RESTAURATION
plus heureux contre les Lombards que ne l'avaient été les Ostrogoths contre lui. La domination grecque fut réduite à la possession de Ravenne, de Rome et de quelques autres villes du centre de l'Italie, dans lesquelles on envoyait des gouverneurs de Constantinople. Cette possession, toute restreinte, n'en fut pas plus paisible, étant à la fois menacée par les Lombards et inquiétée par la tyrannie religieuse et politique de Byzance.
Lorsque les ordres de l'iconoclaste Léon l'Isaurien s'appesantirent sur l'Italie, et qu'il eut cherché, mais en vain, à attenter à la vie du pape Grégoire II [715-31], on s'écria de toutes parts qu'il fallait proclamer un empereur dans Rome, l'antique siège de l'empire, et, sous sa conduite, renverser le despote isaurien de son trône.
Grégoire II, espérant ramener l'empereur à l'unité de la foi, exhorta le peuple à la fidéUté. Mais Léon persistant dans ses fureurs et son hérésie, et les Lombards profitant du moment pour agrandir leur conquête, le peuple poussé à toute extrémité s'insurgea, tua l'exarque dans Ravenne, et ne reconnut presque plus nulle part la domination grecque. Une partie de l'exarchat était déjà devenue la proie des Lombards. Désespérés d'avoir à choisir entre la tyrannie des Lombards ariens et le despotisme religieux des tyrans de Byzance, les peuples de l'ItaUe centrale se tournèrent naturellement vers le vicaire de Jésus-Christ, le défenseur de leur foi, que l'expérience leur avait aussi montré comme le plus sage conseiller et le plus ferme protecteur dans les affaires du siècle. Ainsi le pape fut obligé d'accepter une sorte de souveraineté sur Rome, Ancônc, Umana, Fano, Rimini, Pésaro, Ravenne et Padoue. Il sut détourner le roi des Lombards, Luitprand, du dessein de s'unir aux vues hostiles de l'empereur d'Orient. Le pape Grégoire III l'731-41] continua d'exhorter les peuples qui lui étaient soumis à obéir à l'empereur, supplia celui-ci de cesser la guerre des images, et anathématisa les iconoclastes dans un concile de Rome. L'empereur, en réponse, envoya contre Rome et l'Italie une flotte qui échoua ; il fut réduit alors à exercer sa vengeance en s'emparant des |j biens ecclésiastiques en Sicile.
Les Lombards, alliés au puissant chef des Franks, Charles ji