DE LA RELIGION RÉVÉLÉE DE L’ÉDUCATION CHEZ LES JUIFS
Nous avons vu ce qui a été réalisé dans le champ de l’éducation chez les principaux peuples placés en dehors de l’influence de la vraie religion. Nous allons maintenant nous transporter sur un sol plus favorisé des lumières de la souveraine sagesse, afin d’y recueillir les belles et grandes leçons qu’il renferme. Nous devons commencer par le peuple juif.
Tandis que tous les peuples anciens, pour s’orienter au milieu des complications de la vie sociale, étaient abandonnés aux seules lumières de la raison naturelle, les enfants d’ Abraham recevaient directement de Jéhovah, par le ministère de Moïse, des instructions détaillées sur le culte qu’ils devaient lui rendre, et les lois morales, civiles et politiques qui allaient en faire un peuple à part et privilégié. C’est un fait remarquable et bien extraordinaire dans l’histoire, que cette théocratie sous laquelle fut placée la nation juive, théocratie qui l'éleva au-dessus de la nature et la mit en rapport direct avec son Dieu, Jéhovah, qui la gouvernait, la punissait ou la relevait, suivant quelle l’abandonnait ou quelle revenait à lui. Cette théocratie, qui s’étendait h toute la vie du peuple, lui imprima un caractère éminemment religieux et fît en particulier aussi de l’éducation un devoir sacré pour la famille Israélite.
A sa naissance, le nouveau-né était plongé dans un bain, frotté de sel et enveloppé de langes. Le huitième jour, l’enfant mêle était marqué du sceau de la circoncision. L’exposition et le meurtre des petits enfants, si
répandus chez les peuples de l’antiquité, étaient inconnus chez les Juifs, car tout enfant appartenait à Dieu. Le premier-né devait même lui être consacré d’une manière spéciale, et les parents, pour le ravoir, étaient obligés de le racheter de son possesseur légitime. Dans la règle, la mère allaitait elle-même son enfant, et le sevrage était célébré par une offrande et une fête domestique. Dès ce moment, l’enfant grandissait sous le toit paternel, soumis à toutes les prescriptions de la loi, prenant part aux occupations de la famille, et menant avec elle une vie plutôt dure qu’amollissante.
Les parents devaient regarder une famille nombreuse comme une bénédiction particulière, et il leur était enjoint de faire connaître à leurs enfants la loi de Dieu et les merveilles opérées en faveur de leur nation par Celui qui l’avait retirée d’Egypte « à main forte et à bras étendu. »
« Ecoute, Israël, ces paroles que je te commande aujourd’hui seront en ton cœur. Tu les enseigneras soigneusement à tes enfants, et tu t’en entretiendras quand tu demeureras en ta maison, quand tu voyageras, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. Et tu les lieras pour être un signe sur tes mains, et elles seront comme des fronteaux entre tes yeux. Tu les écriras aussi sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. » (Deut., C; voir aussi le Ps.'?8.) * *
Les enfants devaient assister avec les adultes aux grandes fêtes religieuses nationales, et il fallait répondre à leurs questions sur ce qui les frappait : « Quand vous serez entrés au pays que l’Eternel vous donnera, et que vos enfants vous diront : Que signifie ce service? Alors vous répondrez : C’est le sacrifice de la Pâque à. l’Eternel, qui passa en Egypte par-dessus les maisons des enfants u’Israël, quand il frappa l’Egypte et qu’il préserva nos maisons. » (Exod. 12.) La même recommandation se retrouve dans d’autres circonstances. On voit que l’instruction recommandée ici est celle qui est donnée par la vie