‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 254 sur 280 · HISTOIRE DES ANCIENS ORDRES RELIGIEUX · texte numérisé non relu

HISTOIRE DES ANCIENS ORDRES RELIGIEUX

bra, à Wurtzbourg, Conrad de Thungen et Christophe de Stadion, à Augsbourg, Mathias Lang, à Salzzourg, et, à Trêves, le pieux Greifenklau.

§ 288. — Histoire des anciens ordres religieux.

HoUtenius, Codex regularum monasticarum. Cf. Hélyot, Biedenfeld. Voyez § 142.

Les actes des divers conciles ne montraient que trop clairement combien les saintes vues des premiers fondateurs avaient dégénéré dans les anciens ordres religieux. D'un côté, les troubles occasionnés par le schisme ; de l'autre, les richesses croissantes des monastères éteignaient de plus en plus la science que l'on avait cultivée autrefois avec tant de sagesse, d'industrie et d'amour. La bonne chère et le désordre des mœurs en prirent la place. Il n'y avait pas Jusqu'aux couvents de femmes qui ne prissent part à ces honteux désordres. Nicolas de Glémengis, souvent déclamateur, trace, de cet état de choses, un tableau vraiement douloureux:

« Que n'aurions-nous pas à dire des moines et des reli - » gieuses, si la pensée seule du scandale ne nous retenait? » Leurs vœux leur font un devoir d'être les plus parfaits » des enfants de l'Église, de ne s'occuper en rien des cho- » ses de ce monde, de s'abandonner uniquement à la » contemplation : eh bien ! ils font précisément le contraire. » Ge sont les plus avares, les plus ambitieux des mortels ; » ils recherchent le monde au lieu de le fuir ; ce qu'ils dé- » testent le plus, c'est leur cellule, c'est leur cloître, c'est » la lecture et la prière, la règle et la religion (1). »

Mais pendant ce temps, les ordres mendiants offiaient une image tout opposée, continuant leur vie de sacrifice et d'activité, s'adonnant avec ardeur à la scolastique et méritant l'estime générale. Insensiblement aussi la lutte des Dominicains et des Franciscains perdit de son âpreté, surtout quand chacun des deux ordres se fut choisi une sphère

(1) Nicol. de Clein. De ruina ecclesiast., c. 41 ( von der rlardl, 1. 1^ P. III, p. 33}.

§ 289. — RÉFORME DES iUNOIENS ORDRES. 579

d'activité clifTérente. Les premiers s'imposèrent pour devoir spécial de maintenir la pureté de la foi catholique contre les hérétiques, les seconds s'adonnèrent presque exclusivement au soin de consoler et de soutenir le peuple. Parmi les Franciscains, les spirituels ou rigoristes excitèrent seuls quelques troubles, et le pape Jean XXII les poursuivit avec sévérité [1318]. Une partie d'entre eux, sous la dirction du général Michel de Gézène, s'attachèrent à Louis de Bavière ; mais, après la mort de ce prince, ils furent réconciliés avec rÉghse au concile de Constance (1), et, dès ce moment, elle en approuva l'existence sous le nom de Fratres regularis observantiœ ; ils obtinrent même dans la suite plus de faveur que les frères conventuels, Fratres conventuales.

Dans l'opposition qui s'éleva contre le Saint-Siège, les ordres mendiants défendirent généralement les papes, leurs protecteurs, et ils les soutinrent quelquefois jusque dans leurs prétentions les plus exagérées ; ils se trouvèrent par là engagés dans une lutte fort animée avec la Sorbonne. En même temps, l'opiniâtreté que ces ordres mirent à soutenir une scolastique dégénérée et l'exagération avec laquelle ils accusèrent d'hérésie les nouvelles études classiques, que l'on poursuivit avec tant d'ardeur pendant la première moitié du XV® siècle, leur firent perdre une partie de leur considération, et les exposèrent aux traits acérés des satires du temps.

§ 289. — Réformes des anciens ordres.

Le désir si souvent manifesté dans les conciles de voir la réforme opérée dans les chefs et dans les membres de l'Eglise devait nécessairement attirer l'attention sur la décadence trop manifeste des monastères. Les Pères du concile de Constance imposèrent aux Bénédictins d'Allemagne l'obligation de tenir un chapitre provincial (voyez § 271). Ge j)récédent fut approuvé et imité dans plusieurs pays. Le 'Concile de Bâle agit plus énergiquement encore, et le cardinal ^'icolas de Cusa, en sa quahté de légat, s'occupa efficement de ce sujet en Allemagne. Le gaspillage des biens

(1) Sess. XIX. apud von dei- Harclt, Couc, Const., t. IV, p. 515.

Page 1