ÉDUCATION CHEZ LES ANCIENS PERSES
per un enfant, à moins qu’il ne fût insensible à d'autres punitions. L’enfant devait obéissance absolue aux parents. Celui qui refusait trois fois d’obéir était digne de mort. L’élève était tenu d’honorer son maître plus encore que ses parents, attendu que celui-ci avait pour charge de cultiver l’âme, la plus noble partie de l’homme. D’après la prière suivante, tirée d’un livre persan, cette supériorité du maître sur le père n’aurait cependant pas été généralement reconnue : « 0 Mithra ! est-il dit, unis par 30 liens les bons, par 00 l’homme et la femme, par 70 l’écolier et le maître par 100 les frères, par 1 ,000 le père et le fils, et par 10,000 le pays et son prince ! »
Jusqu’ici le principe religieux ou théocratique semble l’emporter dans l’éducation des Perses, et cela peut avoir été le cas parmi les prêtres et surtout chez les Mèdes ; mais la religion de Zoroastre, en faisant de l’Etat le représentant d’Ormuzd, avait jeté un nouveau facteur dans la vie sociale. L’Etat n’est plus ici sous la dépendance totale des prêtres, c’est une puissance à part, qui doit combattre pour Ormuzd, et qui, par conséquent, veut exercer une influence sur la nation ; de là une éducation nationale, c’est-à-dire - une éducation de par l’Etat et non plus uniquement de par la religion. Sous ce rapport, la Perse forme la transition entre l’Asie et l’Europe ancienne, où le principe national absorbe le principe théocratique.
Voici comment Xénophon a décrit l’éducation nationale des Perses dans sa Cyropédie : « Les lois de la Perse, ditil, pourvoient à l’éducation morale des citoyens. Une place éloignée du bruit et entourée de bâtiments publics, est le lieu de rassemblement et l’école des Perses. Cette place est divisée en quatre parties, destinées aux garçons (6-16 ans), aux jeunes gens (16-26 ans), aux hommes (26-50) et aux anciens. Tous les matins les garçons et les hommes s’y réunissent avant le point du jour. Les jeunes gens, sauf ceux qui sont mariés, dorment tout armés devant les bâtiments publics, soit pour les garder, soit pour se préserver de la débauche. Les anciens sont libres de venir an
lieu de rassemblement ou de rester à la maison. Chaque section est dirigée par dix chefs; ceux des garçons sont choisis parmi les anciens qui ont les meilleurs fils. Les exercices pour les garçons consistent à tirer de l'arc, à lancer le javelot, à monter à cheval. Les maîtres de la section consacrent une partie de la journée à juger les délits qui se commettent, tels que vols, mensonges, médisances, etc. L’ingratitude et le mensonge sont tout particulièrement punis. Les garçons les plus âgés sont souvent appelés à prononcer sur les fautes des autres, d’après les règles de la justice; c’est une école pratique de droit. On apporte un grand soin à cultiver la sobriété, l’empire sur soimême, l’obéissance envers les supérieurs, et la véracité. Les jeunes gens doivent être sans cesse à la disposition de leurs supérieurs pour faire tout ce que réclame le bien public. Quand le roi va à la chasse, ce qui arrive plusieurs fois par mois, il prend avec lui la moitié des jeunes gens ; c’est leur école militaire, et en même temps une école où ils apprennent à supporter la soif et la faim, la chaleur et les fatigues de toute espèce. Ceux qui restent s’exercent à l’arc, au javelot, à la course, ou bien ils s’en vont faire la chasse aux brigands. Les hommes font le service militaire, ou sont employés comme chefs des jeunes gens et des garçons. Après 50 ans révolus, ils sont dispensés du sefvice et employés comme juges, administrateurs, etc. »
Voilà un court résumé du tableau de l'éducation nationale des Perses d’après Xénophon. Les femmes n’avaient point de part à cette culture nationale, elles partageaient, selon plusieurs auteurs, la position inférieure qui leur est laite chez les peuples de l’Orient.
On a voulu voir de la poésie dans la Cyropédie, une histoire arrangée pour stimuler l’éducation nationale des Grecs. Je ne veux pas essayer de lever les contradictions qui existent entre les auteurs. Je pense (comme cela ressort de cette exposition) qu’il y avait plus d’un mode d’éducation en Perse, et je suppose que l’éducation nationale dont parle Xénophon ne s’étendait qu’à une classe de