Voy. notre Histoire de la chimie, p
-du zinc). Plus récemment, Becquerel, Daniell, Schœnbein, Grove,
De la Rive, multipliant les expériences sur l’électricité voltaïque (dynamique), ont construit des éléments à deux liquides, avec lesquels on obtient des effets très-remarquables.
Mais la pile qui, à raison de sa simplicité et de son bon marché, » est devenu d’un usage universel, c’est la pile de charbon de M. Bunsen, aujourd’hui professeur à l’université de Heidelberg (né à Goettinguele 30 mars 1811). Son invention remonte à 18A3. Dans cette pile à effet constant , un cylindre de charbon remplace les lames de platine de la pile de Grove. Chaque couple de cette pile, dont voici le ■dessin (fig. 29) , se compose de quatre pièces solides de forme cylindrique, qui s’emboîtent les unes dans les p’ p* autres, sans frottement. .Voici l’ordre dans
lequel ces pièces sont disposées, en commençant par la pièce extérieure, qui renferme toutes les autres : 1° un bocal en verre AB, rempli d’acide nitrique du commerce jusqu’en B' ; — 2“ un cylindre creux de charbon C'C\ percé de trous, ouvert aux deux extrémités et qui, la pile étant en action, plonge dans l’acide nitrique jusqu’aux trois quarts de son hauteur en B' ; sur le collet hors du bocal, et qui ne plonge point dans l’acide, s’adapte à frottement un anneau en zinc bien décapé; au bord supérieur de cet anneau est soudée en P une patte métallique P' recourbée, des- Fi&* 29> tinée à établir le contact avec le pôle con-
traire; — 3° une cellule ou diaphragme en terre poreuse DD, qui s’introduit dans l’intérieur du cylindre de charbon, de manière à laisser un intervalle d’environ 3 millimètres; cette cellule reçoit de l’acide sulfurique étendu d’eau;
— ô° un cylindre creux en zinc amalgamé ZZ, qui plonge dans l’acide sulfurique de la cellule précédente, et dont le bord supérieur est surmonté d’une patte de zinc P", propre à établir le contact avec le pôle contraire. La réunion de ces pièces constitue un couplé de la pile. Le cylindre de charbon, muni de son anneau et plongeant dans l’acide nitrique du bocal, joue le rôle d’élément électro-positif; le cylindre de zinc amalgamé, plongeant dans l'acide sulfurique de la cellule, joue le rôle d’élément électro-négatif.
MOUVEMENT
Pour réunir plusieurs couples en batterie, on fait communiquer le cylindre de zinc avec le cylindre de charbon. Cette communication s’effectue en appliquant l’une contre l’autre les pattes ou lames recourbées qui dépassent le bord supérieur de ces cylindres, et en les maintenant serrées au moyen d’une petite pince de cuivre, munie d’une vis de pression. Il va sans dire que les extrémités ou pôles d’une batterie sont représentées, d’un côté, par la queue d’un anneau de zinc embrassant le collet du charbon (pôle électro-positif), et, de l’autre, par la queue d’un cylindre de zine amalgamé (pôle électro-négatif). Un seul couple suffit pour fondre un fil de fer mince, et peut servir aux expériences de dorure et d’argenture par voie humide avec deux couples on obtient la décomposition de l’eau. Cette pile a reçu de nombreux perfectionnements.
Applications de l’électricité dynamique. — L’électricité dynamique a reçu des applications nombreuses dans les arts; elle forme une véritable branche industrielle sous le nom d 'électrolyse. Ajoutons ici que les pôles, représentés par les extrémités des fils conducteurs, ont été nommés électrodes, quand on les tient plongés dans les liquides qu’ils décomposent. On a vu, depuis la découverte de la pile, que le cuivre, enlevé de sa dissolution par l’effet d’un courant électrique, prend exactement la forme des corps sur lesquels il se dépose : il s’y moule comme delà cire. Oe fait donna, en 1836, naissance à la galvanopîastique et à la galvanotypie ou èlectrotypie dont Spencer en Angleterre et Jacobi en Russie sont regardés comme les inventeurs. Vers la môme époque on découvrit les procédés électrolytiques de dorure et argenture, qui furent exploités industriellement d’abord par Elkington et Ituolz, puis par Christofle et C1*.
M. Becquerel père, qui a tant contribué par ses travaux variés au progrès de l’électricité, fut conduit, dès 1842, à donner plus d’extension aux essais de Nobili sur le dépôt des oxydes métalliques par l’éleclrolyse, et sur la coloration électrolylique des métaux par l’oxyde de plomb. Antérieurement à ces expériences, le même physicien avait déjà mis en pratique l’heureuse idée d’employer l’électricité à l’extraction des métaux de leurs minerais.
1. Le nom de galvanopîastique s’applique particulièrement aux statues,aux bas-reliefs, médailles, etc., recouverts d’une mince couche de cuivre, tandis que le nom de galvanotypie ou à'éledrotypie se rapporte aux clichés, aux planches gravées et en général à tous les objets destinés à transporter leurs empreintes sur d’autres corps par la pression.
Mais la plus importante de toutes les applications, c’est celle de l’électricité à la télégraphie, merveilleuse conquête du génie de l’homme sur l’espace et le temps. Comme pour tous les grands faits de la science, l’honneur de l’invention de la télégraphie électrique, qu’on devrait nommer Y électrographie, revient, non pas à un seul homme, mais à plusieurs, ayant appartenu à des générations différentes.
On peut distinguer trois époques dans cette belle invention, qui contribuera plus qu’aucune autre à changer les rapports des peuples entre eux. Ces trois époques caractérisent les progrès si rapides de l’électricité. La première est celle où l’on ne connaissait encore que l’électricité statique. En 1756, l’abbé Nollet eut l’idée de transmettre le choc électrique à une distance d’environ 2 kilomètres, à travers une chaîné de personnes qui se tenaient par la main. Toutes ces personnes, au moment de la décharge, sentirent simultanément la même secousse; la transmission était donc instantanée. Lemonnier fit une expérience analogue en doublant la distance : deux fils de fer, de 2 kilomètres chacun, étaient disposés sur des poteaux, tout autour du clos des Chartreux (faisant aujourd'hui partie du jardin du Luxembourg), et se rapprochaient à leurs extrémités. La personne qui tenait à la main un bout des deux fils, placés à 7 mètres l’un de l’autre, pouvait voir l’étincelle qu’on tirait sur les deux autres bouts avec une bouteille de Leyde. Un retard d’un quart de seconde aurait été, ajoute Lemonnier, appréciable, et cependant il n’y eut aucune différence sensible entre l’instant de la commotion éprouvée et celui de l’étincelle aperçue. L’électricité avait donc franchi lx kilomètres avec une vitesse incalculable, sans s’être même affaiblie. Vers 1756, Francklin, frappé de la rapidité extrême avec laquelle l’électricilé parcourt les fils conducteurs (à raison de plus de 70,000 lieues par seconde), songea le premier à l’employer pour la transmission des dépêches. Cette idée fut reprise, en 1775, par Lesage, à Genève, près de vingt ans avant l’invention du télégraphe proprement dit. Dans le but de faire servir le fluide électrique à la transmission de la pensée, il avait construit un appareil composé de vingt-quatre fils conducteurs, séparés les uns des autres et plongés dans une matière isolante. Chaque fil correspondait à un électromètre particulier; et en faisant passer la décharge d’une machine électrique ordinaire à travers tel ou tel de ces fils, on produisait à l’autre extrémité, où était suspendue une balle de sureau, le mouvement représentatif de telle ou telle lettre de l’alphabet. De 1780 à
MOUVEMENT 289
1800, des essais semblables forent faits par Salva en Espagne, par Béthancourl en France, par Reiser en Allemagne.
La seconde période date de la découverte de l’électricité dynamique. En 1811, un Américain, Coxe, proposa de substituer au télégraphe ordinaire (aérien) un système fondé sur la décomposition des substances chimiques sous l’action du courant électrique de la pile de Volta. — Vers la même époque, Scemmering imagina un appareil composé de trente-cinq fils isolés qui aboutissaient à trentecinq pointes d'or placées au fond d’une cuve pleine d’eau. En regard de ces pointes se trouvaient écrits les dix premiers nombres et les lettres de l’alphabet. Au moment où l’on mettait un de ces fils en ■contact avec le pôle positif et un autre avec le pôle négatif d’une pile voltaïque, deux bulles de gaz, l’une d’oxygène et l’autre d’hydrogène, qui se dégageaient aux deux pointes d’or correspondantes, indiquaient les signaux.
La troisième époque date de la découverte de l’électro -magnétisme.