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DURANT TOUTE CETTE EPOQUE

haut, et cet exemple fut suivi, durant le X*^ siècle, et à mesure que l'ignorance cléricale augmenta, par les évêques Frotaire de Poitiers et Fulrad de Paris, qui donnèrent au moine Abbon de Saint-Germain la mission de composer un nouvel Homiliaire, adapté aux besoins du temps. *

Aux fêtes ecclésiastiques, en usage, depuis longtemps, dans l'empire gréco -romain (1), s'en ajoutèrent de nouvelles, qui furent généralement adoptées (2). Telles, la fête de l'Annonciation (25 marsj et celle de la Purification (2 février), qui remplaça, en Occident, la fête de la Présentation du Christ au temple, célébrée en Orient. On y joignit bientôt, pour glorifier de plus en plus la Mère du Seigneur, et d'après une pieuse tradition des premiers siècles, la fête de l'Assomption (15 août) (3) et celle de sa Nativité (le 8 septembre). La fête de saint Michel {dedicatio sancti Michaelis, 29 sept.) dut son origine à une célèbre apparition de l'archange dans une église de Rome, et rappela aux fidèles, d'une manière vivante, le monde des esprits, et la communion permanente de l'Église militante sur la terre avec l'Église triomphante dans le ciel : elle répondait en même temps au caractère belliqueux des Germains, qu'elle mettait

(1) Voir t. I, §§ 93 et 134.

(2) Le dénombrement des fêtes en usage Conc. Agathen, an. 506, can. 21 {Hardum, t. II, p. 1000) ; Capitular. lib. I, c. 158. Conc. Mogunt. an. 813, can. 36 : « Festes dies in anno celebrare sancimus. Hoc est, diem dominicum Paschce, cum omni honore sobrietate vene^ rari, simili modo totam hebdomadem illam observari decrevimus. Diem Ascensionis Domini pleniter celebrare. Item Pentecostem similiter, ut in Pascha. In natali apostolorum Petri et Pauli diem unum, Nativitatem S. Joannis Baptistœ, Assumptionem S. Mariœ, dedicationem S. Michaelis, natalem S. Remigii, S. Martini. S. Andreœ. In Natali Domini dies quatuor, octavas Domiai, Epiphaniam Domini, Purificationem S. Marice Et illas festivitates martyrum vel confessorum observare decrevimus, quorum in unaquaque parochia sancta Corpora requiescunt. Similiter etiam Dedicationem templi. »

(3} Cf. le récit iïEpiphan. Hœres. 78, n» il ; plus positif dans Gergor. Turon. de Gloria Mart. lib. I, c. 4. Andreas Cretens. [vers 630], Homil. in dormilionem Mari;e {Galland. Biblioth. t. XIII, p. 147), et mieux encore dans .Joann. Damascen. Aoyoï... v.<; xriv /.o^p-rjatv... 0£O7o-/o'j, et dans iVicep/ioc. CaUisli Hist. ecclésiast. II." 21 sq.; XV, 14, et ibid. XVII, 28. L'empereur Maurice ordonna U fête Koiurjai? Tr,; ÔcotoV.oj au 15 août. Cf. Butler, Yies des Pères, des Martyrs," etc., t. VII. Binkrim, Mém., P. V, p. 425-39,

SOUS la protection des légions célestes (1). En France, on honorait particulièrement saint Rémi de Reims, saint Martin de Tours; les écrits de Denys l'aréopagite, qui parvinrent à Pépin, réveillèrent le souvenir d'un héros, mort martyr dans la persécution de Dèce, et l'on confondit bientôt généralement Denys, martyr et évêque de Paris, avec le contemporain des apôtres (2). En Espagne, on avait conservé la mémoire de Jacques le Majeur, apôtre du pays; on pensait avoir retrouvé à Corapostelle [791-842] son corps, qu'on honora d'un culte fervent, en même temps que Jacques fut choisi par les Espagnols comme leur patron dans les batailles. Les capitulaires royaux prescrivirent cependant des précautions à prendre, et des bornes à mettre, dans l'admission des saints, pour qu'ils ne fussent pas trop nombreux et fussent vraiment saints (3). A dater de la fin du X" siècle on attribua au pape le soin de constituer les nouvelles fêtes de saints, et dans la suite Alexandre III [1170], réserva en efl'et ce droit comme appartenant exclusivement au siège apostolique. Le premier exemple d'une canonisation ordonnée et accomplie par un pape, fut celui de saint Ulrich, évêque d'Augsbourg, mort en 973 et canonisé par Jean XV en 993 (4). D'un autre côté, les capitulaiies firent de la célébration des fêtes de l'ÉgUse une obligation rigoureuse, et prohibèrent, pour ces jours de solennité, toute session judiciaire (5).

(1) Hœberlin, Selecta de Mich, archangelo. Helmst., 1758, in-4.

(2) Voir la note concernant S. Denys FAréopagite au tome 1", pages 188-189.

{'■i) Capitul. an. 794, c. 40 : « Ut nulli novi sancti colantur aut invocentur, ne memoriee eorum per vias eiigantur; sed ii soli in Ecclesia venerandi sint, qui ex auctoritate passionum aut vitae merito electi sint. » (Baluz. t. I, p. 194.) — Capitul. an. 805, c. 17 : « De ecclesiis seu sanctis noviter sine auctoritate inventis, nisi episcopo probante, minime venerentur. Salva etiam et de hoc et de omnibus Ecclesite canonica auctoritate. » [Baluz. t. I, p. 299.)

(4) Concil. Rom. an. 993. d. Mansi, t. XIV, p. 169. Harduin, t. VI, P. I. p. 727 (pro canonizatione S. Udalrici Augustani). Cf. Mabill. Praef. ad acta SS. ord. Bened. sœc. Y, num. 99 sq. Benedictus XIV, De beatificat. et canoniz. lib. I, c. 7-8. Conf. Canonisation dans le Dict. eccl. de Fribourg.

(5) Capitul. III, an. 789, c. )8 : « Ut in dominicis diebus conventus et placita publica non faciant, nisi forte pro magna necessitate, aut hoslililate cogente, sed omnes ad ecclesiara recurrant ad audien-

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