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VIE RELIGIEUSE. — CULTE. — DISCIPLINE

Rathen Veronensis de Contemptu canonum; Discordia inter ipsum et clericos; Apologia sui ipsius; Itinerarium et epp. (0pp. éd. Ballerini. Veron., 1765, in-fol. Aussi dans d'Achery, Spicilegium t. I). Alto. Vercellensis, de Pressuris ecclesiasticis, lib. III, et epp. Id'Achery, Spicileg., t. I) Pétri Damiani epp., libb. VIII.

§ 198. — Mœurs du clei^gé.

Vous êtes le sel dé la terre : si le sel s'affadit, avec quoi le salera-l-on?

Maltb. V, 13.

Les hauts dignitaires de l'Eglise furent, durant cette période, trop souvent des princes du siècle bien plus que des pasteurs des âmes et des pontifes vigilants, préposés aux trésors de l'Eglise. Trop souvent aussi ils prirent part aux luttes des factions, les armes à la main.

Le clergé inférieur se dégrada de plus en plus, à mesure que l'empire s'affaissait, que les guerres se multipliaient. Rien n'égala son indiscipline et sa dépravation. Son ignorance profonde est constatée par les questions qu'on lui adressait aux examens précédant les ordres (1). Quelle in-

1) Ratherius, souvent trop crû dans ses descriptions, dit là-dessus, dans son Itinerarium : « Sciscitatus itaque de fide illorum (clericorum Veronensium), inveni pluiimos neque ipsum sapere Symbolum, qui fuisse creditur Aposto'orum. Hac occasione synodicarn scribere omnibus presbyteris sum compulsus, etc. » Dans cette synodica il est dit : « Ipsam fidem... trifarie parare memoriae festinetis, hoc est secundum Symbolum... Apostolorum... et illam quae ad missam canitur, et illam S. Athanasii, quœ ita incipit: « Quicumque vultsalvus esse. » Quicumque vult ergo sacerdos in nostra parochia esse, aut fieri aut permanere, illa, fratres, memoriter noLis recitet, cum proximo a nobis hue vocatus fuerii. Moneo e'; jam vos de die domi-

fluence pouvait-il, dès lors, exercer sur le peuple? C'est dans la première moitié du X'= siècle que le clergé tomba le plus bas : l'impureté et la simonie étaient ses vices dominants ; la loi du célibat n'était plus qu'une lettre morte ; c'était presque une vertu pour un ecclésiastique de vivre dans un honnête mariage. Une voix terrible et éloquente se faisait entendre aux membres du clergé, pour leur défendre de donner leurs filles en mariage à des ecclésiastiques, de destiner leurs fils à être leurs successeurs. Le mal fut cependant souvent exagéré et trop généralisé. Le clergé, au moment le plus triste de l'époque, avait les qualités de son siècle : il avait même une vertu, une sainteté qui lui était propre ; car, comment expliquer sans cela la considération toujours croissante qu'il acquit? D'où seraitelle venue ? Zélateur hardi, mais parfois imprudent, Rathier, évêque de Vérone, prit, au X^ siècle, hautement la voix, en Italie, pour relever l'honneur du sacerdoce. «Pas- » sant, foule aux pieds le sel affadi : » telle fut l'épitaphe que, dans son désespoir, il composa pour lui-même en mourant. Plus sage et plus modéré, et par là même plus heureux, Dunstan, archevêque de Ganterbury [f 990], réussit mieux dans ses efforts pour conserver parmi le clergé la pratique du célibat. Il fit plier le clergé et la puissance séculière elle-même devant sa ferme volonté et son inflexible autorité. Le clergé commença à se relever, lorsqu'au XP siècle les élections des papes devinrent plus libres, et qu'à partir de Léon IX surtout [1048] des hommes de mœurs sévères, d'un zèle sincère et d'une grande sollicitude pour l'Église, montèrent sur le trône pontifical et cessèrent d'encourager par leur exemple la dépravation du clergé. Alors le cardinal évoque d'Ostie, Pierre Damien, et

nico ut cogitetis, aut, si cogitare nescitis, interrogetis, quare ita vocetur. Ut unusquisque vestrum, si fieri potest, expositionem Syniboli et Orationis dominicse juxta traditionem orthodoxorum pênes se scriptam habeat, et eam pleniter intelligat, et inde, si novit, prœdicando populum sibi commissum sedulo instruat; si non, saltem teneat vel credat. Orationes miss« et canonem bene intelligat, et, si non, saltem memoriter ac distincte proferre valeat : Epistolam et Evangelium bene legere possit, et utinam saltem ad litteram ejus sensum posset manit'estare, etc. » (D'Achery, Spicileg., t I, p. 376, 378 et 381.)

§ 199. CONGRÉG. RELIGIEUSES DE CETTE EPOQUIÎ. 19S

Hildebrand purent travailler sans interruption et parles moyens souvent les plus extraordinaires, à relever la dignité, à maintenir la sainteté du sacerdoce (1), tellement méconnue que la peinture faitepar Damien de l'immoralité * du clergé parut effrayante et dangereuse au pape Alexandre. Les succès obtenus par ces vigoureux athlètes furent confirmés et consolidés surtout par les travaux, à jamais mémorables, des congrégations religieuses qui, sous tous les rapports, eurent une place si grande dans l'œuvre de la régénération cléricale.

§ 199. — Congrégations religieuses de cette époque.

Bibliotheca Cluniac... in qua SS. PP. abbatiim vitœ, miracula, acriptarec, cura itf . Marrier et Andr. Quercetani. Paris., 1614, infol. Ordo Clun. écrit dans le XP siècle (Vet. discipl. monastica. Herrgott. Paris., 1726, p. 133). Aniiquiores consuet. Clun. monast. lib. III, par Ulric Cluniacens. écrit pour Hirsau en 1070 {d'Achery, Spicileg., t. I, p. 641-703). Les Vitœ Bernon., Odon , Odilon., Romualdi, de Pierre Damien, Joh. Gualberti (Mabillon, Acta SS. ord. S. Bened. ssec. V, t. I). Cf. Lorain, Essai historique sur l'abbaye de Cluny. Dijon, 1839. Vita S. Wilhelmini, Const. Hirsaugiens. (Herrgott, 1. cit., p. 375). Hélyot, Hist. des couvents et des ordres de chevalerie, t. V. Kenrion, Histoire des ordres religieux.

Un concile de l'année 742 introduisit la règle de saint Benoît dans tous les couvents du royaume frank ; le zèle et la vigilance de saint Boniface augmentèrent le nombre de ces couvents et y relevèrent la discipline, singulièrement déchue au milieu des orages politiques de l'époque. C'est à ce saint pontife qu'en Allemagne les magnifiques abbayes de Fulde, d'Hersfeld et autres durent leur origine (2); les couvents de Reichenau et de Prüm, fondés quelques temps après, ne furent pas moins importants, comme pépinières du clergé. Malheureusement leurs richesses, leur indépendance de l'évoque, le gouvernement d'abbés laïques les firent tomber dans le relâchement des mœurs et de la discipline. L'ardent et pieux Benoît d'Aniane [f 821], soutenu par Louis le Débonnaire, devint le réformateur de sa con-

(1) Voy. § 190.

(2) Voir § 168.

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