‹ Histoire universelle du théâtre (volume 4)Chapitre 13 sur 31 · IV* SIÈCLE · texte numérisé non relu

IV* SIÈCLE

THÉÂTRE FRANÇAIS

LBS PIÈCES CUMIQUKS DU XV SliCU.

C'est une des gloires de ce siècle d'avoir donné la première pièce qui ressemble à une bonne comédie : je veux parler de la farce de Maistre Pierre Paiheliny qui fut traduite dans toutes les langues, même en latin, et qui depuis servit de canevas à je ne sais combien d'auteurs, lesquels crurent améliorer l'ouvrage en le (jL'iicituiaiil. Tout le monde cannait cette larce toujours charmante, même après l'arrangement qu'elle subit du ùât de Brueys et Palaprat. Rien ne passe en franchise plaisante et de bon aloi ce berger Aignelet, plus madré que l'avocat, son conseil, et qui le i)aye en monnaie de bêlement de mouton après avoir gagné son procès. Rien ne provoque un meilleur rire que ce dra-

pier qui, devant le juge, mêle à tout propos dans sa harangue ses brebis et le drap qu'il a fourni.

Le succès de cette ravissante farce, dont on ne connaît pas l'auteur, bien qu'on TaiL tour à tour attribuée à Jehan de Meung, à Villon, à Pierre filanchet et à Antoine de la Sale, fit bientôt éclore le Nouveau Paihelin et le Testament de FailieUn. Dans la première de ces deux imitations, notre avocat vient trouver un pelletier (au lieu du drapier) et lui prend à crédit pour douze écus de pannes ou foui i un s au compte de M. le curé, qui veut, dit-il, offrir un cadeau à sa nièce. Puis il conduit le marchand à l'église, où il lui montre dans un confessionnal le curé qui confesse une de ses ouailles.

Jo lui vnis tout (!*' point en point Dire k maiché qu'avons fait.

Pathelin aborde le curé dans le confessionnal et lui annonce qu'il va recevoir la visite d'un fou. Le pelletier s'avance; le curé le fait agenouiller ; mais, au lieu de confesser ses fautes, le pelletier réclame son dù. Ou comprend le quiproquo de la confession et des fourrures, qui est assez plaisant, mais bien loin de valoir celui du bêlement d'Aignelet.

Dans le Testament de Pathelin^ l'avocat, à bout de ressources, envoie Guillemette sa femme chez l'apothi* caire et chez le curé, car il va rendre ràme. i.'apothicaire ordonne du lait d'amande, au lieu du vin vieux que PatheUn continue à humer; le curé conseille des Pater et des Credo. Pathelin veut écrire son

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