‹ Histoire universelle de la pedagogie renfermant les systemes d'education et les methodes d'enseignement des temps anciens et modernesChapitre 22 sur 101 · ÉDUCATION CHEZ LES JMFS · texte numérisé non relu

ÉDUCATION CHEZ LES JMFS

même, ainsi que l’entendait Pestalozzi dans ces paroles qu’il répétait souvent : La vie cultive.

Ces soins matériels et spirituels que l’on devait donner aux enfants, n’étaient cependant pas la base sur laquelle reposait le succès de l’éducation. Cette base, nous devons la chercher dans ces paroles adressées aux enfants :

« Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient prolongés sur la terre, que l’Eternel, ton Dieu, te donne.» Oui c’est dans l’obéissance que Dieu a renfermé le développement de l’enfant. Il veut qu’il subordonne sa volonté à celle de ses parents , afin de l’habituer par là à se soumettre à la volonté suprême qui doit dominer l’homme tout entier ; car , dans le plan de Dieu , les parents ne sont que des intermédiaires entre la volonté de l’enfant et la sienne, et malheur aux parents qui, faussant le développement de 1 enfant, 1 enfermeraient sous une volonté qui ne serait pas en harmonie avec la volonté de Dieu, ou le laisseraient se développer en dehors de

cette volonté ! . . J .

L’enfant qui désobéissait devait être exhorté et puni. La verge jouait un rôle important : « Châtie ton enfant, dit Salomon, tandis qu’il y a de l’espérance, mais ne va point jusqu’à le faire mourir. N’écarte point du jeune enfant la correction : quand tu 1 auras frappé de la vcige, il n’en mourra point. Tu le frapperas avec la verge, mais tu

délivreras son âme du sépulcre. »

Pour bien comprendre l’importance que les Juifs donnaient à la verge, il faut se rappeler que la perfection de Dieu la plus marquée sous 1 ancienne alliance était sa justice : toute transgression devait recevoir une juste punition. Sous le christianisme, la justice est tempérée par la miséricorde que Dieu nous a révélée en Jésus-Christ ; mais la miséricorde n’abolit pas la justice, ne 1 oublions pas. La verge, instrument de justice, ne saurait donc non plus être abolie sous la nouvelle alliance.

Lorsqu’un enfant ne voulait pas se soumettre à ses parents, ceux-ci avaient le droit ou plutôt le devoir de le

livrer à la justice, b Quand un homme aura un enfant méchant et rebelle, n'obéissant point à la voix de son père, ni à la voix de sa mère, et qu’ils l’auront châtié, et que, nonobstant cela, il ne les écoutera point, alors le père et la mère le prendront et le mèneront aux anciens de sa ville et à la porte de son lieu, et ils diront aux anciens de sa ville : C’est ici notre fils qui est méchant et rebelle; il n’obéit point à notre voix ; il est gourmand et ivrogne. Et tous les gens de la ville le lapideront, et il mourra ; et ainsi tu ôteras le méchant du milieu de toi, afin que tout Israël l’entende, et qu’il craigne. » (Deut., 21.)

Quant à ce qui regarde l’instruction proprement dite, elle était essentiellement religieuse et historique. On dut sans doute de bonne heure enseigner la lecture et l’écriture, afin de mettre l’enfant en état de lire et d’écrire la loi, et de prendre part au service divin et aux fêtes nationales. L’ordre d’écrire des fragments de la loi sur les poteaux des portes, renferme virtuellement celui d’apprendre à lire et à écrire. La méthode était mécanique : il s'agissait avant tout de graver dans la mémoire ce qui était écrit. Le chant et la musique étaient populaires. La gymnastique demeura toujours insignifiante chez les Juifs. L’instruction des filles était plus négligée que celle des garçons. Elles apprenaient cependant à filer, à tisser, à coudre, à teindre, à broder, à faire la cuisine, h préparer des parfums, à danser (dans les fêles religieuses) et à jouer des cymbales. Elles vivaient retirées au sein de la famille, où leurs mères les exerçaient à la propreté, à la piété et à la modestie. Jusqu’au temps du Sauveur, les Juifs n’eurent pas d’écoles pour les enfants. Les écoles des prophètes fondées par Samuel n’étaient destinées qu’aux jeunes gens qui voulaient étudier la musique et la poésie religieuse. Ce n’est qu’après le retour de la captivité que la science des rabbins commença à devenir célèbre, et qu’on fonda les écoles savantes. On fonda aussi des écoles rabbiniqu es pour former des chefs ou maîtres des synagogues ; car chaque bourgade ou petite, ville avait au

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