‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 27 sur 280 · TRAVAUX · texte numérisé non relu

TRAVAUX

1846, 2 tom. Lettres et vie de saint Boniface. Fuld. 1842. WUlibaldi [vers 783] et Othlonii Vita S. Bouif. [vers 1100]. (Mabilion, Acta SanctoruHi ord. S. Beued., t. II, III. Bollaiidi Acta Sanctorum mens, jun., t. I, p. 452 sq. CanisU, Lecl'wn. ant., t. I, P. I. Pertz, Mon. Germ. hist.,t. II, p. 331 sq.) Serrarii Res MogiuUiacœ. Mogunt., 1004, ed Johannes. Francof., 1722. Seilers, Boniface, apôtre d'Allemagne. Mayence, 1845. Binterim, Hisl. des conciles d'AlleiTiasrne, t. II.

Les diverses tentatives faites pour convertir l'AUemagne et y fonderie Christianisme n'auraient pu porter tous leurs fruits s'il n'y avait eu un lien commun pour réunir les Églises isolées et les efforts individuels. Dieu suscita à cet effet un homme qui, par sa force, sa douceur, sa prudence, sa persévérance invincible, non-seulement organisa solidement l'Église catholique d'Allemagne et assura sa durée, en l'unissant intimement au chef suprême de la chrétienté, mais encore porta la bannière de la croix parmi les tribus germaniques restées jusqu'alors barbares et païennes. Ce fut le prêtre anglo-saxon Boniface, connu d'alsord sous le nom de Winfrid, né à Kirton [680] (l). Il avait été élevé et instruit dans les deux plus florissants monastères d'Angleterre, d'Excester et de Nutescelle. Se sentant appelé à la conversion des païens, il entreprit [en 716] un premier voyage dans ce but et alla chez les Frisons. Il échoua, sans être découragé ; car après s'être assuré de la recommandation de l'évêque de Winchester, Daniel, il se rendit, à l'exemple des premiers missionnaires anglosaxons, à Rome, pour s'y faire autoriser par le pape Grégoire II [118], et obtenir par cette autorisation apostolique et dans la bénédiction du saint-siége, un gage de l'assistance divine, nécessaire dans une aussi difficile et périlleuse entreprise (!2). 11 donna des preuves de son dévouement à l'Église catholique romaine, d'abord dans la Thuringe, puis, pendant trois années consécutives, parmi les Frisons, sous l'autorité de l'archevêque d'Utrecht, Willibrord, et,

(1) lUo dicebatur in tempore Winfrid, Vita S. Bonifacii, p. 464, n» 19.

(2) Cette autorisation est dans Würdtwein, ep. 2; dans Serarhis, •ep. 118.

DE SAINT BONIFAÖB. 43

protégé par la dynastie des Franks, il obtint de grands succès. A son retour dans le pays de Hesse et dans la Thuringe [~'22], il baptisâtes princes Detdig et Dierolf, et fonda un couvent à Amœneburg, dans la Hesse supérieure. Rappelé à Rome par le pape Grégoire, après avoir fait sa profession de foi et prêté serment de fidélité à l'Egliôe romaine [723] (*), il fut consacré évêque, pour toutes les Églises qui devaient être fondées en Allemagne (episcopus regionarius). Soutenu par la confiance del'évêque de Rome et la faveur de Charles Martel, ii convertit presque tous les habitants de la Hesse et delà Thuringe, après avoir abattu, avec une sainte hardiesse, le chcne de Geismar, antique objet du culte des païens, et s'en être servi pour construire une chapelle en l'honneur de saint Pierre. H s'appliqua surtout à fonder des monastères (1), dans lesquels il plaça des moines et des religieuses d'Angleterre, et qui devaient conserver et propager l'influence du Christianisme.

(*) Voici ce serment dan? Olhlo, 1. I, cap. 19 : « Promitto ego Bonifacius, Dei gratia episcopus, tibi, béate Petre, apostolorum princeps, vicaiioL|ue tuo, beato Gregorio papa3, et successoribus ejus, per Patrem et Filium et Spiritum Sanctiiin, Triiiitatem inseparabilem, et hoc sacratissimum corpus tuum, me omnem fidem et puritalem sanctœ fidei catholicœ exhibere, et in uuitate ejusdem fidei, Deo opérante, persistere, in quo omnis christianorum salus esse sine dubio comprobatur : nullo modo me contra unitatem communis et Ux'iiversalis Ecclesiœ, suadente quopiam, consentire, sed, utdixi, fidem et puritatem meam atque concursum tibi et utilitatibus tuae Ecclesiœ cui a Domino Deo potestas ligandi solvendique data est, et praedicto vicario tuo atque successoribus ejus, per omnia exhibere. Sed et si cognovero antistites contra iustituta antiqua SS. Patruni conversari, cum eis nullam habere communionem aut conjunctionem; sed magis, si valuero prohibere, prohibebo ; si minus, hoc fideliter statim dorano meo apostolico renuntiabo. Quod si, quod absit, contra hujus professionis meœ seriem aliquid facere quolibet modo, seuiugenio, vel occasione tentavero, reus inveniar in œlerno judicio, uîtionem Ananiœ et Saphirœ incurram, qui vobis etiam de rebus propriis fraudem facere prœsumpsit. Hoc autera indiculiim sacramenti ego Bonifacius, exiguus episcopus, manu propria scripsi, atque ponens supra sacratissimum corpus S. Pelri, ila ut pnescriptura, Deo teste et judice, fecisacramenturn, quod et conservare promitto.»

(1) Voir Othlo, I, p. 1, 30. Dans Willibald, c. S. il es', dit : « Ex Britanniœ partibus servorum Dei plurima ad eum tarn iectorum quam etiam scriptorum (copistes), aliarumquc artium eruditorum vivorum congregaiionis, convenerat muititudo. »

44 § 159. — TRAVAUX DE SAINT BOAiFACE.

Après avoir fondé le couvent de Ohrdruf et les églises de Fritzlar, Amœneburg et Erfurt, et avoir fait une sévère épuration parmi le clergé de Bavière, avec l'appui du duc Kugbert , il se rendit pour la troisième fois à Rome [738] auprès de Grégoire III, qui lui avait déjà donné le pallium archiépiscopal [732], et l'avait nommé vicaire apostolique de l'Allemagne. A son retour, Winfrid, après avoir travaillé à restaurer les églises de la Bavière, ruinées par les Avares, à en fonder de nouvelles, avait divisé cette province en quatre diocèses, Saltzbourg, Freisingen, Ratisbonne et Passau. Par l'institution des synodes réguliers il unit fortement entre eux les évéchés nouveaux, et pourvut en même temps à la réforme religieuse et morale du peuple. A la première de ces assemblées, tenue en 742, et qui fut un synode mixte, composé d'évêques et de grands du siècle, ainsi qu'au second, célébré à Liptinœ (Lestines en Hainaut) [en 743], Winfrid travailla surtout à l'extirpation des abus païens. On en trouve l'énumération dans les actes ainsi que la formule d'abjuration, d'après laquelle on devait (( renoncer à Thunœr, Wodan, Odin et à tous les génies malfaisants qui en dépendent (1). )) En même temps il introduisit l'usage d'apprendre au peuple certaines prières en langue allemande, et de se servir de cette même langue pour la lecture des épîtres et des évangiles aux offices publics, pour les instructions homilétiques et l'administration de certaines parties non essentielles des sacrements. Garloman et Pépin conçurent alors le dessein de faire introduire par Winfrid l'usage des synodes dans le royaume frank. Mais l'œuvre de prédilection du saint apôtre, œuvre qu'il parvint à terminer en 742, avec le concours de son fidèle disciple, le Bavarois Sturm, fut la fondation du couvent de Fulde, qui devint par la suite l'école des évêques allemands, la maîtresse des arts et des sciences de toute la Germanie. Enfin, un synode, tenu en 74o, ayant déposé du siège de Mayence, le farouche Gewilieb, coupable d'un meurtre, appela Boniface à lui succéder, et ainsi Mayence devint métropole, quoique Boniface eût préféré Cologne, qui lui paraissait plus convenable, par son rapprochement

(1) B intérim, Conc. allem, t. II, 17 et 117 sq.

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