‹ Histoire universelle de la pédagogieChapitre 35 sur 71 · JEAN DB WESSEL · texte numérisé non relu

JEAN DB WESSEL

Jean de Wessel naquit à Groningue en 1420, et comaença ses études dans l'école des Jéromites, près de Zwoll (Bollande). On ignore si Thomas A'Kempis exerça quel- 9» influence sur lui. Il étudia ensuite à Cologne et partit 1WS 1452 pour Paris, où il fit la connaissance de François de Bov^^, qui devint plus tard pape sous le nom de Sixte W. En 1470, il alla en Italie, suivit à Florence l'école fblonicienne, et obtint à Rome, du pape Sixte IV, comme gAte particulière, une Bible grecque et hébraïque. De seloar à Paris, en 1473, il y fit la connaissance de Reuddin, et de son compatriote Agricola, sur lesquels il doit aviw exercé une assez grande influence. Enfin Wessel se retira dans sa patrie etfinit ses jours dans le couvent où fl avait commencé ses études, et qu'a illustré Thomas A'Kempis. Il mourut le 4 octobre 1489. Ses compatriotes Fwit appelé lux mundi (lumière du monde) et aussi MagiS"

I. Les jansénistes, qui jouèrent plus tard en France un rôle religieux d pédagogique, à beaucoup d'égards semblable à celui des frères de la tie chrétienne, pourraient bien être un rejeton de la même souche; car iansénius menait des Pays-Bas, où aujourd'hui encore il existe uno I^ise janséniste.

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Ur etmtrmmfsicamm (malfaee otnilsoveisislie]* Wessel exerça &ur las écoles de sa patne, ainsi qu'en Allemagne, une grande inlluœee sGient^q[ae et théologique. Une I^43re de (jaswin, admiralieur de Wessel, nous Mt eonaaître assez exactement Tétat des écoles d'alors;et les progrès des études classiques, dont Wes^ fat un des j^emi^is promoteurs, ft On peut, dit-il, lire une fois Ovide et les auteurs de cette trempe. On dodt lire avec plus d'attenti<m Virgile, Horace et Térenee. Mais avant tout, je désire que tu lises la Bible. Gomme il n'est pas permis d'ignorer l'histoire, je te conseille Joseph, l'histoire de l'Eglise et ÏHistoria tripartita (partie de l'histoire de FEglise). Les histœ:iens profanes les plus utiles sont Plutarque, Salluste,- Thucydide, Hérodote et Justin. Après ces auteurs, il est bon de parcourir Aristote et Platon. H faut s'arrêter un peu plus longtemps avec Cîcéron, afin d'acquérir une diction pure et. correcte. A côté de la Bible, il faut étudier avec soin saint Augustin. Après on lira Jérôme, Ambroise, Ghrysostcnne, Grégoire, Bernard, Hugo de Saintr- Victor. » «Sous le rapport théologique, Wessel, ditErasme^ a beaucoup de ressemblance avec Luther. » Ce dernier faisait un grand cas de ses ouvrages. « Si j'avais connu les écrits de Wessel, dit-il, mes adversaires pourraient me dire que je n'ai fait qu.e de le suivre, tant nos esprits sont en harmonie, réprouve une grande joie, et je ne doute plus de la justesse de mes enseignements, quand je vois comment nous sommes constamment d'accord et diâ<ms les mêmes choses presque avec les mêmes expressions, b

Agricola naquit à Baflo près de Groningue en 1443. On ignore où il fit ses premières études. Il passa quelques années à l'université de Louvain, d'abord comme étudiant, puis comme professeur, n alla ensuite à Paris, où ilékidia sous Jean de Wessel. En 1476, il se rendit en Italie, à Ferrare, où il se Ma avec Guarino. Enfin, il retourna

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daas sa patrie, et alla (1482), sur Finvitation de Dalberg, èvtgue de WormB, se fixer à Heidelberg. Erasme dit d'Agriofila qu'il surpassa en culture et en science tout ce qui se tmTait en deçà des Alpes ; qu'il parlait le latin et le grec omme sa langue maternelle ; que, dans Timprovisation, oa croyait entendre un Romain au lieu d'un Frison ; qu'il aisit sondé tous les mystères de la philosophie, et compcmait à fond la musique. A la fin de sa vie il se mit eocore à étudier Fhébreu.

Agricola fut le grand pionnier des études philologiques (torques en Allemagne. Sous le rapport théologique et. id%ieux, il était en tous points d'accord avec son ancien flMttre et ami Wessel. On ne lira pas sans intérêt quelfMs passages de deux lettres qu'il écrivit à son ami Bar- \àâ$nns.

bmié par cei dernier à venir diriger une école à Anvers et à y tenir des cours publics, il lui répondit, entre

« On voudrait me confier une école ; c'est une affaire tuf difficile et trop ennuyeuse. Une école ressemble à VI» prison : ce sont des coups, des pleurs et des gémissemmis sans fin. Si une chose a pour moi im nom contra- 4teiie, c'est l'école. Les Grecs l'ont appelée schola, loisir, linCation, et les Latins ludus litterarius^ jeu littéraire; WtM il n'y a rien qui soit plus éloigné de la récréation et di|Ri. Aristophane l'a nommée phrontiseriofi^ c'est-à-dire Imde souci, de tourment, et c'est là la dénomination qui loi oonvient le mieux. »

0& serait tenté de prendre ce passage pour une bou* tade, si Ton ne savait pas par l'histoire que les écoles f alors étaient généralement placées sous une discipline tattla sévérité révolterait aujourd'hui les âmes les moins wnbles. Plus loin notre auteur ajoute :

« Je devrais ctriger une école, dis-tu î Et où me reste- Ottâ du temps pour étudier, du repos pour méditer et iodxe, et pour faire un cours public? Les garçons me lAodraient la meilleure partie de mon temps, et me met*

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traient dans une telle agitotion, qu'il me foaikail ployer mes heures de loisir pour respker et i^rendie du calme.

» Tu penses que je pourrais Biener one fie plus tran-^ quille. Mais d je me relâchais, leqiiel de mes coll^;ues n'en feirait pas autaiiit et ne mettrait pas sa paiesee siur mon propre compte.

» n te faait engager ks Anv^rsois à apporter le plus grand soin dans le choix du directeur de votre école. D ne vous faut ni un théologien, ni im soi-disant rhétseur, qui s'imagiae pouvoir parler de tontes choses sans rien comprendre à Téloquaice. De teUe& gens font dans une èœle, suivant te proiveri^e gisec, la^ même figure qa*iui cbii^ dans un bain, n voua faut checdier un homme qui ressemble au phénix d'Achille, c'est-à-dire qui sache instruire, parler et agir à la Ma. Si vous rencontrez un tel homme, il faut le faire venir à tout prix; car il s'agit de l'avenir de vos enfants, dont la tendre jeunesse reçoit avec la même facilité l'empreinte dnbi^i et du mal qu'on hil présente. »

Dans une antre lettre à Barinrianus, Agricola donne d'intéressantes directions sur la manièare d'ttudier :

c Je te conseille d'étudier la philosophie, c'est-ànlixe la sdjsnce qui approsid à priser juste et à e^^rimer exactement sa pensée.

» La philosophie se divise en pliilosq[»hie morale et en p33ilo80{ihie de la nature. La première ne doit pas seulement être tirée d'Aristote, de Gicér on, de Sénèqne, maôs aussi des faits renfermés dans l'histoire. De là on s'élève à la Bible, dont les prâceptes divins doivent servir de i^le à notre vie^ Tout autce enseign^nent n'a pas reconnu dair^ment le but de k. vie et, par conséquent, n'est pas exempt d'erreur.

i La philosophie de la natoe n'est pas ausn nécessaire que la morale ; eUe n'est gnère qu'un moyen de culture.

• E faut étudior l'une et l'autre de œs branches de la

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dans Ij^aoteuis dassôqnea^ afin d*appreQ4fe en même temps Tari de bien padEr.

» Je te coiisdne ôq traduire 1^ dassicpes dans la langoe mfttemdle anxssi exactement que possiMe. De cette momère on apprend à trouver facilemeni les expressions blines nécessaires* pour rendre ce qu'on a pensé dans sa laogve niatemelle.

> n te faut d'alMurd Men méditer dans ta langue ce qm tu vimdras écrire en latin, et avant ùq chercher lesr ornements du style, il faut apprendre à écrire correcte-

> G^m qui voirt étiKli^ avec succès doit s'exercer à Ms^lrorâ choses : h bien concevoir, àgrairar dans sa mé^ WÊÈÊB oe qu'U a compris, et k produire quelque chose do son propre fonds.

» n faut lire avec smja et ch^^ohffli à comprendre l'ensamble et les détails de ses lectures. Cependant il ne faut pÊ tcêf se fatiguer pour édairdr les passages obscurs. (k «ŒL trouve souvent ïespSic^tàsm phis kia. Un joue doue la lizmiàze à Tautre jooir.

m BestzfeéGes8airedes'exeroeràJa.oompositi0n;quand ne prodnisoits rîai, tout ce que nous avons appris> Êomma mort en nou&. Les eonnaisBaaces que Q0lftaegu^ons doivent être comme la semence jetée en tem el qui g^:me et porte 4n fruU..

» Mais pour produire, il faut deux choses : pouvoir dis* pOMT à ivolonté des aetioani confiées à noize mémoire, eonMatere caq[»able^iie^fsdipe sovtûr qndque chose dieneufeau de ce que nous savons.

3 Pour inventer, il est très-important que nous ayons des idées générales, sons lesqudles vient se classer par ordre toute la provision de nos connaissances. Ensuite il ert 6!mi grand secours de savoir analyses^ et coni^dérer smitootes ses fistces un eujetf quelconque, ainsi que je l'ai eÊmgné'mi détail dtms Ids mx livres de mon Beihventiom iSiketwa. Celui qui saâ; bien ces deux c^osea (classer etf aâaïyim) arrive à la iaeSité éPélocuti^ des sopâûte»

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grecs, et peut, eu improvisant, parler aussi longtemps qu'il veut sur un sujet donné. »

En terminant, Agricola ajoute : a Que vas-tu penser de ma folie ? J'ai résolu d'apprendre l'hébreu ; comme si je n'avais déjà pas as^z de ma bribe de grec. J'ai pour maître un juif converti, que ses coreligionnaires employaient autrefois pour disputer contre les chrétiens. L'évêque Dalberg l'a pris chez lui par amour pour moi, et il pourvoit à son entretien. Je veux faire ce que je pourrai. J'espère parvenir à quelque chose. » Agricola traduisit un peu plus tard le livre des psaumes • En 1485, l'évêque Dalberg fit un vojrage à Rome. Agricola l'y accompagna ; mais, à son retour h Heidelberg, il tomba malade, et mourut le 28 octobre, à l'âge de quarante-deux ans.

ALEXANDRE HÉGmS

Alexandre Hégius, né à Heek, en Wesphalie (1420 ou 1433), professa à Wessel, à Emmerich et enfin à Deventer, où il fut recteur durant trente ans. Il y mourut en 1498^ dans un âge avancé. Hégius vit souvent à Deventer ses amis Wessel et Agricola. Il était un grand admirateur des études classiques, et aimait surtout le grec. « Celui, disaitil, qui veut comprendre la grammaire, la rhétorique, les mathématiques, l'histoire et la Sainte Ecriture, doit apprendre le grec. »

De l'école de Hégius sortirent plusieurs hommes célèbres, entre autres Hermann de Busch et Erasme» dont nous parlerons plus loin.

BODOLPHB DE LANGB

Rodolphe de Lange naquit à Munster, en Westphalie, en 1439. Il étudia à Deventer, professa la philosophie à Erfurth, fit en 1480 un voyage en Italie, et prononça devant le pape Sixte IV un discours latin qui fut très-remarque. De retour dans sa patrie, il alla se fixer à Mûns«*

iBt, etae (xniisacmtoiitentijQr à renseignement. Il fut un aetif promoteur des études classiques* Lange était aussi

HERMANIT HE .BIJSCH

Hennann de Busch naquit en Wesiphalie, d'ime famille naUe, en 1480. Lange TenToya étudier à Deventer, à Téode de H^iua. AgncolB. le vit et lui dit : « Tu as ime tfte poétique, tu deviendras poète. »

Suflch fit des cours sur les auteurs classiques dans plu- SHU» -villes d'Allemagne.. B mourut en l&SS^. après avoir aid^raseé la ré&amation.

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