‹ Histoire universelle en tableauxChapitre 35 sur 424 · PORCIE. — BRUTUS · texte numérisé non relu

PORCIE. — BRUTUS

Histoire Romaine ( 1er siècle avant J.-C).

Porcie, fille de Caton d'Uttique, et femme en premières noces de Bibulus , puis de Brutus, se rendit illustre par son esprit et son courage. Brutus lui ayant caché la conjuration qui se tramait contre César , elle se fit elle-même une profonde blessure ; son mari demanda la raison d'une si étrange conduite. Avant de te

(1) Province au sud de l'Allemagne.

demander ton secret , j'ai voulu éprouver si je saurais résister aux tortures. Brutus étonné lui découvrit tout. Après la bataille de Philippi (1), elle ne voulut pas survivre à Brutus et se fit , dit-on , mourir en avalant des charbons ardents.

Brutus (Marcus Junius ), fils de Junius-Brutus et de Servilie , sœur de Caton. Il prétendait descendre du premier Brutus. Les vertus de Caton furent un modèle qu'il eut toujours devant les yeux. Il cultiva les lettres , les sciences, l'éloquence , et puisa dans ses études des idées de liberté qui le conduisirent à méditer la mort de César. Il s'associa Cassius et d'autres sénateurs. Le jour des Ides de Mars fut fixé pour l'exécution du projet. César, à peine entré au sénat, vit un des conjurés s'approcher pour lui demander une grâce ; au même instant tous se précipitèrent sur lui le poignard à la main. Voyant au milieu d'eux Brutus qu'il avait toujours chéri comme un fils : et toi aussi, mon fils Brutus ! s? écYm-t-\\; puis il expira. Les sénateurs applaudirent ; mais Antoine excita le peuple à venger la mort de César : on courut mettre le feu aux maisons des conjurés. Ceux-ci se retirèrent vers la Macédoine, où les suivirent Antoine et Octave qui les vainquirent à Philippi. Après cette défaite , Brutus et Cassius se donnèrent la mort et furent nommés les derniers

(1) Macédoine.

Romains. Brutus fut tour à tour considéré comme un monstre et comme un héros. Plus aveuglé qu'ingrat , il fit violence à la nature pour servir une cause désespérée, qu'il croyait la plus légitime.

Shakespeare et Voltaire ont traité ce sujet.

Caton d'Uttique (1), arrière-petit-fils de Caton le censeur , stoïcien dans la pratique et la théorie , poussa l'amour de la patrie jusqu'au fanatisme. A quatorze ans, il voulait tuer Sylla. Plus tard, il s'unit à Cicéron contre Catilina, et aux bons citoyens contre César. Il porta toujours le deuil dès l'instant qui vit éclater la guerre civile entre les deux triumvirs. Il avait résolu de se tuer si César l'emportait , et de s'exiler si c'était Pompée. La bataille de Pharsale (2) ayant tout décidé, il se perça de son épée après avoir lu le dialogue de Platon sur l'immortalité de l'âme.

( Voyez la tragédie de Caton par Addisson. )

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