‹ Histoire UniverselleChapitre 109 sur 184 · Philosoph. Transact., vol. LVIIt, p · texte numérisé non relu

Philosoph. Transact., vol. LVIIt, p

MOUVEMENT

qui se trouverait naturellement répandu dans tous les corps ; 2° celle de deux fluides, dont l’excès de l’un ou de l’autre donnerait l’électricité positive ou vitrée, et l’électricité négative ou résineuse. Ces deux hypothèses ont été également défendues et attaquées. « Pourquoi, disent les partisahs de la première, introduire deux matières inconnues, si une seule suffit pour expliquer tous les phénomènes? Entia, prceter necessitatem, non sunt multiplicanda : il ne faut pas, selon l’adage des anciens, multiplier les êtres sans nécessité. Dans la décharge d’une bouteille de Leyde, à travers deux pointes placées l’une au-dessus de l’autre des deux côtés d’une carte, on voit toujours l’électricité positive se mouvoir le long de la carte pour la percer vis-à-vis de la pointe électrisée négativement. S’il y avait deux électricités, elles devraient se mouvoir chacune de son côté pour se réunir. Si l’on électrise un corps avec une électricité et qu’on neutralise son action avec l’autre électricité, qu’on lui ajoute de nouvelle électricité de la première espèce, puis de l'électricité opposée, et cela indéfiniment, lorsque les quantités des deux électricités ont atteint des proportions telles qu’elles se neutralisent mutuellement, on n’aperçoit aucun changement dans les propriétés des corps, quelle que soit la quantité des deux électricités qu’on lui a ajoutée. Cependant tous les faits connus jusqu’à présent prouvent que le changement dans les proportions de l’un des composants d’un corps altère au moins quelques-unes de ses propriétés. »

A cela les partisans de la seconde hypothèse répondent h que les phénomènes s’expliquent mieux avec deux électricités qu’avec une seule; qu’en diminuant la densité de l’air par la décharge d’une bouteille de Leyde entre deux pointes le long d’une carte, on voit le point percé s’éloigner de la pointe négative et se rapprocher de la pointe positive, à mesure que la densité de l’air diminue; qu’en perçant un carton par la décharge d’une bouteille de Leyde, on voit des bavures, des espèces de bourrelets formés sur les deux faces, comme s’il eût existé deux courants différents l. »

Indépendamment de ces hypothèses, supposant l’existence d’un ou de deux fluides, on a pensé que les phénomènes électriques pourraient bien être le résultat de mouvements vibratoires, excités dans l’éther, milieu hypothétique, répandu dans tout l’univers.

D’autres physiciens, tels que Wilke, Æpinus, Franklin, Beccaria, de Luc, Poisson, etc., abandonnant le domaine des spéculations sté-

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