ZÉNOBIE
Histoire d'Orient, Romaine ( 3e siècle après J.-C. ).
Zénobie, reine de Palmyre (1), femme d'Odenat , se disait issue des Ptolémées. Après la mort de son mari , en 267, elle prit le titre d'Auguste et gouverna plusieurs années. Elle soutint d'un côté avec gloire la guerre contre les Perses, et de l'autre se défendit contre les Romains. Tous les historiens de son temps ont célébré ses vertus, ses talents et son amour pour la science; le rhéteur Longin fut son maître , et lui apprit à placer la philosophie sur le trône.
L'empereur Aurélien^ ayant voulu la réduire, marcha jusqu'à Antioche (2), où Zénobie s'était rendue avec ses forces; la victoire demeura longtemps suspendue , et se décida en faveur des Romains. La reine, après cette défaite , courut s'enfermer dans Palmyre. Aurélien vint l'y assiéger ; mais il eut à vaincre une résistance héroïque. Néanmoins , se méfiant de ses forces, Zénobie s'échappa secrètement de la ville pour aller en Perse chercher de nouveaux secours ;
(1) Syrie. Son nom signifie palmier; elle fut bâlie par Salomon. (2) Syrie,
Aurélien la fit poursuivre , et on l'atteignit comme elle traversait l'Euphrate (1). Les soldats demandaient sa mort; mais l'empereur la réserva pour son triomphe , qui fut superbe ; elle y parut vêtue des ornements royaux, et chargée de chaînes d'or soutenues par des esclaves. On a blâmé l'empereur d'avoir triomphé d'une femme ; mais cette femme valait un héros. Il lui donna des terres considérables aux environs de Tivoli (2) : c'est là qu'elle acheva son existance au sein des arts et de la paix.