DE L EMPIRE D OCCIDENT. Ô
Marte!; étaient plus menaçants que jamais. Dans ces circonstances critiques, le pape s'adressa à Charles Martel lui-même, pour !e détourner de l'alliance avec les Lombards et pour gagner son appui en faveur de l'Église et du peuple de saint Pierre. Ce secours fut promis. Mais la promesse ne fut point réalisée, et Zacharie, successeur de Grégoire [741-o2], vit le duché de Rome presque entièrement envahi par les Lombards, L'indépendance de Rome, à l'égard de l'empire grec, où régnait alors Constantin Copronyme, héritier de la haine de son père contre l'Éghse, devenait de plus en plus évidente. Il n'y avait dans le danger aucun secours à attendre de Constantinople. Le pape Zacharie, seul, agissait avec indépendance dans les intérêts de l'Italie : malgré son isolement, par sa seule influence personnelle, il parvint à contracter une paix de vingt ans avec Luitprand et à lui faire restituer les villes de Bomarzo, Orta, Bléra et -^milia. Le traité ne concernant que le duché de Rome, le Lombard envahit bientôt l'exarchat. Les habitants de Ravenne, de la Pentapole et de TÉmilie se touinèrent, dans leurs angoisses, vers Zacharie. comme le médiateur le plus sûr et le plus dévoué, et Zacharie, en effet, obtint « par son esprit et son courage, >) la restitution de Ravenne et de Césène. Quand, bientôtaprès [750], Hachis, successeur de Luitprand, rompant le traité d'alliance, fondit sur la Pentapole, assiégea Pérouse, ce fut encore Zacharie qui apparut dans le camp ennemi, (i pour y parler de (( la justice, de la fidélité à sa parole, reprocher au roi les « péchés de sa vie et le menacer de la puissance du Dieu « qui régit le monde, et détermine, avant et après la mort, « le sort des faibles mortels, d'après leur vertu et selon « son éternelle volonté. » Pérouse fut libérée : Rachis renonça à la couronne pour lui et sa famille, et entra avec elle dans l'ordre de Saint-Benoît. De nouvelles difficultés s'élevèrent entre Astolphe, successeui- de Rachis, et le pape Etienne II. Malgré les représentations du pontife, les Lombards menacèrent l'exarchat, la Pentapole,* Rome même. En vain des prières et des présents avaient été adressés à Constantinople, pour obtenir le secours de l'empeieur ; il semblait avoir livré l'Italie en proie aux Lombards. Alors Etienne se tourva vers Pépin, dont Z;icharie avait proclamé