JEAN DE WESSEL
Jean de Wessel naquit à Groningue en 1420, et commença ses études dans l’école des Jéromites, près de Zwoll (Hollande). On ignore si Thomas A’Kempfs exerça quelque influence sur lui. Il étudia ensuite à Cologne et partit vers 1452 pour Paris, où il fit la connaissance de François de Rovère, qui devint plus tard pape sous le nom de Sixte R7. En 1470, il alla en Italie, suivit à Florence l’école platonicienne, et obtint h Rome, du pape Sixte IV, comme grâce particulière, une BU^^grecque et hébraïque. De
retour à Paris, en 1473, j chlin, et de son compa avoir exercé une assez retira dans sa patrie e il avait commencé ses 7
connaissance de Reu- , sur lesquels il doit ce. Enfin Wessel se îrs dans le couvent où et, qu’a illustré Thomas
A’Kempis. 11 mourut le 4 octobre 1481). Scs compatriotes l’ont appelé lux muncli (lumière du monde) et aussi Marjis-
1. I.cs jansénistes, qui jouèrent plus tard en France un rôle religieux et pédagogique, h beaucoup d’égards semblable à celui des frères de la vie chrétienne, pourraient bien èlre un rejeton de la même souche; car Jansénius venait des Pays-Las, où aujourd'hui encore il existe une Eglise janséniste.
ter controversiarum (maître controversiste). Wessel exerça sur les écoles de sa patrie, ainsi qu’en Allemagne, une grande influence scientifique et théologique. Une lettre de Gaswin, admirateur de Wessel, nous fait connaître assez exactement l’état des écoles d’alors et les progrès des études classiques, dont Wessel fut un des premiers promoteurs. « On peut, dit-il, lire une fois Ovide et les auteurs de cette trempe. On doit lire avec plus d’attention Virgile, Horace et Térence. Mais avant tout, je désire que tu lises la Bible. Gomme il n’est pas permis d’ignorer l’histoire, je te conseille Joseph, l’histoire de l’Eglise et YHisloria tripartita (partie de l’histoire de l’Eglise). Les historiens profanes les plus utiles sont Plutarque, Salluste, Thucydide, Hérodote et Justin. Après ces auteurs, il est bon de parcourir Aristote et Platon. Il faut s’arrêter un peu plus longtemps avec Cicéron, afin d’acquérir une diction pure et correcte. A côté de la Bible, il faut étudier avec soin saint Augustin. Après on lira Jérôme, Ambroise, Chryso6tome, Grégoire, Bernard, Hugo de Saint- Victor. » « Sous le rapport théologique, Wessel, dit Erasme, a beaucoup de ressemblance avec Luther. » Ce dernier faisait un grand cas de ses ouvrages. « Si j’avais connu les écrits de Wessel, dit-il, mes adversaires pourraient me dire que je n’ai fait que de le suivre, tant nos esprits sont en harmonie. J’éprouve une grande joie, et je ne doute plus de la justesse de mMÉflbignements, quand je vois comment nous somiaÉ^^Hubiment d’accord et disons les mêmes choses pr^q^^j^^es mêmes expressions. »