Ceux des grands lycées, par exemple
2. J'avais établi dans une école de garçons une organisation analogue; je faisais, en particulier, nommer par la classe dans les divers quartiers du village des surveillants qui devaient faire rapport sur la conduite des enfants; par ce moyen, je fis disparaître les mutineries, les rassemblements nocturnes, les tapages et les diverses déprédations dont ou se plaignait auparavant. Mes élèves avaient un très-grand zcle pour ce genre de police, et tous s’y soumettaient volontiers. — L’auteur.
l'enfant à la connaissance de Dieu), l’histoire sociale (abrégé dans lequel certains faits sont développés). — Pour comprendre ces limites étroites données à l’instruction primaire, il faut se rappeler que l’auteur écrivait pour la France et dans un temps où une quantité de communes n’avaient pas encore d’écoles.
Deuxième degré. Instruction secondaire. Enfants de neuf à treize ans. Ecoles de villes et de centres populeux, pour des enfants faisant des études commerciales, industrielles, agricoles ou classiques. Ce degré, comme les suivants, renferme des études communes et des études spéciales pour les diverses vocations.
Troisième degré. Instruction tertiaire. (Enfants de treize & seize ans, avec deux sections : Une section des lettres et de l’industrie supérieure, et une section industrielle et commerciale.
Dans l’école primaire, comme nous l’avons vu, toutes les études sont communes, dans l’école secondaire la plupart le sont encore, dans l’école tertiaire, quatre brandies demeurent comme lien entre les sections : ceci est un principe chez l'auteur. « Cette communauté d’études, dit-il, contribuera à imprimer dans les âmes les senti- . ments d’égalité, d’union, de biènveillance réciproque, d’amour delà patrie, que ces enseignements sont propres à développer, et ainsi s’affermiront les bases du bonheur des individus, de la sécurité, de la gloire, de la prospérité de la nation. » Ce principe, on le comprend, doit être toujours subordonné à la liberté d’enseignement.
Instruction du quatrième degré. Etudiants de seize à dix-neuf, vingt, vingt et un, vingt-deux ans. Ici les études classiques et d’industrie supérieure varient suivant la vocation des élèves ; elles se divisent en Cours généraux, suivis spécialement par les élèves qui veulent (au cinquième degré) étudier la théologie, le droit, la médecine et la pharmacie; en école polytechnique , en.école des beauxcris, en école militaire, en école de haute industrie , et en école de mineurs. Les élèves de ces diverses écoles sont
admis aux cours généraux, comme les bacheliers ès-lettres à ceux des autres écoles.
L’auteur recommande aux curés, tout particulièrement, de donner aux adultes des leçons d’économie sociale, de bienfaisance et d’éducation. Ces leçons constitueraient l’instruction supérieure populaire.
Cinquième degré. Ici les bacheliers ès-lettres entrent dans les facultés de droit, de théologie, de médecine, de pharmacie. Les élèves de l’école polytechnique dans les écoles (facultés) d’artillerie, du génie, des constructions de marine, des ponts et chaussées, des ingénieurs-géographes, des poudres et salpêtres, des mines. Les élèves de l'école des beaux-arts vont à Rome.
Nous ne saurions, on le comprend, suivre l’auteur dans le détail de l’organisation des diverses écoles et des diverses branches d’enseignement. Pour donner celui-ci dans les degrés inférieurs, il faudrait composer des livres scolaires ou classiques, d’après les principes posés par l’auteur.
Dans une quatrième partie , Naville parle des maîtres et des corps supérieurs de l’enseignement. Naville n’a point d’écoles normales dans son système (elles en dérangegeraient la symétrie et l’ unité). Il prend les maîtres parmi les moniteurs et élèves des différents degrés. En général le moniteur ou élève d’un degré quelconque peut prétendre à devenir maître dans le degré inférieur. Il pense que l’enseignement mutuel dans les trois degrés inférieurs est tout particulièrement propre à développer le tâlent de l’enseignement et à préparer ainsi de bons maîtres. L’ instruction publique, dans ce système, deviendrait la grande école normale de la France. — Quant aux autorités, Naville en admet trois principales : le conseil communal, le conseil départemental et le conseil royal (aujourd’hui impérial). il n’a point d’inspecteurs.
Enfin dans une cinquième partie , Naville s’occupe en particuüer du budget de l’enseignement. Les communes, l’état et des particuliers peuvent accorder des subventions
à l’école ou lui faire des dons, mais la charge principale de l'instruction doit reposer sur les parents, parce que c’est à eux qu’incombe en premier lieu le devoir d’élever leurs enfants, et ensuite, parce que l’instruction gratuite pourrait transformer le budget scolaire en une espèce de taxe des pauvres , et que l’auteur est en principe contre la charité légale. Il ne propose pas non plus l’enseignement obligatoire, les mesures coercitives étant, pense-t-il, trop opposées aux mœurs et aux habitudes de la France pour que l’on doive chercher à les y introduire. En revanche, il demande qu’on exclue des fonctions publiques les per • sonnes qui ne savent ni lire, ni écrire.
Comme on le voit, l 'Education publique de Naville est un livre d’une portée immense, le plus important, pensonsnous, qui ait été écrit sur ce sujet. Aujourd’hui la France a réalisé plusieurs parties du programme qu’il propose ; sur quelques points elle l’a dépassé, tandis que sur d’autres elle est entrée dans des voies différentes. Il serait à désirer qu’elle sefûtinspirée davantage del’esprit éminemment pédagogique que l'on respire dans toutes les pages de cet ouvrage remarquable.
On ne saurait étudier l 'Education publique sans admirer la symétrie et l’unité du système scolaire qu’il propose ; on y sent la discipline rigoureuse d’un esprit philosophique. Comme on a pu le remarquer, la pédagogie de Naville est la même que celle du Père Girard ; moins profonde, peut-être, mais en revanche plus large, plus étendue et sous le rapport moral plus complète : au moins n’est-elle pas renfermée dans les limites trop étroites de cette formule : L’homme agit comme il aime, et il aime comme il pense.
Outre ses écrits pédagogiques, Naville a publié, entre autres, un Traité de la charité légale, ouvrage qui le place parmi les économistes les plus distingués. Comme le Père Girard, il s’était occupé avec prédilection de philosophie, et cela l’avait rendu apte à traiter toutes sortes de questions. Naville mourut à Vernier le 22 mars 1846.
§ 5. Du mouvement pédagogique actuel et de l’état de l’instruction publique dans les pays de langue française.
a. LA FRANCE.