‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 66 sur 280 · DE QUELQUES NATIONS SLAVES · texte numérisé non relu

DE QUELQUES NATIONS SLAVES

fre rAllemagne portèrent le prince Moymar à obtenir de Jean IX l'indépendance de l'Église de Moravie, avec un archevêché et deux évêchés. Les évêques de Mayence et de Salzbourg s'élevèrent contre cette prétention. Sur ces entrefaites, le royaume de Moravie [908] fut partagé entre les Bohèmes et les Hongrois, et toutes les traces des évèchés chrétiens disparurent, jusqu'au moment où le pape Agapet II rendit de nouveau la juridiction sur les Moraves à Gérard, évêque de Passau, qui institua un évêque, nommé Sylvestre. En 891, l'Eglise de Moravie fut incorporée à l'évêché de Prague, et en 1062 on fonda une Eglise épiscopale à Olmiitz.

La Bohême reçut le Christianisme de la Moravie (1). Le

manœ Ecclesiae credere promisisti, aut non : ut veraciter cognoscamus doctrinara tuam. Audivimus etiam quod missas cantes in barbara, hoc est in Slavina linijun ; unde jara litteris nostris pei' Pauliim, episcopura Anconitanum, tibi directis prohibuiinus ne in ea lingua sacra missarum solemnia celebrares; sed vel in latina, vel in grœca lingua, sicut Ecclesia Dei toto orbe terrarum difïusa et omnibus gentibus dilatata cantat. Prœdicare vero aut sermonem in populo facere tibi licet, quoniam Psalmista (ps. CXVI) omnes admonet Dominum gentes laudare, et apostolus : Omnis, inquit, lingua confileatur quia Dominus Jesus in gloria est Dei Patris. » (Phil. II, 11; Mansi, t. XVII, p. 133.) — Le pape écrivait à Svvatopluk, cf. Joan. VIII, ep. 247, ann. 880, ad Sfentopulcrum : « Litteras Slavonicas a Constantino quodam (?) philosopho repertas, quibus Deo laudes debitse résonant, jurelaudamus, et in eadem lingua Christi Domini nostri prœconia et opéra, ut enarrentur, jubemus.Neque enim tribus tantum, sed omnibus Unguis Dominum laudare auctoritate sacra monemur, qufe prœcipit dicens : Laudate Dominum, omnes gentes, etc. (Ps. CXVI. Act. II, Phil. II, 11; i Cor XIV). Nec sane fidei vel doctrine aliquid obstat, sive missas in eadem Slavonica lingua cancre, sive sacrum Evangelium, vel lectiones divinas N. et V. T. bene translatas et interpretatas legere, aut alla horarum officia omnia psallere; quoniam qui fecit très linguas principales, Hebrsara, Grsecam et Latinam, ipse creavit et alias omnes ad laudem et gloriam suam. Jubemus tamen ut in omnibus Ecclesiis terrœ, vestne, propter majorem honorificentiam, Evangelium latine legatur, et postmodum Slavonica lingua translatum in auribus populi latina verba non intelligentis annuntietur, sicut in quibusdam ecclesiis fieri solet. » {Mansi, t. XVII, p. 132.) Cf. Joan. VIII, ep. 104, dans Mansi; t. XVII, p. 132, Voy. Glagolitica, sur l'Origine de la liturgie romano-slave. Prague.

(1) Cosmas Prag, [f 1125] Chron. Bohemor. (Scripi,. rer. Bohem. Pragse, 1784, 1. 1). Vita S. Ludmillœ et S. Wenceslai, auct. Christiano de Scala, monacho Holland. Acta SS. m. sept., t. V, p. 354; t. Vil,

duc Bohême Borziwoi, attaqué par les Allemands, s'étant aillé à Swatopluk, roi de Moravie, eut ainsi occasion de connaître et d'embrasser le Christianisme. Méthodius le baptisa, lui et toute sa suite (1). Ici encore la prédilection de Méthodius pour la liturgie slave le rendit un moment suspect au pape; mais il n'en résulta que des explications satisfaisantes, et une plus étroite union de l'Église de Bohême avec Rome. Borziwoi et sa femme Ludmilla, la première sainte de la Bohême, travaillèrent très-efficacement à la consolidation de l'Église, sous la direction de Méthodius et malgré une opiniâtre opposition. Leur fils Spitignew [jusq. 91o] continua leur sainte œuvre. Drahomire, veuve de ÂVratislaw, frère de Spitignew [f 925], se ligua avec les mécontents, tua sa belle-mère Ludmilla, ruina les églises déjà fondées; mais ^Yenceslaw, son fils, élevé par la pieuse Ludmilla, se déclara en faveur du Christianisme. Après sa mort violente, causée par le païen Boleslaw le Cruel [938], et après de sanglantes persécutions, le paganisme reconquit l'empire, jusqu'à ce qu'Othon ?*■ obligea [950] Boleslaw à autoriser la restauration de l'Éghse chrétienne. Ce fut son fils, Boleslaw II, le Pieux [967-999], qui détermina le triomphe complet du Christianisme en fondant l'évêché de Prague [973] avec l'autorisation du pape Jean XIII, et sous la condition qu'on s'y servirait du rit latin (2). Les premiers évêques, Ditmar et Adalbert (Woyciech), eurent à lutter contre les plus vives passions pour

p. 825). Gelasii a sancta Catharina (Dohner) Hajeki Annales Bohem. illustrati. Pragee, 1761-77, V. P. IV; Balbini Miscellanea hist. Bohem. et Epitome rer. Bohemicar. Pragae, 1677, in-îol.; Palacky, Hist. de Bohème, 2 vol.; Ritler, Origine du christ, en Bohême (Revue de Bonn, livr. XVIII, p. 81). Cf. Hœninghaus, Gazette ecclés. calh., ann. 1840, n»M03-104.

(1) 804 selon Cosmas Prag. ; entre 870 et 880 d'après Dobrowsky.

(2) Joannis XIII ep. ad Boleslaum, ann. 967 : « Unde apostolica auctoritate et sancti Pétri, principis apostolorum, potestate... annuimns et collaudamus atque incanonizamus, quod ad Ecclesiam SS. Vili et Wenceslai martyrum liât sedes episcopalis... Verumtamen non secundum ritus aul sectas Bnlyariœ gentis, vel RussUe, aut Slavonicce linrjuœ ; sed magh sequens inslitutr et décréta apostolica, 2inum potiorem tulius Ecctesiœ ad placitum eliyas in hoc opus clericum latine littenseruditum, » {Cosmœ Chronic, lib. dans Dobneri an. Hajeki, t. IV, p. 194.)

Page 1