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DES SAXONS

truction de leur antique idole, Ylnninsul ou colonne d'Irmin, qui porte le monde, image dans laquelle se confondait probalilement l'idée d'un Dieu invisible et le souvenir de Hermann, Arminius (1). En vain son sage conseiller Alcuin l'engageait à les convertir « plus par la persuasion que par la force ; » Gharleniagne, se considérant comme un instrument de Dieu destiné à venger les injures faites à l'Église, continua son œuvre. Lorsqu'on 783 les chefs saxons, Wittekind et Alboin, consentirent, après leur défaite, à recevoir le baptême, on conçut quelques espérances pour la nation entière. Mais elles s'évanouirent dès 793 ; la domination oppressive des Franks, l'exigence de la dîme ecclésiastique excitèrent un soulèvement général, dont la ruine du Christianisme fut l'inévitable conséquence. Ce ne fut qu'en 803, après l'entière et définitive soumission des Saxons, que léghse put se croire enfin solidement établie dans le nord de l'Allemagne. Il fallut toute la vigueur de Charlemagne pour fonder, au milieu de cette lutte sanglante et acharnée, des églises, des abbayes, des évêchés, tels que ceux d'Osnabrück (2), de Münster, Paderborn (3), Miaden, Brème, Verden, Séligenstdt, (transféré à Halberstadt), auxquels plus lard, sous Louis le Débonnaire, on ajouta l'évêché de Hildesheim (4) et Timportant couvent de Corvey, branche de l'abbaye franke de Gorbie, oui préparèrent et déterminèrent la conversion véritable de ces peuples si longtemps rebelles.

Ces succès réels furent surtout le fruit des travaux apostoliques de plusieurs missionnaires éclairés, parmi lesquels se distingua le Frison Ludger (ö). Disciple de Grégoire d'Utrecht et d'Alcuin, il ne cessa d'évangéliser les

(1) Jac. Grimm, l'Irminsul. Vienne, 1815. Hagen, Irmins., Bresl., 1817. 0. Clavœr, 1. c. fol. 35 sq. Rettberg, t. II, 385.

(2) Erdwini Erdmanni Chromcon episcop. Osnabrug. D. Meibom, rerum germanic. scriptores, t. IL On nomme Gaiho comme premier évêque.

(3) Monuraenta Paderbonensia, etc., Amst., 1672.

(4) Cf. Dict. ecclés. de Fribourg, t. V, p. 190 sq. Rettberg, loc. cit., t. II, p. 465.

(5) Sa Vie, par Vlfrid, son second successeur, comme évêque de Munster, dans Perlz, Monuraenta, t. II. Behrends, Vie de S. Ludger, apôtre de la Saxe. i843.

48 COUP d'œil rétrospectif.

Westphaliens avec un courage héroïque et infatigable [depuis 787], fonda un évêché à Mimigardeford (Münster), où sa mémoire s'est conservée avec vénération jusqu'à nos jours [7 809]. Sa tombe, dans l'abbaye de Werden, glorifiée par de nombreux miracles, devint un lieu de fréquents pèlerinages. Tels furent aussi les travaux et les mérites du prêtre anglais Willehald, qui sur la demande de Charlemagne. fonda et consolida l'éveché de Brème [f 788].

Coup d'œil sur l'ensemble.

L'ensemble de ces travaux évangéliques nous montre que le Christianisme, se propageant sous le règne de Charlemagne jusqu'à l'Elbe", avait étendu parmi les Germains, comme parmi les Grecs et les Romains, ses branches nombreuses et touffues. Si, en Allemagne comme dans l'empire romain, la parole de Dieu avait rencontré les plus grands obstacles, au delà comme en deçà du Rhin, le Seigneur avait suscité à son Église une troupe d'ouvriers choisis et fidèles, qui annoncèrent avec une divine hardiesse la parole du (Christ et confirmèrent leurs enseignements par de fréquents miracles. Nous avons vu que les idées rehgieuses des Germains devaient les prédisposer^ au Christianisme. Les missionnaires agirent puissamment sur leurs esprits, en leur montrant la vanité de leurs idoles, en renversant impunément devant leurs yeux les statues de leurs divinités, enfin en usant à leur égard de la douceur tant recommandée par Grégoire le Grand. Loin d'effrayer les païens qui se rapprochaient de l'Église, ou les nouveaux convertis, par une sévérité imprudente, les missionnaires temporisaient et cherchaient à mêler peu à peu des idées chrétiennes aux préjugés païens, aux usages idolâtriques des Germains. Aux antiques jours de fête du paganisme, ils substituèrent les fêtes des saints. Lacroixs'éleva sur l'autel des idoles ; les temples se changèrent en églises. Ainsi les Germains furent graduellement attirés à la gi-âce du baptême : les générations nouvelles furent élevées dans les préceptes et les usages du Christianisme, et l'Église put dès lors concevoir l'espérance de voir la vertu de l'Evangile pénétrer de plus en plus dans le cœur, les mœurs et l'intelligence des peuples conquis à son empire

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