LE CLERÔÉ ; SA. YIE CANONIQUE} LES MOINES
mentes, jurant dans TÉglise, contribua puissamment à abolir peu à peu les preuves superstitieuses et païennes (1).
§ 168. — Le clergé ; sa vie canonique; les moines,
Thomassini Vêtus et nova Ecclesiae dise, P. I, lib. III, c. 2-9. Aur/. Theiner, Hisl. des instit. ecclés., p. 20-49. Chrochgangi régula, dans Maiisi, t. XIV, P. 313, sq., dans Harzheim, t. I, p. 96. Cf. Pauli Diac. Gesta episcopor. Meiens (Perlz, t. II, p. 267 sq.). Ginzd, Vie régulière et can. du clergé. Ratisb., 1351.
Il fallait un clergé solide, instruit et fidèle, pour réformer peu à peu les mœurs grossières des populations germaines. Grégoire le Grand essaya le premier de former un pareil clergé. Il convertit son palais en un couvent et en un séminaire, où se réunirent les lîommes, jeunes encore, oui aspiraient au bonheur de servir les autels et ceux qui, vieillis déjà au service de TÉglise, voulaient terminer leur carrière en vivant en commun et en partageant les dernières journées de leur vie terrestre entre les travaux de l'esprit, les veilles et les pratiques religieuses. De là sortirent, entre autres, Augustin et Mellitus, les apôtres de la Grande-Bretagne, qui fondèrent dans cette île des éta- ! ilissements analogues à ceux de Grégoire. Ces institutions monastiques se propagèrent rapidement, devinrent la gloire de TAngieterre (2), par la science et la piété qu'elles y firent fleurir d'abord, et qu'à leur tour elles répandirent sur le continent. Ainsi, dès le VP siècle, sur la demande de pieux évoques et par les décrets synodaux, divers séminaires avaient été fondés en Espagne. En France et en Allemagne, ils avaient été établis par des missionnaires anglais. Nul, parmi ces ouvriers évangéliques, ne fut plus
(1) Omne sacramentum in ecclesia juretur, dit un Capitul. de l'an 744, c. 14. Pour les témoins assermentés déposant en faveur de l'accusé, voyez Harzheim, Conc. Germ., t. I, p. 366.
(2) Parmi le grand nombre de monastères magnifiques de la Grande-Bretagne, le vénérable Bède (Hist. eccles. Angl., lib. III, c. 2) vante surtout celui de Bangor, qui, au commencement du VII' »iècle, comptait au delà de douze cents moinee.
76 § 16S. — LE CLERGÉ; SA VIE canonique;
actif et plus influent que saint Boniface. Le biographe de saint Solus [vers 970] estime bienheureux le collège de Saint- Boniface, d'où sortit la lumière des évêques, des prêtres et des diacres. Ces tentatives de réforme du clergé furent énergiquement encouragées et appuyées par Chrodegang de Metz (vers 760). Pour imprimer une direction plus forte aux études des ecclésiastiques, et les mieux former aux vertus que réclame leur saint état, il les-réunit, d'après l'exemple de saint Augustin et selon les ordonnances du quatrième synode de Tolède, autour de l'église épiscopale. Ces ecclésiastiques, nommés dès lors canonici, étaient sous la surveillance immédiate de l'évêque, disaient l'office canonial, s'occupaient d'études scientifiques, mangeaient et couchaient dans des salles communes. D'ordinaire l'évêque pourvoyait seul à leur entretien. Cette institution se répandit avec une remarquable rapidité en France, en Allemagne, en Italie, non-seulement autour des églises cathédrales, mais encore autour des églises paroissiales, d'où naquirent les collégiales. Mais, malgré ces heureux essais, le clergé restait en général esclave des mœurs grossières de l'époque. An lieu de ne se vouer qu'à leur sainte mission, au salut des âmes, envoyait des évêques et des membres du bas clergé se plaire à l'exercice des armes, à la guerre, à la chasse, à des farces indignes, à des spectacles inconvenants D'où de fréquentes plainte:, de nombreuses et trop souvent vaines défenses. Les ordinationes absolutœ, si contraires aux anciens canons, étaient aussi un sujet de déplorables scandales. Une grande partie du clergé était si ignorante et si grossière qu'on était réduit à ne demander, comme preuve de capacité, que la récitation de mémoire du Symbole des Apôtres, de l'Oraison dominicale, des formules usitées dans l'administration des sacrements, la traduction et l'explication de ces prières en langue vulgaire (l). Destitués de toutes les qualités nécessaires à l'état ecclésiastique, ils y étaient trop
(1) Conc. Cloveshov. ann. 747 can. lo {Harduin, t. III, p. 1455; Mavsi, t. XII, p. 398). Capital, aiin. 7S9, c. 68 [Baluz., t. I, p. iii). Cf. Responsa Stephan, II, dans Harduin, t. III, p. 19S7, can. 13 et