‹ Histoire universelle de la pedagogie renfermant les systemes d'education et les methodes d'enseignement des temps anciens et modernesChapitre 14 sur 101 · ÉDUCATION CHEZ LES PHÉNICIENS · texte numérisé non relu

ÉDUCATION CHEZ LES PHÉNICIENS

citoyens. On ne comprend pas, en effet, comment toute la nation aurait pu être jetée dans un système d’éducation, où il n’y a place ni pour l’agriculture, ni pour les arts, ni pour le commerce, mais seulement pour les fonctionnaires publics et les militaires. Un peuple ne peut pas passer sa vie sur une place publique, ni la moitié des jeunes gens d’une nation accompagner son roi h la chasse.

En terminant ce coup d’œil sur l’éducation des anciens Perses, je dois relever un trait de cette éducation, savoir son austérité. Le Perse, appelé par sa religion à combattre Ahriman jusque dans son cœur, devait nécessairement devenir austère et guerrier. En apprenant à dompter ses passions, sa mollesse, sa sensualité, et à braver les déserts, empire d’ Ahriman, et les fatigues qui s’y rattachent, le Perse devenait fort, hardi et courageux. Il fallait une telle éducation pour produire un Cyrus, et faire des Perses un peuple conquérant. L’austérité des mœurs fortifie et élève une nation ; la mollesse et le luxe l’affaiblissent et l’abaissent.

§ 6. De l’éliucatton chez les Phéniciens.

Les Phéniciens nous offrent l’image d’un peuple commerçant, qui s’abandonne hardiment à l’inconstance des flots pour étendre au loin son commerce et augmenter ses richesses. Il résulte de laque sa culture a dû être plus libre que celle des autres peuples de l’Asie. Le principe de l’utilité dominait chez les Phéniciens, comme chez tous les peuples marchands. Leurs connaissances se rapportaient à leur commerce, leur morale s’accommodait à leurs intérêts. A Carthage, ville fondée par les Phéniciens, les garçons apprenaient à lire, à écrire, à calculer; ils devaient en outre apprendre le maniement des armes, un métier et les pratiques de la religion. On ne sait au reste rien de précis sur leurs principes et leurs procédés particuliers d’éducation.

§ 7. Ii«f» Cirées.

En quittant l’Asie pour passer en Europe, nous entrons sur un terrain pédagogique nouveau. Là, les préoccupa^ tions de la vie à venir, et des préceptes absolus émanant du ciel ; ici, des peuples ne vivant que pour la vie présente, et une morale puisée dans l’homme même. Là, l’homme gravitant autour de son dieu pour parvenir à la félicité ; ici, l'homme cherchant son bonheur en lui-même et dans le déploiement de ses propres forces. Il faut pourtant excepter de la tendance asiatique les races Cananéennes qui servaient d'impures divinités et cherchaient le bonheur dans la volupté.

C’est donc une base toute humaine que celle sur laquelle repose la civilisation des Grecs et des Romains. Assurément ils avaient aussi un culte et des dieux ; mais (comme nous le verrons bientôt), leur mythologie n’était qu’un produit de leur développement moral et physique.

Cette base de la civilisation gréco-romaine renfermait deux éléments distincts : un élément social, et un élément individuel. L’individu toutefois était censé appartenir à la société ou à l’Etat, plus qu’à lui-même : le citoyen avait le pas sur l’homme. Le Grec et le Romain étaient avant tout citoyens, mais avec des caractères différents. Le Grec recherchait le beau et le bon , et le Romain l’utile.

Pour atteindre sa destinée, le Grec était stimulé et développé par trois moyens intimement unis entre eux, et pour ainsi dire confondus avec la vie du peuple : la religion, la musique et la gymnastique.

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