‹ Histoire UniverselleChapitre 115 sur 184 · MAGNÉTISME TERRESTRE. ÉLECTRO-MAGNÉTISME · texte numérisé non relu

MAGNÉTISME TERRESTRE. ÉLECTRO-MAGNÉTISME

Nous avons vu qu’à l’origine l’histoire du magnétisme ou de l’aimant se confondait avec celle de l’électricité. Mais à partir de l’invention de la boussole, ces deux branches de la physique commencèrent à se diviser, pour se réunir de nouveau après les découvertes d OErstedt et d’ Ampère.

Déclinaison. — L’aiguille aimantée est une sorte de girouette qui, par ses mouvements divers, rend sensible à nos organes l’existence d’une force mystérieuse dont les constantes de direction et d’intensité sont aussi difficiles à déterminer que celles des courants de l’océan gazeux qui enveloppe le globe terrestre. La direction horizontale ou de déclinaison fut aperçue la première; c’est celle qui fit inventer la boussole, dont nous avons parlé plus haut. Les anciens navigateurs ne désignaient la direction horizontale que sous le nom de variation , comme on le fait encore en Angleterre. Christophe Culomb, voulant chercher, comme il le disait lui-même, el levante p or el poniente , l’orient par l’occident, vit, à son extrême surprise, l’aiguille aimantée, dont la direction était d’abord nord-est, prendre ensuite une direction nord-ouest, après avoir traversé, à deux degrés et demi des îles Açores, une ligne médiane, sans décliuaison. C’était cette ligne qui joignait les deux pôles magnétiques.

La plus ancienne méthode, celle dont s’était aussi seivi Christophe Colomb, consistai! à tirer une méridienne (ligne perpendiculaire à l’équateur et passant par les deux pôles) et à y placer l’aiguille aimantée de manière à la faire coïncider avec celle ligne : c’était le zéro de déclinaison; la quantité dont elle s’en écartait à droite ou à gauche, c’est-à-dire à l est ou l’ouest en regardant le pôle nord, donnait les degrés de déclinaison orientale ou occidentale. Onerut d’abord que la déclinaison était constante pour un même lieu de la terre. Mais on ne tarda pas à s’apercevoir qu’elle varie. Les plus anciennes observations de ce genre datent d’environ trois siècles : elles furent faites à Paris. On constata qu'en 1580 l’aiguille aimantée y déviait de 11° 30' à l’est, maximum de déclinaison orientale; que les années suivantes elle se mettait à rétrograder, passait, en 1663- 1666, par zéro de déclinaison, et atteignait, en 181ô, 22° 3ô', maximum de déclinaison occidentale. Depuis ce moment, elle rétrograde de nouveau, non pas uniformément, mais en oscillant. Ainsi, en 1822, elle était à 22° 11'; en 1825, à 22« 22'; en 1827, à 22° 20', etc. On s'aperçut aussi que ces oscillations annuelles sont pour ainsi dire enchâssées dans d’autres plus grandes (oscillations séculaires )f et qu’elles comprennent elle-mêmes des oscillations périodiques horaires, sans parler des perturbations accidentelles ou locales.

La Hire fit le premier connaître en France le compas de déclinaison. Pour la construction des boites de cet instrument, il rejeta l’emploi du laiton, à cause du fer que cet alliage pourrait contenir,, et il donna la préférence au bois et au marbre 1 .

En Angleterre, IJellibrand parait a\oir le premier observé avec soin la déclinaison de l’aiguille. A cet effet, il avait tiré, en 1625, une méridienne dans le jardin de Whitehall à Londres, et il notait exactement les quantités dont l’aiguille déviait de cette ligne 2. Ilalley donna les résultats de ses observations pour Londres, comme La Hire avait donné les siens pour Paris. Itéunissant plus lard toutes les observations qui avaient été faites à son époque (fin du xviic et commencement du xvme siècle), le grand physicien-astronome se crut autorisé à établir, comme faits généraux, que dans toute l’Europe la déclinaison de l’aiguille est occidentale; que sur le littoral de l’Amérique du Nord, près de la Virginie, dans la Nouvelle-Angleterre et le Newfoundland, elle est également occidentale; et qu’elle

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