DE QUELQUES NAÏIONS SLAVES
ramenCT les mœurs à la pureté de l'Évangile. Adalbert fut même obligé de céder à l'opposition d'un clergé barbare, Ae quitter son diocèse, et, se rendant comme un nouvel Abraham dans une contrée lointaine etinconnue, il acheva sa glorieuse carrière par le martyre, qu'il subit parmi les Prussiens [997].
Dans le nord-est de l'Allemagne, les tributs slaves des Wendes (Serbes, entre l'Elbe et la Saal, Leutitzes et Wiltses, entre l'Elbe et l'Oder, Obotrites, dans le Meklembourg) s'étaient mises en hostilité contre l'Allemagne, et avaient cherché à défendre leur indépendance jusqu'au règne de Henri P* [926] (1). Leur soumission devint un obstacle à la propagation du Christianisme parmi eux. Néanmoins OfchonP^ en espéraitla sûreté de l'Allemagne, et, voulant prouver là, comme il l'avait fait en Danemark et en Bohême, que ce n'était pas un vain titre que celui de protecteur de toute l'Église chrétienne, ilfonda pour les Wendes lesévêchés de Meissen [963]. Mersebourg et Zeitz (transféré plustardà Marienbourg), et, pour d'autres tributs soumises, lesévêchés de Hafelberg [946], Brandebourg [949] et Oldombourg |968], qui plus tard furent tous, excepté ce dernier, soumis à l'archevêché de Magdebourg [968]. Mais ces sièges épiscopaux étant en même temps, pour la plupart, les citadelles de la domination étrangère, les peuples enveloppèrent le Christianisme dans leur haine contre les conquérants. Les Obotrites et les Leutitzes s'insurgèrent sous la conduite de leur prince Mistewoi [983], martyrisèrent les prêtres chrétiens et rejetèrent le Christianisme. Le petit-fils de Mistewoi, Gottschalk, élevé à Lunebourg, en Allemagne, ayant formé un grand État slave de la réunion de plusieurs tribus wendes [1047], se proposa pour but de son règne la conversion de ses peuples. Les évêchés de Mecklembourg et Katzbourg sont des preuves de ses heureux efforts ; il mourut dans une émeute excitée par des fanatiques [1066], et sa mort fut suivie du martyre d'un grand nombre de prêtres. Jean,évêque de Mecklembourg, fut tue sur l'autel de Radagast, à Rhétra, et la persécution
(1) MascJi, Antiquités concernant le culte des Obotrites, Berlin, 1771 ; Gebhardi, Hist. de tous les États slaves. Halle, 1790, 2 t. in-4.
s'étendit jusque vers Hambourg et Schleswig. Benno, de Hildesheim, évêque de Meissen, mérita, par ses travaux héroïques parmi les Serbes, le surnom d'apôtre des Slaves (1).
§ 182. — Conversion des Polonais (2).
I. Lengnich,T)hS: de relig. christ, in Polonia initiis; 1734, in-4. Ejiisdem Jus publicum regni Poloni, t. II, éd. ait. Gedani, 1765-63. Travaux eu polon., extraits des précéd. : Lengnicha Prawo pospolite Krolestwa Polskiego. Krakow., 1836, liv. JII, c. 5, p. 225.
II. /. .4. Zaluski Conspectus novse collectionis legum ecclesiasticarum Poloniœ (Synodicon Polonise orthodoxae). Varsow., 1774, in-4. Leleivel, întrod. du christianisme en Pologne, dans Ossolinski. Vincent Kadlubeck., Essai hist. et crit. sur la littéral, slave. Varsovie, 1822, p. 565-70. Friese, Hist. eccl. du royaume de Pologne, t. II. Breslau, 1786. Ostroivski, Dzieje i prawa Kosciola polskiego. Warszawa, 1793, 3 t. Rœppel, 1. cit. p. 95-104; mais surtout IV' suppl. « Introd, du christ, en Pologne, » p. 622-50.
On raconte que Méthodius, jeune encore, avait déjà prêché l'Evangile aux Polonais ; on prétend même que Ziemovis, bisaïeul du duc Mieczyslaw, et ses successeurs favorisèrent, ou du moins n'empêchèrent point la propagation du Christianisme. Aucun historien ancien ne fait mention de ces deux faits. Ce qui est plus certain, c'est qu'après la ruine de la monarchie moravienne, des fuyards
(1) Cf. Butler. Vie des saints, t. VIII.
(2) Les historiens de la Pologne les plus célèbres sont : Martini Gain [vers 1130] Chronicon, avec Vinc. Kadlubek, éd. Gedani, 1749, éd. Bandtkie. Varsow., 1824; Vincentii Kadlubkonis [episc. Cracov. Ters 1220] Hist. Polon., libb. IV, éd. Dobroraili, 1612 {aâni Dlugosz, t. II); Rogufali [episc. Posu., vers 1250] Chron. Polon. {Sommersbergii Script. Silesiac, t. II, éd. Jablonowski. Varsow., 1752, iu-4); Anonymi archidiac. Gnes, Chronica Polonor. {Sommersberg, 1. cit., t. II, p. 78-155); Dlugosz {Longinus, Canonic. Cracov. postea episc. Leopoliens. x 1480, important et sûr pour ce qu'il écrit de son temps depuis 1413, mais, par contre, sans critique et peu sûr pour les âges antérieurs) Hist. Polon. avec Vinc. Kadlubek, Sarnicii Ann.- Polon. lib. VIII; Ozichovii Ann. VI et Ep. viror. illustr., lib. III, etc., éd. Huyssen aux. -Grodeckins Francf., 1711, 2 t. in-fol. ; Cromeri "\'armiens. episc. [1589] Polonia, sive de origine et reb. gest. Polon. Basil., 1554; Rœppel, Hist. de la Pologne, 1 vol. Hamb., 1840 [jusqu'au XI V siècle].