PREMIÈRE ÉPOQUE — LE MOYEN AGE
g 1. Sainte Monique.
Le nouveau principe d’éducation apporté par le christianisme fit tout d’abord sentir son influence régénératrice dans la famille. Le mariage acquit un degré de sainteté jusqu’alors inconnu, et la femme entra en pleine possession de ses droits d’épouse et de mère. Les enfants furent considérés comme les cohéritiers des mêmes promesses spirituelles, et l’amour vint tempérer et la sévérité judaïque et le pouvoir despotique du père chez les Romains.
Aucun exemple n’est plus propre à nous montrer l’influence du christianisme sur la famille et en particulier sur la mère, que celui de sainte Monique. Unie à un époux païen et infidèle ; ayant un fils, Augustin, qui marchait sur les traces de son père, elle mit toute sa confiance et son espérance en Dieu, et fit resplendir aux yeux du personnel païen qui l’entourait et la méprisait les vertus qui ont brillé en Jésus-Christ. Elle avait surtout à cœur la conversion de son mari. Pour atteindre son but, elle ne fit usage que de deux armes, la prière et l’exemple. Semblable à un habile général qui réserve toutes ses forces pour les actions décisives , jamais elle ne se laissa entraîner dans des luttes de détail pour des points d’une importance secondaire ; jamais elle n’adressa un reproche à son mari pour des fautes qui découlaient de son incrédulité; elle ne répondait pas non plus à ses injures, et restait toujours calme et soumise en face de ses emportements.
Enfin, après seize ans de prières et d’attente patiente,