PUISSANCE TEMPORELLE DES PAPES
usa de la puissance législative qu'il avait encore pour troubler et asservir l'Église romaine. Aussi n'est-il pas probable que de libres élections firent monter sur le siège de saint Pierre les six papes suivants, qui, depuis Conon [f 687] jusqu'à Constantin [708-15], furent tous grecs ou syriens. Lorsque les papes se furent affranchis du joug de l'empire grec et de la puissance plus odieuse encore des Lombards et furent parvenus, au moment le plus critique, à conquérir et défendre leur indépendance politique, les élections, plus libres, furent malheusement bien souvent tumultueuses et vivement disputées entre le peuple, qui avait surtout égard aux capacités politiques, et le clergé, qui s'attachait aux qualités ecclésiastiques des candidats. Dans cette situation incertaine de l'EgUse romaine, dont l'importance politique et religieuse augmentait de plus en plus, un système d'élection plus conforme aux besoins nouveaux de l'Église devint le gage d'un avenir plus paisible.
§ 1G5. — Puissance temporelle des papes; leur union plus intime avec le royaume des Franks.
I. Monumenta dorainationis pontificifc s. codex Caroliiius, éd. Couni. Romœ, 17G0, 2 t. in-4 (id esl epp. Greg. III usq. Hadrian. I, ad Carol. Mart., Pipin., Carlmann, et Carol. Max.)
II. Orü, dcir Origine del dominio e délia sovranità degli Pv,ora. pont, sopra gli Stati loro temporalmente soggetti. Romœ, 1754. J. de Millier, Hist. de l'établissement de la domination temporelle du souverain pontife, particulièrement dans la dernière moitié du VIII" siècle (Œuvres complètes. Augsb. 1833. p. 25). Phillipps, Hist. d'Allem., t. II, p. 239-53. Savigny, Hist. du droit romain dans le moyen âge. Heidelb., 1834, t. I, p. 357-9G (éd. allem.). Voir aussi les deux articles intitulés : « Ravenne et Rome sous les papes et les empereurs, » et « l'Exarchat, » dans le Dict. ecclés. de Fribourg. Brandes, le Pape souverain des États de l'Église. Einsiedl., 1849 (Revue trim. de Tub., 1850, p. 325 sq.).
L'Italie fut le principal théâtre des dévastations des Barbares. Délaissés par les empereurs d'Orient, par les exarques de Ravenne, ses habitants tournèrent, au moment de leurs plus grandes angoisses, leurs yeux vers le chef de l'Église, et Ptome fut en effet sauvée par les papes. Léon