MARIUS
Histoire Romaine ( 2e et ler siècle avant J.-C. ).
Caius Marius , célèbre général romain , fut sept fois consul . Né d'une famille obscure, il commença par labourer les champs , ensuite il embrassa la profession des armes. Il se signala sous Scîpion l'Africain , et sa valeur l'éleva aux premières charges de la république. Il vainquit Jugurtha, roi de Numidie (1) , et Bocchus, roi de Mauritanie (2); ensuite il fut envoyé contre les Teutons et les Cimbres ; il vainquit les premiers à Aix (3), et les seconds à Verceil (4).
Marius, devenu consul pour la sixième fois,
(1) Nord de l'Afrique, aujourd'hui Alger. (2) Nord-ouest de rAIViquc , aujourd'hui Maroc. (3) Provence, (i) Pie'monl.
eut Sylla pour compétiteur et pour ennemi; chassé de Rome, il fut obligé de se cacher dans les marais de Minturnes (1). Un esclave, chargé d'apporter sa tête mise à prix, le découvrît dans sa retraite; mais il fut désarmé par le regard fier du proscrit , et par cette seule parole qu'il fit entendre : Oseras-tu tuer Caius Marius?
LesMmturnoisiui donnèrent une barque pour passeï en Afrique ; il y rejoignit son fils adoptif, et pleura sur les ruines de Cartilage; mais le préteur d'Uttique (2), vendu à Sylla , était près de sacrifier le fugitif , lorsque Marius fut rappelé à Rome par Cinna. La ville fut inondée de sang ; les plus illustres sénateurs périrent , et les sicaires de Marius, infâmes bandits, se portèrent à de tels excès, qu'il fallut les exterminer euxmêmes : on les enveloppa dans leur camp, où ils furent tués à coups de flèches. Marius jouit peu de ses vengeances; il mourut au bout de quinze jours de son septième consulat. La vieillesse, le remords et les excès lui causèrent une maladie mortelle, qui l'emporta l'an 86 avant J.-C.
Marius le jeune essaya vainement de soutenir le parti de son père adoptif ; battu par Sylla , il s'enfuit à Préneste (3) , où il se tua de désespoir. La rivalité de Marius et de Sylla causa les plus grands maux à Rome. Les qualités en- Ci) Campanie. (2) Nord de l'Afrique, près de Carlhage. (3) Près de Borne.
traînantes de l'un , les talents et les rustiques vertus de l'autre, ne cachaient que de âmes ambitieuses et cruelles , ennemies de leur patrie et de l'humanité.