Samuel Morse est né à Massachusetts, le 27 avril
MOUVEMENT
lionner dans l’édifice de l’université de New-York. En 1837, Wheatstone en Angleterre, et Steinheil en Bavière, imaginèrent, chacun de son côté, un appareil entièrement différent de celui de Morse. L’élan était dès lors donné au développement de la télégraphie électrique.
Cependant ce n'est qu’en 1844 (le 27 mai) qu’on vit fonctionner le premier télégraphe électrique aux États-Unis, comme on y avait vu flotter environ quarante ans auparavant le premier bateau à vapeur. Le premier télégramme, transmis de Baltimore à Washington, fut l’annonce de l’élection de James Polk à la présidence. L’année suivante, le gouvernement français, jaloux de concourir à la mise au jour d’une aussi belle invention, demanda aux chambres une allocation de 240,000 fr. Plusieurs points restaient encore à éclaircir. La commission nommée par le ministre de l’intérieur, et dont Arago faisait partie, s’était d’abord posé la question suivante : « Peut-on transmettre le courant électrique avec assez peu d’affaiblissement pour que des communications régulières s’établissent d’un seul trait, sans station intermédiaire, par exemple, entre Paris et le Havre? » Pour répondre à cette question, la commission fit passer le courant électrique, par un fil de cuivre, établi le long du chemin de fer de Rouen sur des poteaux de bois placés de 50 mètres en 50 mètres, et fit revenir ce courant par un autre fil semblable, placé immédiatement au-dessous du premier; son intensité était mesurée par la déviation que le courant imprimait à une aiguille de boussole. On trouva ainsi que le courant produit à Paris et transmis à Mantes, le long du premier fil, revenait par la terre beaucoup mieux que par le second fil. La terre remplissait donc, dans cette expérience, l’office d’un conducteur plus utile que le second fil métallique. On se demanda ensuite : « Comment est-il possible, avec un seul courant, d’effectuer des signes différents? En d’autres termes, comment peuton produire cette intermittence de mouvement si nécessaire dans toute application d’une force quelconque? » — On savait qu’en faisant circuler un courant électrique le long d’un fil roulé en hélice autour d’une tige de fer doux, on aimante cette tige momentanément, mais non pas d’une manière permanente, comme on le ferait si, au lieu de fer doux, on employait de l’acier. Le fer doux, ainsi employé, peut, tout comme l’aimant permanent, attirer une pièce de fer neutre. Mais avec le fer doux il suffit d’interrompre le courant pour arrêter le mouvement, tandis qu’une telle intermittence ne pourrait s’obtenir avec l'aimant permanent. Là est tout le secret de la té-
légraphie électrique : c’esl en faisant naître et disparaître alternativement la force attractive dans une masse de fer, qu’on peut transmettre à une seconde station tous les signaux partis d’une première. I)e ce principe si simple découlent les divers systèmes d’éleclro-lélégraphie imaginés depuis lors *.
Qu’auraient dit les philosophes de l’antiquité si on leur eût annoncé que les expériences si curieuses qu’ils faisaient avec la pierre magnésienne et le succin, donneraient un jour naissance au moyen de transmettre la pensée de l’homme avec la rapidité de l’éclair? — Ils auraient dit qu’on se moquait d’eux, ou qu’ils ne croyaient pas aux miracles, parce qu'une pareille croyance répugne à la raison humaine.
1. Voy., pour plus de détails, le Moniteur du 29 nvril 1845 (discours d’Arago à la Chambre des députés). — Schaiïner, Tel graphe companion (New- York, 1854) — L’arlic'e Morse, dans la Diographi: generale.