CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES
grégation (1), et son couvent le modèle de tous les monastères franks. Mais les réformes de ce second Benoît ne furent pas adoptées partout et elles furent peu duraJjles. Puis, d'une part, les décrets du concile de Rome de 827, défendant d'élire des abbés laïques, n'étaient pas généralement observés. D'une autre part, au milieu des guerres intestines du royaume frank, des invasions des Normands à l'ouest, des Hongrois à l'est, les couvents étaient souvent pillés, les moines dispersés, et, quand ils rentraient dans leur asile, ils y rapportaient l'esprit et la dépravation du monde, et avaient bien de la peine à concilier leur vœu de pauvreté avec leurs richesses réelles. La description que font de leur vie les conciles de Metz et de Trosly [909] est effrayante (2). Cependant, grâce à la piété active de Guillaume d'Aquitaine, on vit sortir alors de l'abbaye de Gluny, dans le diocèse de Mâcon, les semences d'une rénovation spirituelle et les germes de la future liberté de l'Église. Le pieux Bernon [910], premier abbé de Cluny, fonda la solide réputation de cette abbaye. Plus grand que son maître, saint Odon, qui lui succéda [924-41], sut conquérir ati monastère qr/il dirigea l'estime et la faveur générales. L'influence de oe saint et savant asile ne fit qu'augmenter sous lessuccesieursd'Odon, Aymar, Mayeul, Odilon [994-
(1) La règle de saint Benoît complète consistait en 72 ou 80 articles. Mabill. Ann. Bened., t. II, p. 435; Mansi, t. XIV, p. 394 sq.
(2) Capit. ■'; : « De rnonasteriorum vero non statu, sed lapsu, quid dicere vel ?geve debeamus, jam pœne ambigimus. Dum enim mole criminum exigente, et Judicium a domo Domini incipiente, quœdam a paganis succensa vel destructa, qu.edam rebus spoliata, et ad nihilumprope sint redacta, si tamen quorumdam adhuc videntur superesse vestigia, nuUa in eis regularis formse servantur instituta. Sive namque monachorum, seu canonicorum, seu sint sanctimonialium, propriis et sibi jure competeiitibus carent rectoribus, et dum contra omnem Ecclesife auctoritatem prselatis utuntur extraneis, in eis degentes partim indigentia, partim malevolentia, maximeque iuhabilium sibi prsepositorum faciente inconvenientia, moribus vivunt incompositis; et qui sanctitati rcligionique cœlesti intenti esse dcbuerant, sui velut propositi immemores, terrenis negotiis vacant; quidam etiam, necessitate cogente, rnonasteriorum septa derelinquunt, et volentes nolentesque süscularibus juucti soecularia exercent, quum e contra dical Apostolus ; Nemo militans Deo im plient se negotiis scecularibus, » (Mansi, t. XVIII, p. 270; Harduin, t. VI, P. ,1, p. 510.)