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LE CULTE DURANT TOUTE CETTE EPOQUE

noms doivent suffire pour nous préserver du préjugé qui ne voit, dans le X° siècle, qu'ignorance et grossièreté. Peu à peu, à partir du milieu du XP siècle, et du moment où le siège apostolique reprend sa dignité et son autorité, avec les hommes apostoliques qui l'occupent et le décorent, une vie nouvelle descend du sommet de la hiérarchie, se répand dans tout le corps de l'Église, et le caractère du temps se modifie, s'ennoblit, devient plus pur et plus sérieux, surtout après la féconde institution de la trêve de Diev,

§ 201. — Le culte duratU foute cette époque,

Ordo Rom anus de Bhin. Oiïiciis pertotius anni circul. (VIII« siècle); Amnlarii, chorepisc. Metens., de Divin. Officiis, lilîb. IV, ad Ludov. imperat. (819-27); Rabani Mnuri de Clericor. inslitutione et et cerenion. Ecclesiae, iibb. III, (819), et de Sacris Ordinib. Sacramentis divin, et Vestiment. sacerdot.; Wnlafried Strabo (J- 849). de Exordiis et Incrément, rer. ecclesiast. /«o Carnotens. (| 1115), de Ecoles. Sacramentis et officiis ac prœcipuis per annum festis, sernnoaes (XXI), réunis dans : Divin, cathol. Ecclesiœ Officiis varii vet. Patrum ac scriptorum libri,ed. Hittorpius (Col., 1568; Romae, 1591). Paris., 16^4. Sur les fêtes, Binterim, Mémoires, t. V, P. I.

Les Germains aimant l'éclat et le bruit, il fallait que le culte, pour les satisfaire, devînt pompeux et brillant. Cette pompe symbolique et solennelle était le seul langage intel- Ugiblepour des peuples incultes et sensuels. Pour préparer au roi du ciel et de la terre une demeure digne de lui, on imita les coupoles et les cintres de l'empire romain. La plupart des églises bâties dans ce stylé étaient en bois, trèspeu en pierre. Les plus remarquables étaient, en France, l'église de l'abbaye de Saint-Georges de Rocheville (et surtout celle de Cluny, en Allemagne, celle de Hildesheim, bâtie par l'évêque Bernward, et celle de Goslar, construite par Henri 111. Les architectes, comme les peintres et les statuaires, étaient tous encore des ecclésiastiques ou des frères lais des couvents (1). Charlemagne introduisit la liturgie romaine de Grégoire le Grand, qu'il substitua peu à peu à la vieille liturgie des Gaules, moins appropriée au

(1) Kreuser, l'Archit. chrét., t. I, p. 265-:i28.

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chant grégorien. Et pour que rien ne manquât à l'exécution du chant ecclésiastique, si grandiose dans sa simphcité, Charles fit venir de Rome (1) des chantres capables : a Car, « dit le diacre Jean, le gosier allemand était encore trop «rude et trop sauvage pour exécuter les nobles mélodies « romaines. » Dans le fait ces chantres romains trouvèrent le chant des Allemands semblable aux hurlements des bêtes. Gharlemagne fonda à Metz et à Soissons des écoles de chant, que soutenait l'orgue [organum) donné jadis à son père Pépin par l'empereur Constantin Copronyme. L'étroite union des Églises avec Rome fit admettre, peu à peu, aux offices publics, sauf pour la prédication, l'usage de la langue latine. On eut soin cependant de combaiitre l'opinion qu'on ne devait prier Dieu qu'en trois langues, en montrant que Dieu écoute et exauce toute prière sincère, dans quelque idiome qu'elle soit formulée (2). Mais on blâma sévèrement et souvent l'usage des messes privées {niissœ privatœ), célébrées par les prêtres sans aucune assistance; on demandait comment un prêtre pouvait, en vérité, dire : Siœsum corda, Dominus vobiscum, quand il était seul (3). Évêques et conciles recommandaient avec instances aux ecclésiastiques l'instruction religieuse du peuple (4), trop souvent entravée par l'ignorance même du clergé. Charlemagne chercha encore à y remédier, en faisant rédiger, par le diacre Paul, V Homiliaire (5) dont il a été question plus

(1) Monach. Egolism. additamentum ad Ann. Lauriss. an. 787 : « Mox petiit doranus rex Carolas ab Adriano papa cantores, qui Franciam corrigcrent de cantu. » {Pertz, t. I, p. 171.)

(2) Voir § 181, notes.

(3) Conc. Mngvmt. an. 843, can. 43 : « Nullus presbyter, ut nobis videtur, solus missam cantare valet recte. Quomodo enim dicct : Dominus vobiscum, veJ sursum corda admonebit habere, cl alia raulta his similia, quum aliiis nemo cum eo sit? » {Harzheim. t. I, p. 412.)

(4) Ibidem, can. 45 : « Symbolum, quod est signaculum fidei, et Orationem Dominicam discere semper admoneant sacerdotes populum christianum. Volumusque ut disciplinam condignam habeant, «fiii haec discere negligunt, sive in jejunio, sive in alia castigatione.

cmendentur. Propterea dignum est ut filios suos donent ad schoiam, sive ad monasteria, sive foras presbyteris, utfidem catholicam recte discant, et Orationem Dominicam, ut domi alios edocere valeant. Et qui aliter non potucrit, vel in sua lingua hoc discat. » '5) Voir § 168.

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