C. LES THÉOLOGIENS
Les théologiens cherchent les fondements de la pédagogie non-seulement dans l'observation de la nature de l'enfant, mais encore dans leurs principes théologiques. Pour eux, la vérité est dans le christianisme, qui possède la clef des mystères de la nature et de la destinée humaine et le seul moyen capable de conduire l'homme à ses fins. Les théologiens se divisent en catholiques et en prêtes^ tants. Parmi les premiers, nous trouvons Dursch, et parmi. les seconds, le docteur Palmer, luthérien.
DimsGH (né en 1800), dans sa Pédagogie ou Science di l^éditcation sur le terrain de la foi catholique (Psedagogik Oder Wissenschaft der Erziehung auf dem Boden des katholischen &laubens), s'appUque à démontrer que, comme hors de l'Ëglise catholique il n'y a point de salut, de même hors de cette EgUse il n'y a point d'éducation pos-
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aible. Ce n'est qiie dans la révélation, dit-il, qu*on trouve une connaissance vraie ei compte de rhomme ; elle seule nous fait connaître notre destinée, et d'elle seule, par conséquent, on peut faire découler une véritable science de l'éducation. La pédagc^ie chrétienne fait connaître l'état de Tboimnie après la chute, son besoin de salut, el lés moyens de le ramener à sa destination par Jésus*- Christ. L'humanité^ la liberté au profit du loea et du bon, rimage de Dieu, que la pédagogie moderne pm<>3flmf comme différents buts de TéducatkHi, n'ont de véritable sens que sur le terrain du christianisme. La vraie immanité, la vertu et l'image de Dieu, n'ont été réalisées qu'en Jésus-Christ, et la seul étaMissement d'éducation est l'Eglise, fondée sur Jésus-Christ. La vraie culture est ob* tenue quand le cœur de l'homme est pénétré et vivifié par le Saint-Esprit. Je n'ai rien à objecter à la pédagogie de Darsch, si ce n'est que je ne saurais, conmie lui, dcmner à une seule Eglise, le monopole d'une bonne éducatîcui.
Le docteur Palmer (né en 181 1), professeur de thêQl<^;ie à Tûbingen, dans sa Pédagogie évangélique (Evangelisdie Faedagogik), envisage l'éducation sous le même point de vue que Dursch, avec cette différence qu'il est luthérien. L'école est pour lui du domaine de l'Eglise, encore qu'elle doive tenir compte des droits de la famille et de l'Etat; et la pédagogie est à ses yeux une branche de la théologie; Celui qui a dit à Pierre : « Pais mes brebis! » lui a aussi dit : c Pais mes agneaux! » Comme Dursch, Palmer voîl dans la grâce baptismale le commencement et le moyen de la vraie éducation chrétienne. Ce n*est pas que Palmer pense qu'en dehors de l'église luthérienne» il n'y ait pas d'éducation chrétieime possible, mais comme le christîar nisme se produit partout au sein d'un organisme eodésiastique, il faut que l'école soit ou subordonnée M coordonnée, en tout cas pénétrée du môme esprit fo» cet organisme.
Palmer divise sa pédagogie en trois parties : lap^lo^^ proprement dite^ ï éducateur et les inaitutiom de chariêé.
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La pédagogie proprement dite a une partie idéale et une partie pratique.
Dans sa partie idéale, la pédagogie détermine en pre« mier lieu, le but de Téducation, ce que Paliner appelle le principe téUologique, Ce but est celui que saint Paul indiquait à Timothée (2. Tim. 3. 17.) : Rendre f homme de JHeu acccmpli et formé pour tovXe bonite œuvre^ les mots homme de Dieu désignant la réconciliation de Thomme arec Dieu, l'homme sanctifié par Dieu et ainsi la vraie humanité et Timage de Dieu rétaUie dans l'homme, ainsi la vraie divinité communiquée à Thonmie. Dans ces conditions, dans ce relèvement de l'homme par l'Homme- Dieu, l'homme est rendu capable de fournir une existence utile et il parviendra à la vie étemelle.
La pédagogie, dans sa partie idéale, détermine en second lieu la nature de l'enfant qu'elle est chargée d'élever, soit le principe anthropologique, Palmer commence par rappeler et établir la doctrine de l'Eglise sur le péché originel. L'homme est une créature déchue qu'il s'agit de relever. Par péché originel, il ne faut pas cependant entendre ime corruption totale de la nature humaine, maia plutôt une force mauvaise qui nous fait faire un mauvais usage de nos facultés, qui nous fait pécher. L'homme, dans son essence, est toujours à l'image de Dieu, mais les traits de cette image sont obscurcis et ses facultés ont été détournées de leur voie normale. Pour relever l'homme, rSglise chrétienne lui of&e la grâce divine, qui est le seul remède ef&cace contre le péché, et elle la lui ofEre dès «m entrée dans la vie, dans le sacrement du baptême.
Enfin, la pédagogie idéale renferme un troisième prin« dpe, le principe méthodique^ qui sert de lien entre les deux autres et que Palmer formule par le mot de sagesse. Cette sagesse, chargée de conduire l'enfant à Dieu, est avant tout un don, une grâce, que rien ne peut remplacer ; elle est ensuite une connaissance des voies de Dieu et l'expérience des choses de la vie.
La partie pratique de l'éducation est pour Palmer :
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!• une discipline d'amour^ chargée de régler la trie animale de Tenfant, ainsi que ses rapports avec ses parents et les autres membres de la famille, avec ses camarades, avec la commune et TËglise, avec la société et TËtat, avec Tart et la nature, enfin avec lui-même (légèreté, honneur, pudeur, liberté, vocation particuUère). Les moyem de cette discipline sont la parole, Texemple, les récompenses et les punitions. — 2® Une discipline de véritéy chargée de lui montrer le bon chemin d'après des principes vrais et en harmonie avec ses besoins.
Dans la partie consacrée à Y éducateur^ Palmer examine 4e caractère de la vocation d'instituteur, les qualités et la culture de ce dernier, l'organisation de l'école et les branches d'enseignement. Palmer est en principe hostile à rinstitution des institutrices. Ce n'est que depuis pea d'années que l'on a commencé à les employer dans les écoles publiques. On pensait qu'elles ne pouvaient ensei* guer avec méthode, et que l'obligation de commander faisait violence à la nature féminine. Ce qu'il y a de certain, c'est que la femme est moins libre en Allemagne qu'en Suisse, en France et en Angleterre^ et surtout beaucoup moins qu'aux États-Unis, et que le nombre des institutrices, dans ces divers pays, est en proportion du degré d'émancipation de la femme. En Amérique, où 'émancipation de la femme est la plus complète, on &rouve beaucoup plus d'institutrices que d'instituteurs.
Les institutions de charité dont parle Palmer sont celles que nous avons passées en revue dans le chapitre sur les écoles allemandes.
Parmi les pédagogues allemands qui professent à peu près les mêmes principes que Palmer, je citerai Hamisch^ Zeller, de Beuggen; SUm, directeur de l'école normale de Carlsruhe; Blochmann, Bormann, Thilo, directeur d'école normale en Prusse; Yœlter, directeur d'école normale Wurtemberg, etc.
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t. De «mlqnes antres auteurs «nf ont éerlt snr la pédai^irle^ et Ini ont fklt feire des profripès en Alle« i^ne.
Outre les pédagogues que nous venons de passer en revue, TAllemagne compte un grand nombre d'auteurs célèl»es, qui, sans être mis au rang des éducateurs proprement dits, méritent cependant d'être mentionnés. Nous les diviserons en quatre classes : les philosophes^ les poHeSy les historimsj les hommes d'Etat et les fnédecins.