LES SPARTIATES
L'éducation avait chez les Doriens un caractère tout particulier. Lycurgue (néen926av.J.-C.), le législateur de Sparte, voyait dans l'habitude le moyen de moraliser le citoyen et le plus ferme appui de l'Etat. En conséquence de ce principe, il soimiit l'éducation à des lois, et la rendit imiforme, commune et pubhque. Son but étant de rendre un petit peuple fort et invincible , il mit tous ses soins à faire converger tous les vœux, tous les intérêts, toutes les ambitions et toutes les forces vers un centre nnique, l'Etat. Les droits de l'individu furent dominés e^ absorbés par l'élément social. Tout Spartiate appartenait à l'Etat, et l'Etat l'élevait d'une manière conforme à son but. Or, comme ce but était de former des guerriers vaillants et dévoués, la principale tâche de l'éducation devait être de développer la force physique, l'adresse, la persé- Térance, la bravoiu^ et le patriotisme. Les moyens d'éducation étaient tous en harmonie avec ce but. Pè» qu'un
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enfant était né, on examinait s'il pouvait devenir nn vail* lant guerrier. S'il était faible ou difforme, on allait le précipiter dans les abîmes du Taygète. Pour obtenir de beaux enfants, on proclama des lois réglant les conditions du mariage. Celui qui se mariait trop tard ou qui ne se mariait pas était puni .
Jusqu'à Tâge de sept ans, l'enfant était élevé à la maison, principalement par sa mère. Cependant le père le prenait aussi avec lui dans les repas publics destinés aux hommes, et il recevait une demi-portion de soupe, assis sur un marche-pied, à côté de son père. On avait pour principe de laisser à l'enfant la plus grande liberté possible et de le préserver de la peur et de la mollesse. C'est pour cela qu'on n'enveloppait pas de langes le petit nourrisson et qu'on le laissait seul dans l'obscurité. On empêchait les cris autant que possible, attendu qu'il était honteux, chez les Spartiates surtout, d'exprimer la douleur par des cris.
A sept ans commençait l'éducation publique, obligatoire pour tous. Un citoyen respectable était chargé de surveiller la conduite morale des enfants et de diriger les exercices corporels. Il avait sous sa direction des porte-^ fouetSy jeunes citoyens chargés d'administrer des coups sur l'ordre du pédonome. Les enfants étaient légèrement habillés, et allaient nu-pieds. Tous les jours ils devaient se baigner dans l'Eurotas. La couche sur laquelle ils dormaient par groupe, les uns à côté des autres, était faite de roseaux tirés des bords de l'Eurotas. La nourriture était peu abondante et mal assaisonnée. Les fatigues de la masse, et la cryptie (maraude pour se procurer par adresse la nourriture la plus indispensable), qui n'était punie que dans le cas où le déhnquant était pris sur le fait, leur apprenaient à supporter la chaleur et le froid, et les rendaient hardis et adroits. En outre, il y avait chaque année une flagellation publique des garçons pour éprouver leur force d'âme et éveiller en eux le sentiment de l'honneur. Celui qui supportait les coups sans laisser apercevoir aucune expression de douleur recevait une couronne pour
récompense. Après TÀge de douze ans, la discipline était isscoTQ plus forte et les exercices plus variés. A dix-huit ans, le garçon prenait rang parmi les jeunes gens ; à trente anS) il devenait homme. Le respect (pi'on avait à Sparte pour les vieillards se rattachait intimement à ce système d'éducation. Le vieillard avait parcouru tous les d^^és de rôdocation Spartiate, et s'il n'était tombé dans aucune faute contre Thonneur, il était un objet digne de vénération pour le jeune homme, qui voyait en lui un modèle à imiter ; il devait lui obéir comme à un père.
L'instruction publique comprenait la gymnastique, qui s'apprenait dans des places nommées gymnases, puis le chant, la musique et la danse. La science, comme je Tai fit ]^us hant, n'était pas en honneur à Sparte. Lycurgue ne voulait former ni des savants, ni des orateurs. L' éloquence était même m^risée à Sparte, où elle payait pour Fart de mentir. L'esprit du Spartiate ne restait cependant pas ÛQLCulte, et il devait l'exercer en s'exprimant par des ^irases courtes, rapides, frappantes, « laconiques. » Cette mani^ce de parler aiguisait la pensée, et la rendait claire, n^de et pénétrante.
L'éducation à Sparte s'étendait aussi aux flUes, attendu que la beauté et la santé des générations futures en dépendaient en partie. Dans ce but, elles avaient leurs propes gymnases, où elles s'exerçaient à la course, à la btte, etc.