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Patricius commença à s’enquérir de cette religion qui brillait d’un éclat si pur dans sa femme, et trois ans plus tard il demanda et reçut le baptême.
Restait son fils, Augustin; sainte Monique n’avait rien négligé pour l’élever dans la connaissance et sous la discipline du Seigneur. Mais les premières impressions furent » bien vite effacées par le souille empoisonné des écoles * païennes qu’on lui fit fréquenter, et la pauvre mère n’eut bientôt plus que ses prières pour agir sur le cœur de son enfant. Mais la prière est la plus grande force dont l’homme puisse disposer. Monique continuera ses prières pendant trente-trois ans, et l’Eglise lui devra son plus célèbre docteur. Augustin, qui avait passé en Italie, y fut converti, en particulier par la prédication de saint Ambroise, archevêque de Milan. Monique, qui était venue en Europe pour le chercher, éprouva enfin la sainte joie d’une mère qui retrouve son enfant. On chercherait en vain dans tout le paganisme une vertu qui approchât, même de loin, de celle de cette sainte femme. Avec le christianisme, une vie nouvelle est entrée dans le monde, et cette vie est a la lumière des hommes. »
Sainte Monique ne revit pas sa terre natale. Elle mourut à Ostie, au moment où elle s’apprêtait à partir, avec son fils, pour la rive africaine. Cette sainte femme était mûre pour le ciel. « Mon cher fils, disait-elle à Augustin, cinq jours avant sa mort , une seule chose me faisait jusqu’ici désirer de vivre encore : c'était ta conversion. Maintenant mes prières sont exaucées et je n’ai plus rien à faire ici-bas. »
§ 2. lie Monachisme.
La dissolution des mœurs au sein de l’empire romain, et les dangers moraux que l’on courait dans le commerce journalier avec les païens, firent naître de bonne heure, parmi les chrétiens, le besoin de la solitude et de la retraite. C’est de ce besoin, fortifié par l’affaiblissement de
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la vie chrétienne, aussi bien que par une conception erronée du renoncement, qu'est né le monachisme. On a soutenu que son influence fut défavorable à la famille dont il rabaissait la sainteté, en lui opposant un état plus saint, le célibat, et à la société à laquelle il enlevait ses éléments les plus sains et les plus vivifiants. Mais il faut reconnaître que le monachisme a rendu de grands services à l’instruction, ainsi qu’à l’éducation, en préparant et en fondant l’école chrétienne. Ce fut un grand progrès que la fondation d’écoles chrétiennes , à coté des écoles païennes dans lesquelles les enfants des chrétiens étaient exposés à tant de dangers pour la foi et pour les mœurs. Dans l'église d’Occident, grâce surtout aux règles du célèbre Benoit de Murcie, fondateur de l’ordre des bénédictins (480-543), le monachisme se montra pratique et bienfaisant.
Pendant plusieurs siècles, les moines furent les pionniers de la civilisation. Ils fondèrent, dans le- cinquième et sixième siècle , les écoles abbatiales et épiscopales, dans lesquelles on enseignait la religion (explication de la Bible, histoire des saints, polémique, tradition, rites ecclésiastiques), et les arts libéraux. C’est de ces écoles que sortirent les écoles paroissiales, mères des écoles primaires.
Mais les couvants ont encore un autre droit à notre reconnaissance : c’est d’eux que sont sortis ces intrépides missionnaires qui ont converti au christianisme les peuples païens de l’ouest et du nord de l’Europe. Qui ne connaît les noms des Colomban, des saint Gall, des Willibrod, des Iîoniface, dont l’activité fut si grande et si bénie I
De nombreuses écoles furent fondées partout par ces missionnaires, soit pour les adultes, soit pour les enfants.
Tels sont, en peu de mots, les services que le monachisme a rendus en Occident à la religion, à l’instruction, à la civilisation. Si, plus tard, il a été dépassé par les progrès de la société civile, et par des instituteurs sécu-
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liers ou laïques, nous ne voulons pas oublier que c’est à lui que revient l’honneur d’avoir ensemencé le sol.
§ 3. Charlemagne.
L’œuvre de la civilisation, commencée par le monachisme, trouva dans Charlemagne un auxiliaire intelligent qui sut lui donner une vigoureuse impulsion. Par son caractère, sa langue et ses mœurs, il était et ne voulait être que germain ; mais la civilisation romaine lui faisait envie, et il ne négligea rien pour faire fleurir les lettres parmi ses sujets. Il était lui-même très-avide d’ins« traction. « À l'âge de trente-deux ans, dit M. Vuillet, il se fît initier aux premiers éléments des lettres par Pierre de Pise, qui lui donna des leçons de grammaire et de langue latine, et le prépara ainsi aux leçons du célèbre Alcuin. Ce savant, que Charlemagne appréciait autant qu’un royaume, antérieurement directeur de la grande école d’York, en Angleterre, lui enseigna la rhétorique, le calcul, l’astronomie, et l’écriture dans laquelle il fît peu de progrès. Charlemagne s’entoura des principaux savants de tous les pays, qui formèrent une espèce d’académie, dirigée par Alcuin ; le roi la présidait sous le nom de David, et chacun de ses membres, selon ses prédilections portait un surnom, emprunté aux grands hommes de l’antiquité, tels que Homère, Horace, etc.
« Auprès de cette académie, Charlemagne avait établi, à sa cour, une école de jeunes gens, qu’il inspectait et encourageait lui-même. On raconte qu’un jour, mettant les bons élèves à sa droite et les autres à sa gauche, il s’aperçut que ces derniers étaient preque tous fils des meilleures familles. Alors, se tournant vers ceux qui avaient bien travaillé, il les félicita et les assura de sa bienveillance toute particulière; puis il réprimanda les autres avec sévérité, les menaçant de les éloigner de lui, malgré la noblesse de leur origine, s’ils ne s’empressaient de réparer leur négligence par une ardente application.
« Une circulaire, envoyée à tous les évêques et abbés, les invitait à ouvrir, auprès des églises cathédrales et des monastères, des écoles semblables à celle du palais de l’empereur. Ces institutions, où l’on enseignait les sept arts libéraux : la grammaire, la rhétorique, la dialectique { rivium ), l’arithmétique, la géométrie, l’astronomie et la musique ( quadrivium ), devinrent de petits centres où la culture des lettres se conserva, malgré la barbarie et les ténèbres dans lesquelles l’Europe fut replongée après la mort du grand empereur. Les principales écoles abbatiales, Fulda, Saint-Gall, Osnabrück, Lyon, Tours, Bologne, Pavie, etc., etc., demeurèrent des points lumineux durant toute la longue nuit du moyen âge. »
§ 4. La Chevalerie.
La chevalerie, dont Charlemagne fut le précurseur, exerça sur l’éducation une influence assez importante pour devoir être mentionnée.
Le jeune garçon que sa naissance appelait à devenir chevalier, devait se préparer de bonne heure à l’exercice des vertus chevaleresques, dont les principales étaient des manières nobles, imitées de la cour, et une bravoure à toute épreuve, mise au service de la religion, de l’honneur et des dames. Une discipline sévère, une nourriture simple, des exercices de piété et des jeux chevaleresques, tels étaient les moyens par lesquels on le préparait à sa vocation. A l’âge de sept ans il quittait la maison paternelle et les caresses de sa mère, pour se rendre chez un chevalier en qualité de page. Ici, il avait différentes fonctions à remplir. Le chevalier qu’il servait était le modèle sur lequel il devait former ses manières, sa bravoure et ses sentiments.
La dame veillait sur ses mœurs et lui inspirait un zèle fervent pour la religion. Il apprenait aussi, à son service, à remplir certains devoirs envers les dames. Les jeux, auxquels il se livrait, étaient les préludes des mâles exercices