‹ Histoire universelle de la pedagogie renfermant les systemes d'education et les methodes d'enseignement des temps anciens et modernesChapitre 90 sur 101 · Lue Faculté de droit a été créée à Douai en 186a · texte numérisé non relu

Lue Faculté de droit a été créée à Douai en 186a

Parmi les établissements d’enseignement supérieur, on doit encore placer :

L’Ecole normale supérieure.

L’Ecole polytechnique.

L’Ecole militaire de Saint-Cyr.

L’Ecole navale établie sur le vaisseau le Borda , en rade de Brest.

L’Ecole forestière ou des eaux et forêts de Nancy.

Pour le haut enseignement, on trouve à Paris : le Collège de France, le Muséum d’histoire naturelle, les Cours de langues orientales, le Bureau des longitudes et 1 Observatoire, l’Ecole française d’Athènes, l’Ecole des Chartes.

La France possède encore un grand nombre d établissements spéciaux, en particulier :

Une Ecole d’accouchement, placée à Paris et destinée à former des sages-femmes pour toute la France. Durée du cours, un an.

3 écoles régionales d’agriculture : Grignon (Seine-et- Oise), Grand-Jouan (Loire-Inférieure), La Saulsaye (Ain). Durée des cours, 3 ans. Pension 750 fr.

Une Ecole d’artillerie et du génie à Metz.

3 écoles d’arts et de métiers : Aix, Angers, Châlons-sur- Marne. 900 élèves.

Les écoles des Beaux-Arts de Paris et de Rome (académie de France à Rome).

L’Ecole de cavalerie de Saumur.

L’Ecole centrale des Arts et Manufactures, à Paris. Durée des Cours, 3 ans.

L’Ecole supérieure du commerce, à Paris. (Il y a une école semblable à Leipzig).

L’Ecole d’Etat-major, à Paris.

L’Ecole du génie maritime de Lorient.

40 écoles d’hydrographie, préparant aux examens de capitaine de vaisseau.

L’Ecole des jeunes de langues. On y enseigne les langues orientales aux jeunes gens destinés à servir de drogmans dans les villes du Levant.

PÉDAGOGIE FKANÇAISE. 4Ô5

L’Ecole des maîtres-ouvriers mineurs d’Alais. Durée du cours, 2 ans.

L’Ecole de médecine et de pharmacie militaire, à Paris.

12 écoles militaires.

L’Ecole des mines. Durée des cours, 3 ans. Etudes gratuites.

L’Ecole des mineurs de Saint-Etienne.

L’Ecole ou Conservatoire de musique, à Paris.

L’Ecole des pouts-et-chaussées, à Paris.

Plusieurs Ecoles de pyrotechnie ou Ecoles régimentaires. On en distingue trois sortes, les écoles d’artillerie, les écoles du génie et les écoles d’instruction.

3 écoles vétérinaires : Alfort, Lyon, Toulouse.

Au-dessus de tous les établissements sont les corps savants, les Académies Française, des Inscriptions et Belles- Lettres, des Sciences, des Beaux-Arts, des Sciences morales et politiques, qui forment les cinq classes de l’Institut de France.

Enseignement secondaire spècial ( professionnel ).

L’article 62 de la loi du 1 5 mars 1 850 prescrit un enseignement professionnel devant être institué par le Ministre de l’instruction publique. M. Fortoul ne s’occupa que des études classiques (lettres et sciences) dans la réorganisation des lycées. M. Rouland, son successeur, nomma une commission en 1862 pour s'occuper de cette question, et en 1863-64, M. Duruy, ministre actuel, a enfin organisé ce nouvel enseignement, déjà introduit dans plusieurs collèges et lycées.

« Le système que je propose, dit M. Duruy, est bien simple : sur la base élargie et consolidée de l’enseignement primaire s’élèveront parallèlement les deux enseignements secondaires : l’un classique, pour les carrières . dites libérales; l’autre professionnel, pour les carrières de l’industrie, du commerce et de l’agriculture.

« Le nouvel enseignement professionnel, qui aura une durée de quatre années, et gardera les enfants de douze

à seize ans environ, comprendra les matières suivantes : l’instruction religieuse, la langue et la littérature françaises, les langues vivantes, l’histoire (universelle) et la géographie, des notions élémentaires de morale privée et publique, de législation à l’usage des agriculteurs, des commerçants et des industriels, et d’économie industrielle et morale, la comptabilité, la tenue des livres, les mathématiques appliquées, la physique, la cniinie et l’histoire naturelle avec leurs applications à l’agriculture et à l’industrie, le dessin linéaire, le dessin d’ornement et le dessin d’imitation, la gymnastique et le chant. »

Un programme d’études détaillé accompagne cette circulaire aux Recteurs (2 octobre 1863/.

L’enseignement professionnel est au lycée, où il trouve un local, une administration et des professeurs. C’est là un avantage matériel considérable. Il y a peut-être aussi un avantage à réunir dans le même établissement des jeunes gens destinés aux vocations les plus diverses. Il est probable, cependant, que l’enseignement professionnel se détachera du lycée, parce ou étant donné par les maîtres du lycée, en bonne pariie, il aura de la peine à se revêtir du caractère qui lui est propre. Cet enseignement sera, d’ailleurs, réclamé par des localités qui n’ont ni lycées, ni collèges. Quant au programme, il est sagement combiné, mais trop chargé pour des enfants de douze à seize ans. Ou il faudra étendre les études jusqu’à un âge plus avancé, ou décharger le programme. Comme cet enseignement en est à son début, il lui faudra quelques années pour s’organiser et s’approprier aux divers besoins des populations. M. Duruyj. par cet enseignement, a ouvert une des sources d’instruction populaire des plus fécondes et des plus utiles. L’organisation des études secondaires professionnelles est un événement dans le développement de l’instruction publique en France.

Une loi du 21 juin 1865 a consacré et organisé définitivement l’enseignement secondaire spécial. Une sage latitude est accordée aux diverses localités pour varier.

étendre ou restreindre, suivant les différents besoins, le programme des études. Dans les communes qui en feront la demande, les collèges pourront être organisés en vue de cet enseignement.

Au 1er mars, ainsi avant la promulgation de la loi, l’enseignement spécial était déjà organisé dans 70 lycées sur 75, et dans 224 collèges sur 250.

Une grande école normale, dans laquelle on reçoit, en particulier, les meilleurs élèves des écoles normales primaires (pour deux ou trois ans), a été chargée de préparer des maîtres poqr l’enseignement spécial. Cette école a été ouverte en octobre 18G6 dans le magnifique couvent des bénédictins de Cluny, pouvant contenir 500 élèves. La plupart des départements ont voté une ou deux bourses de 800 fr. chacune, pour les élèves qui se rendent dans cet établissement.

Ecoles primaires.

L’école primaire a été également l’objet de l’attention du régime actuel : il a ouvert des écoles nouvelles, amélioré les locaux, élevé le traitement des instituteurs, encouragé la formation d'instituteurs par les écoles normales. Néanmoins lecole primaire n’a pas fait les progrès qui seraient à désirer, parce que les fonds manquent encore aux communes, et que la fréquentation n’est pas obligatoire. Dans une circulaire aux préfets datée du 30 octobre 1854, M. Fortoul dépeint ainsi letat de la fré quentation dans certains départements :

« Malgré les constants efforts de l’administration supérieure, dit-il, le nombre des enfants qui restent étrangers à tout enseignement est véritablement ailli géant. On devrait trouver dans les écoles un dixième de la population totale1. Il y a cependant des départements où les écoliers ne forment encore que le vingtième, le trentième, ou même

1. Dans certains canton suisses la population dépasse le l/£>* ; en Prusse elle est de 1/7*.

le quarantième de la population. Ce n’est pas tout : sur le nombre des enfants qui remplissent les listes scolaires, beaucoup désertent les classes pendant cinq ou six mois. Ces enfants, après deux ou trois ans d’une fréquentation purement nominale des classes, sont à peu près complètement dépourvus de toute éducation intellectuelle et religieuse.

» Vous devez donc faire tous vos efforts, Monsieur le Préfet, pour qu’aucun de vos administrés ne demeure privé des bienfaits d’un enseignement sagement gradué et d'une éducation chrétienne : et je vous prie, dès à présent, d'ordonner les enquêtes nécessaires pour qu’il vous soit possible de me faire connaître exactement, dans chaque commune, les chiffres des enfants de six à treize ans qui sont étrangers à toute instruction. »

Quand on voit avec quelle faeilité les populations acceptent la fréquentation obligatoire et s’y habituent, on ne comprend pas que dans un pays où le pouvoir est si fort, on puisse tant la redouter. Ce ne sont certes pas les populations qui réclameraient, ce sont les hommes instruits qui, en France, empêchent le pouvoir d’étendre à tous les bienfaits de l’éducation. D’après la loi du 15 mars 1850, toute commune est tenue d’ouvrir une ou plusieurs écoles publiques et de dispenser les indigents de toute rétribution scolaire. Quelle inconséquence ! ouvrir partout des écoles publiques et ne pas contraindre les négligents d’en profiter !

Rendons sur ce point justice au ministre actuel M. Duruy; il a voulu, en 1865, faire décréter l’enseignement obligatoire, mais la chambre législative a repoussé le projet. Espérons que cette mesure n’est que renvoyée.

Qu’on me comprenne bien cependant, en défendant le principe de l’obligation, je n’entends nullement porter atteinte à la liberté d’enseignement. Je ne voudrais à aucun prix d’une obligation qui contraindrait d’envoyer les enfants dans les écoles publiques : une liberté entière, comme elle existe actuellement en France, doit être ac-

cordée aux parents d'envoyer leurs enfants où bon leur semble, de les faire instruire comme il leur plaira. Ce que je combats, c’est le droit de retenir des mineurs dans l’ignorance. On peut exiger qu’on leur fasse donner une instruction convenable, comme on exige qu’ils soient vêtus, logés et nourris. L'intérêt de la société et le bien de l'enfant réclament impérieusement cette mesure.

Si nous consultons les statistiques, nous trouvons cependant une amélioration croissante dans la fréquentation des écoles primaires. Elles étaient fréquentées :

En 1837, par 2,695,986 enfants, soit, environ 1/13® de la population totale.

En 1840, par 2,896,964 enfants, soit 1/12®.

En 1832, par 3,164,297 enfants, soit 1/1 Ie.

En 1853, par 3,335,639 (faible progrès), soitun peu plus de 1/11®.

En 1864, par 4,286,641* enfants, soit un 1 /10e.

En Allemagne et en Suisse, la population scolaire varie entre 1/7* et 1/5* (1/4, 5), suivant le nombre d’années pendant lesquelles les enfants sont obligés de fréquenter. Dans cette proportion, la France devrait avoir une population scolaire de 5 1/2 à 7 1/2 millions d’enfants. Ainsi un à trois millions d’enfants ne fréquentent pas les écoles primaires. A la vérité, les statistiques ne placent dans cette catégorie qu’environ un million d’enfants et moins encore, mais elles n'infirment en rien le chiffre que j’indique. Elles prouvent seulement qu’en France le temps de la fréquentation est beaucoup plus court que dans d’autres pays. En effet, la moyenne des enfants nés dans la même année et en âge de fréquenter l’école étant d’environ 1/50* de la population, il en résulte que la France renferme près de 800,000 enfants qui doivent entrer chaque année comme nouvelles recrues dans l’école primaire. Or ce chiffre de 800,000 n’est guère que la cin-

1. Dans ce chiffre sont compris 880,415 enfants qui fréquentent les écoles libres.

quième partie de la population scolaire actuelle; il en résulte que la durée moyenne de la fréquentation ne serait que de cinq années, et encore pour obtenir ce chiffre faut-il supposer que les enfants portés sur les catalologues fréquentent régulièrement, ce qui n'est par le cas. Celte fréquentation de cinq années est bien au-dessous de celle des pays où elle est obligatoire pendant 7, 8, 9 et même 10 années. Si nous considérons maintenant que c’est durant les dernières années que les enfants profitent le plus de l’école, on comprendra combien l’école primaire laisse encore à désirer en France.

Le nombre des écoles primaires était au 1er janvier 1864, de 68,840 dans les 37,510 communes1 de l’Empire, et elles étaient fréquentées par 4,270,234 enfants; la moyenne des élèves était donc de 62 par école, soit le maximum permis dans quelques cantons suisses, où la moyenne varie entre 40-50. Encore ici, il y a une amélioration à opérer. Il est vrai que des maîtres adjoints sont accordés aux écoles trop peuplées et que dans un certain nombre on a organisé l’enseignement mutuel.

Les 68,840 écoles ci-dessus se classent de la manière suivantes :

Ecoles publiques 52,524, dont 20,703 de garçons, 14,059 de filles, 17,683 mixtes.

Ecoles libres 16,316, dont 3*108 de garçons, 13,208 de filles.

L’enseignement, dans les écoles primaires comprend : l’instruction morale et religieuse, la lecture, l’écriture, les éléments de la langue française, le calcul, le système légal des poids et mesures et la gymnastique2. Il peut comprendre en outre : l’arithmétique appliquée aux opérations pratiques ; les éléments de l’histoire et de la géographie; des notions des sciences physiques et de l’histoire naturelle applicables aux usages de la vie ; des

1. 818 communes étaient encore dépourvues d’écoles. Au 1er janvier 1866, il y en avait encore 69*.

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