‹ Histoire UniverselleChapitre 108 sur 184 · Ibid., année 1753, p · texte numérisé non relu

Ibid., année 1753, p

3. Jean-Baptiste Beccaria (né à Mondovi en 1716, mort en 1731), qu’il ne faut pas confondre avec le célèbre philosophe-économiste marquis de Beccaria (mort en 1794), fit paraître, en 1753, les résultats de ses observar lions sous le titre Dell' Elellricismo naturale ed arlifiziale, Turin, in-4*.

l’air va en croissant depuis le lever du soleil, où elle est presque insensible, jusque vers les 3 ou 4 heures de l’après-midi, où elle acquiert sa plus grande force. Elle diminue ensuite graduellement jusqu’au moment de la chute de la rosée, où elle se ranime pour diminuer ensuite et s’éteindre presque entièrement dans la nuit ‘... Quant à la qualité de l’électricité, elle est invariablement positive, tant en hiver qu’en, été, de jour, de nuit, au soleil, à la rosée, toutes les fois qu’il n’y a point de nuages au ciel 2. »

Breschet et Becquerel, se servant de l’électromètre de Saussure perfectionné, reconnurent que la présence de l’électricité dans l’atmosphère est permanente et que, à de très-rares exceptions près, elle est toujours positive. Pour expliquer ce fait, on admet que le fluide neutre des nuages est décomposé par la tige isolée de l’électroscope, et que l’électricité est négative à son sommet et positive à sa base. C'est ce que démontrèrent Gay-Lussàc et Biot dans leur ascension aérostatique : ayant suspendu à la nacelle de leur ballon une lige métallique isolée, ils trouvèrent son extrémité supérieure négative ; c’était l’épreuve inverse de celle que donnent les éieclroscopes établis au sommet des observatoires.

Résumant toutes les expériences faites à ce sujet, dans son livre Sur l'électriàlé de l'atmosphère { Paris, 1841, in-8°), Peltier est parvenu à établir que la partie supérieure de l’atmosphère agit comme un corps électrisé positivement, tandis que le sol fonctionne comme un corps électrisé négativement. Mais l’atmosphère et le sol ne restent pas en présence avec des électricités contraires, sans qu’il se fasse un échange continuel. C’est l’effet de cet échange qu’indique l’éiectroscope. C’et effet est d’autant plus fort que la conductibilité des couches atmosphériques devient plus grande, et d’autant plus faible, que ces couches deviennent plus isolantes. Les physiciens modernes parvinrent ainsi à expliquer les deux maxima (à 10 h. du matin et à 10 h. du soir) et les deux minima (2 h. du matin et 4 h. après midi) de la période électrique diurne, qui paraissait un phénomène inexplicable aux physiciens du xvni* siècle; ils trouvèrent que, la conductibilité des couches atmosphériques étant proportionnelle à leur degré d’humidité, les maxima et minima de l’électroscope devaient répondre aux maxima et minima de

1 . Cette période avait été déjà aperçue par Leraonnier et le P. Beccaria.

2. B. de Saussure, Voyages dans les Alpes, § 800-804, out. III, p. 316 et suiv. (Neufchâtel, 1803).

MOUVEMENT

l’hygromètre. C’est ce que l’observation a confirmé. — Suivant les recherches de Pouillet, l’évaporation des eaux de mer serait la principale source de l’électricité atmosphérique.

Tourmaline. — Cette pierre, si remarquable par ses phénomènes électriques, parait avoir été pour la première fois, en 1703, apportée en Europe par les Hollandais; elle venait de l’ile de Ceylan et portait le nom de Turmalin ou Turmale. C’est du moins ce que dit l’auteur anonyme d’un livre publié sous le titre de Curüjse Speculationes bey schlaflosen Nâchten; Chemnilz et Leipzig, 1707, in-8°. Cependant cette pierre cristallisée se rencontre presque partout dans les roches primitives, dans les montagnes du Tyrol, de la Suisse, de l’Italie, de l’Espagne, etc. On en trouve de blanches, de jaunes, de vertes, de bleues. Sa forme ordinaire est le prisme à douze pans, terminés par des sommets à trois faces principales, l’un des sommets ayant toujours plus de face que l’autre. Linné signala le premier, dans la Préface de sa Flora Zeylanica (üpsala, 1747), la propriété de la tourmaline de s’électriser par le frottement comme le succin. Mais ce ne fut que dix ans plus tard qu’Æpinus et Wilke découvrirent la propriété si singulière de cette pierre de s’électriser, par l’action de la chaleur, positivement à l’une de ses extrémités et négativement à l’autre. Le phénomène de la polarité se présenta ici d’une manière tellement saisissante, que les physiciens n’hésitèrent plus, pour l’électricité, à admettre des pôles, l’un positif et l’autre négatif, comme pour le magnétisme. Æpinus1 conclutd’une série d’expériences que dans la tourmaline (composée de silice, d’alumine, de fer et de manganèse) l’électricité est à l’état naturel, neutre, lorsque toutes ses parties ont la même température; mais qu’elle se décompose ou se polarise dès que les deux bouts sont inégalement chauffés. Le duc de Noya Caraffa, Wilson, Canton, Bergmann, Haüy, etc., se sont depuis lors occupés de la tourmaline, et ils ont observé que cette espèce minérale, si on la tient par son milieu avec une pince, ne donne aucun indice d’électricité, à une température de moins de 10 degrés centigrades ; que si on la chauffe ensuite graduellement, elle s’électrise d’abord faiblement et son électricité augmente d’intensité jusqu’à 100°, où eile parait avoir acquis son maximum ; qu’en

1 . Ulric-Théodore Æpinus, que nous avons déjà eu l’occasion de mentionner, était d’origine allemande (né à Rostcck en 1724). Ses travaux de physique, dont le principal a pour titre : Tentamen theoriæ electricitatis et ■magnetismi, 1787, le firent appeler à Saint-Pétersbourg, où il devint le précepteur du grand-duc Paul, plus lard empereur.

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continuant à la chauffer, on voit son intensité électrique diminuer et devenir enfin nulle, et que si, en dépassant ce degré, on continue encore à chauffer, on voit l’électricité renaître et augmenter d’intensité, mais dans un sens inverse à celui qu elle avait primitivement : l’extrémité du prisme, au plus grand nombre de faces, qui était d’abord électrifée positivement, s’électrise négativement, et l’autre extrémité, de négative qu’elle était, devient positive.

Poissons électriques. — Les phénomènes électriques, que l’on croyait d’abord appartenir exclusivement au règne minéral, se sont retrouvés dans le règne animal. Trois poissons, dont deux habitent les eaux de l’Ancien-Monde, et le troisième celles du Nouveau-Monde, offrent ces phénomènes à un degré saisissant. Le premier est une espèce de raie, la torpille ( raja torpédo), déjà connue des anciens : ils savaient que ce poisson engourdit les membres de ceux qui le touchent; mais ils étaient loin d’attribuer cet effet à l’électricité. Ce n’est qu’au commencement du xviii® siècle que l’on en reconnut la cause *. En 1773, Walsh découvrit les organes électriques de la torpille, disposés symétriquement 1 2.

Le second poisson ayant les mêmes propriétés que la torpille est le gymnote. ( gymnotus electricus), commun dans les fleuves de l’Amérique méridionale, nicher, pendant son voyage à Cayenne, en 1671, nota dans son journal l’observation d’un poisson de 3 à A pieds de long, qui, quand on le louche «avec le doigt ou avec une canne, engourdit le bras et cause des vertiges. Les travaux de Williamson, d’Alex. Garden, de Hunier, de Schilling, de Humboldt, etc., firent depuis très-bien connaître l’anatomie du gymnote, dont la puissance électrique paraît être supérieure à celle de la torpille.

Le troisième poisson est le silurus electricus, L., qui ressemble à un barbillon. Il vit dans les eaux du Sénégal, où Adanson le trouva en 1751, et en constata les propriétés électriques. On le rencontre aussi dans les eaux du Nil. Les Arabes le nomment raad, tonnerre, pour indiquer, par un rapprochement curieux, que ce poisson frappe comme la foudre.

Théories. Lois des attractions et des répulsions. Balance de Coulomb. — De nombreuses théories ont été émises sur l’électricité. Nous en avons déjà fait connaître quelques-unes. Elles se ramènent toutes à deux hypothèses : 1® celle d’un fluide unique

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