moi tout ce qui conduit à vous, ôtez-moi tout ce qui )) détourne de vous. » (C'était l'ancien Deserere creaturas, quœrere Creatorem.) Le pieux ermite fut une céleste apparition pour les bergers des montagnes, comme pour les populations les plus lointaines. Tout en ressentant profondément les maux de l'Eglise, il lui resta soumis dans l'amour et dans l'humilité. Enfin, par son intervention dans le traité de Stanz [1481], il fut un ange de paix pour ses compatriotes divisés.

Sainte Catherine de Sienne fit sentir son ascendant plus efficacement encore pourles besoins généraux de l'Église (1). D'une naissance obscure, elle s'éleva dès son enfance vers le monde sublime des esprits, grâce aux faveurs merveilleuses dont le ciel la combla. Catherine considérait les Dominicains comme ses anges gardiens ici-bas, et elle s'abîmait tellement dans la contemplation de la vie du Sauveur, qu'elle vécut longtemps, comme Nicolas de Fliie, en prenant l'Eucharistie pour toute nourriture. Aussi, toute pénétrée de l'esprit de Jésus-Christ, elle embrassait le monde entier dans les élans de sa charité. L'Italie en masse se précipitait vers l'humble demeure de Catherine pour la consulter et demander son intervention comme médiatrice au milieu des troubles de ces temps; mais la sainte, en se livrant davantage aux choses de ce monde, fut atteinte d'une catalepsie. La privation de ses entretiens avec le Ciel était un coup trop sensible pour Catherine, et elle mourut au milieu deses aspirations ardentes vers l'époux divin qu'elle s'était choisi [1380]. Les Franciscains réussirent à retarder

las (îc Fliie. Lucenie, 1819; Businger, le Frère Kiaus et son temps. Leipz., 1827 ; G. Gœrres, Dieu dans l'histoire. Munich, 1831, 1" livr. (1) Voyez sa Vie dans Bolland. mens, ap., t. III, p. 853 sq. Ses lettres publiées par Gigli. Sienne, 1707 sq., 5 vol. in-4. Cf. Fabric. Biblioth. mediic et infimaî Lat., t. I, p. 363 sq. La Théologie de l'amour, traduite. Aix-la-Chapelle, 1833; Pœsl, Vie de sainte Catherine de Sienne, d'après la biographie de son confesseur Raymond de Capoue, général des dominicains. Passau, 1841. Cliavin de Malan, Hist. de sainte Catherine de Sienne.

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