Triste situation de la papauté durant le X<= siècle
§ 187. — Le pontificat romain durant sa dépendance de la domination toscane.
Lîatprandi Hist. rer. ab Europ., etc. Flodoardi Chronicon. Cf. § 178. Muratori, Annali d'Italia, t. V. Harduin, t. VI, -P. I, p. 4ö7 sq. Mansi, t. XVIII, p. 190 sq.
Après la mort d'ArnoIphe [899], Bérenger du Frioul et Louis, roi de Provence, luttèrent avec des chances diverses pour la domination de l'Italie; enfin, ïîérenger obtint de Jean X la couronne impériale [915] (1).
Durant ces luttes déplorables, Rome fut au pouvoir du parti soutenu par le margrave Adalbert de Toscane, par l'infâme courtisane Théodora et ses filles Marozia et Théodora, toutes deux dignes de leur mère. L'élévation de leur honteuse créature, Sergius III, au siège pontifical [904], futleur première victoire. Des favoris et des parents de ces femmes, aussi corrompus qu'elles, déshonorèrent dès lors, et durantquelque temps, le trône de l'Eglise.
Jean, archevêque de Ravenne, était déjà monté sur le siège de Rome [914-28], sous le nom de Jean X, par suite de ses rapports suspects avec Théodora l'aînée ; il avait réuni toutes les forces de l'Italie contre les Sarrasins et ruiné leur citadelle de Carigliano [916]. Mais, après lamort de Théodora, ayant cherché à se rendre indépendant, il fut jeté en prison [928] et mis à mort par les ordres de la puissante Marozia, mariée alors à Guido, duc de Toscane, et dont il avait excité la haine en entrant en pourparler avec Hugues de Provence. Celui-ci vint en effet en Italie, en 926, et réveilla momentanément l'espérance des Italiens et surtout des Romains, qui gémissaient sous le joug honteux des femmes, alors maîtresses de Rome. Après les courts pontificats de Léon VI [f 929], qui pensa sérieusement à relever les moeurs et la disciphne, et d'Etienne VIII [929- 31], la criminelle Marozia éleva au trône pontifical le fils
(1) Généalogie de Bérenger, Théodora, etc., dans Hœfler, Paoes allem., i Part,, suppl,, n» 5. , •