B. de Saussure, Voyages dans les Alpes, § 783 et suiv
MOUVEMENT
en dehors des temps d’orage. Lemonnier en montra le premier l’existence dans ses observations faites, en 1752, à Saint-Germain-en- Laye *. Mazéas fit, en juin, juillet et octobre 1752, au château de Maintenon, des observations tout aussi concluantes avec une tige de fer de 370 pouces de longueur, suspendue par des fils de soie, et élevée de 90 pieds au-dessus du sol 2. Kinnerley, Henley et Islington, en Angleterre, et surtout Beccaria 3, en Italie, firent des observations semblables. Mais ce fut B. de Saussure qui jeta en quelque sorte les bases de celle branche de la physique. Des observations nombreuses lui ont permis d’établir que l’électricité aérienne est en général plus intense dans les lieux les plus élevés et les plus isolés ; qu’elle est nulle sous les arbres, dans les cours d’intérieur, dans les rues et dans les lieux parfaitement clos; qu’elle est sensible cependant dans les villes, au milieu des grandes places, au bord des quais et particulièrement sur les ponts. « Dans un temps d’orage, on voit . dit l’habile observateur, l’électricité s’animer, cesser, renaître, devenir positive pour être l’instant d’après négative, sans qu’il nous soit possible de donner des raisons précises de tous ces change ments ; j’ai vu quelquefois ces variations se succéder avec une telle rapidité que je n’avais pas le temps de les ’sioter. ... En hiver, et pendant un temps serein, l’électricité est sujette, comme la mer, à un flux et reflux, qui la font croître et décroître dans l’espace de 2 U heures. Les moments de sa plus grande force suivent de quelques heures le lever et le coucher du soleil, et ceux de sa plus grande faiblesse sont ceux qui précèdent le lever et le coucher de cet astre... En été, l’électricité de l’air serein est beaucoup moins forte qu’en hiver; sa période diurne est moins régulière et moins marquée; sa quantité fondamentale étant très-petite, les causes accidentelles, comme les vents, la plus ou moins grande quantité de vapeurs humides ou d’exhalaisons sèches qui sont répandues dans l’air, produisent des différences qui masquent la période diurne, et font souvent tomber le maximum et le minimum sur des points opposés à ceux dans lesquels ils auraient dû naturellement se rencontrer. En général, en été, lorsque la terre est sèche, l’électricité de