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RÉFORMATEURS

sur le libre usage des saintes Écritures, comme si la véritable intelligence de la parole de Dieu, le noble et légitime usage de la liberté ne se trouvaient pas dans l'Église, où l'avaient cherché et rencontré les plus grands docteurs, les plus éminents personnages de tous les siècles chrétiens (1).

A ces réformateurs appartiennent :

1° Jean Wessel, né en 1419 à Groningue. Après avoir reçu sa première éducation chez les Clercs de la Vie commune à ZwoUe, il étudia la théologie à Cologne, se familiarisa ensuite avec les auteurs classiques grecs et romains, apprit l'hébreu, professa à Cologne, Louvain, Paris, Heidelberg (2), et obtint, par ses connaissances littéraires et scolastiques, le surnom de Lux mundi, que lui donnèrent ses admirateurs, tandis que ses tendances le firent appeler par les cathohques Magister contradictionum[\ 1489]. Parmi ses erreurs, nous signalons surtout les suivantes; ce sont déjà les avant-coureurs des hérésies protestantes : « La sainte « Écriture est l'unique source de la foi. Nous n'avons » à répondre de notre foi qu'au Saint-Esprit, et non aux » hommes. Le Christ n'a promis à Pierre, en lui transmet- » tant les clefs du royaume du ciel que le Saint-Esprit, c'est- )) à-dire l'amour que donne l'Esprit saint. Aussi les excom- )) munications des papes, dont la plupart sont tombés dans » de pestilentielles erreurs {pestilenter en^avo^unt), ne sont » que des actes extérieurs de la juridiction ecclésiastique et » ne séparent pas de la commmunion spirituelle du Christ. » Dieu seul peut remettre et retenir les péchés. La confes- » sion (l'aveu, confessio) et la satisfaction nesontpas parties » essentielles du sacrement de Pénitence. La seule contri- » tion déhe avant la confession.

2'* Son ami Jean de Wesel, professeur de théologie à Erfurt et prédicateur à Worms. Les Dominicains de Mayence attaquèrent surtout ses prédications; on Taccusa, on le mi{ en jugement [1479] et on l'obligea à rétracter les propositions erronées qu'il avait répandues dans ses sermons,

(1) Voyez t. I, §§ 76 et 107.

(2) Traités théol. de Farrago Weml. Viteb., 1532. Pias, tard L* ther y joignit une préface.

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