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DE QUELQUES NATIONS SLAVES. I

mandé des missionnaires chrétiens à Constantin Pogonat, celui-ci l'adressa à l'Église romaine, dont, en effet, les ouvriers évangéliques baptisèrent le prince croate [670] et une partie de son peuple. Le pape prit leurs provinces sous sa protection, comme étant de son domaine; il modéra leurs habitudes de rapines et leurs expéditions aventureuses. Ce n'est qu'à dater de 879 qu'il est fait positivement mention d'évêques croates.

Les Serbes, peu après leurs émigrations dans la Dacie, la Da^rdanie, la Dalmatie et les bords maritimes de l'Albanie, furent contraints par Héraclius à recevoir le baptême; lorsqu'en 827 ils se séparèrent de l'empire grec, ils rejetèrent aussi le Christianisme, et n'y revinrent qu'après avoir été soumis de nouveau par l'empereur Basile [868],

Les Carinthiens, établis depuis le VIP siècle sur les frontières vénitiennes (Garinthie, Carniole et Styrie), n'entendirent parler du Christianisme que par suite de leurs rapports avec Salzbourg et de leur dépendance de l'empire frank. Deux de leurs princes, Carost et Chétumar, reçurent une éducation chrétienne en Bavière; ce dernier, parvenu à la souveraineté [753], s'allia aux Bavarois; alors Virgile, évêque de Salzbourg, envoya l'évêque Modeste avec quelques ecclésiastiques pour convertir les Carinthiens, et l'évêque Dietrich pour prêcher les Slaves voisins [800]. Bientôt après, Charlemagne, pour terminer les différends nés entre Arno, évêque de Salzbourg, et Ursus, patriarche d'Aquilée, sur leur juridiction respective en Garinthie [810], arrêta que laDrave marquerait les limites des deux évêchés. Depuis 870, Adalwin, évêque de Salzbourg, attira la Garinthie sous sa juridiction immédiate (1).

Les conquêtes de Charlemagne portèrent les premières semences du Christianisme aux Moraves, ainsi nommes du fleuve Morava. Les évêques de Salzbourg et de Passau avaient, conformément au désir de l'empereur, envoyé des missionnaires en IMoravie. La juridiction devait appartenir

(1) Anonymi (prêtre de Salzbourg à la fin du IX' siècle) de Conversione Bojariorum et Carentanornm {Hefele, Scrip. rer. Boic, t. I, p. 280, et Freher, Script, rer. Bohemicar., et Hansizii Germania sacra, t. II, p. 103 sq.). Cf. Kteinmayern, Nouv. de Juvavia. Salzb., 1784, infol.; Retlberg, t. II, p. 557.

àrarchevêque deLaureacum [824], mais elle revint al'évêque de Passau. Cependant les Moraves haïssaient trop la domination de l'Allemagne; les missionnaires ne savaient pas assez la langue slave; le latin, employé dans le culte divin, était trop étranger à ces peuples, pour que l'œuvre fît de grands progrès. Alors arrivèrent de Grèce Cyrille (Constantin) et Méthodius [863], qui eurent beaucoup plus d'influence et de succès en se servant, dans leur prédication et dans les offices divins, de la vieille langue slave (1). Ces missionnaires, quoique Grecs, unirent aussitôt l'Eglise de Moravie à celle de Rome. Pendant que Cyrille s'était retiré dans un monastère, Méthodius était allé à Rome et y avait été sacré, par le pape Adrien II, évêque de Pannonie et de Moravie [863] ; des prêtres malintentionnés du diocèse de SalzLourg voulurent le rendre suspect, à cause de la liturgie slave dont il avait introduit l'usage. Mais il se défendit avec succès [879] et obtint de Jean VIII l'autorisation de conserver la langue slave dans la liturgie, en même temps qu'une juridiction suprême sur tous les ecclésiastiques de la Moravie (*). Des inimitiés poUtiques con-

(1) Vita Constantini par un contemporain, dans Bollanä. m.mart., t. II, p. 19; Presbyteri Diocletis [vers 1161] Regnuni Slavor., c. 8 sq. (Schwandiner, Script, rer. Hungaric, t. III, p. 474.). Cf. la Vie de Clément, arclievêq. de Bulgarie (disciple de Méthodius, "J* 916), écrite en grec par son disciple, l'archevêque Théophylacte, et tirée des manuscrits du couvent de Saint-Maume en Macédoine : 'E-iuTaaia 'Ap.6po(jiou t£pwvo[JLà-/ou toj najjL-ïpswç, avec un écrit de Nicephor. Calist. (Vienne, 1802), qui renferme beaucoup de détails sur Cyrille et Méthodius. Voy. Neander, Hist. eccles., t. IV, append., p. 689. Il y a peu de critique da.ns Stredowsky, Sacrœ Moravite hist. s. Vita SS. Cyrilli et Methodii. Solisb., 1710, in-4. Travaux crit. dans Assemanni Kalendaria, etc., t. III; Pilarz et Mormoeiz, Moraviae hist. eccles. et polit. Brunni, 1785 sq.., 3 tom.; Dobrowsky, Cyrille et Méthodius, apôtres des Slaves. Prague, 1826,; idetn. Légendes moraviennes sur Cyrille et Méthodius. Prague, 1826; Pkilarel, év. de Riga, Cyrille et Méthodius, apôt. des Slaves. Mittau et Leipzig, 1847.

(*) Joannis VIII ep. 195, ad Method., archiepisc. Pannoniens. ann. 879 : « Audivimus quod non ea quœ sancta Romana Ecclesia ab ipso apostolorum principe didicit, et quotidie prœdicat, tu docendo doceas et ipsura populam in errorem mittas. Unde his apostolatus nostri litteris t'bi juberaus ut, omni occasione postposita, ad nos de prœsenti venire procures, ut ex ore tuo audiamus et cognoscamus utrum sic teiieas et sic pnedices, sicut verbis et litteris te sanctae Ro-

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