MÉTAUX
Avant la découverte des métaux, les peuples primitifs firent usage de pierres siliceuses, tranchantes ou pointues, soit à la chasse, soit à la guerre, comme armes d’attaque ou de défense. On y substitua plus tard le bronze et le fer. Mais, malgré ces perfectionnements apportés à la fabrication d’instruments indispensables, on continua pendant longtemps encore à se servir des silex ‘. C’est pourquoi la division historique de l’humanité, en âge de pierre, âge de bronze et âge de fer, quelque séduisante qu’elle soit en théorie, présente des difficultés insurmontables dans son application.
1. Le bronze et le fer étaient déjà connus quand on se servait encore dans les cérémonies religieuses et pour d’autres usages de couteaux de pierre, cultri lapidei (paxa-ipou mrplvcu) ; voy. Exode, iv, 25 ; Josué, v, 2, 3; Psaume lxxxix, 44.
Quels sont les métaux qui fuient les premiers connus? Évidemment ceux qui se rencontrent dans la nature avec leurs propriétés physiques les plus saillantes. L’or natif attire, par sa couleur et son éclat, non-seulement l’attention du sauvage, mais encore le regard de certains animaux, tels que les pies, les corbeaux. Dans les idiomes les plus anciennes, en hébreu, en phénicien, le mot zahab, or, a pour racine le verbe tzanab, briller *. Du temps de Moïse, et sans doute bien antérieurement 'à cette époque, on faisait des coupes, des encensoires , des candélabres , avec de l’or pur. On sait combien l’or, non durci par un alliage, est facile à travailler au marteau. Le veau d’or qui fut brûlé par Moïse était un fétiche en bois recouvert de lames d’or.
L’argent devait être également connu de bonne heure ; car on le trouve aussi à l’état natif, moins souvent cependant que l’or. Son nom primitif est emprunté à la couleur du métal : khesef, qui signifie argent dans les langues sémitiques, dérive du verbe khasaf, être pâle, de même que le grec argyros vient i’argos, blanc, d’où le mot argentum , etc.
Les Egyptiens paraissent avoir les premiers employé l’or et l’argent comme moyens d’échange ou signes de richesse. Ces métaux se vendaient primitivement au poids, comme cela se pratique encore aujourd’hui en Chine. Ce ne fut que postérieurement à Abraham, qui avait (en 1900 avant J.-C.) apporté de l’Egypte le pesage de l’or et de l’argent bruts, que s’établit la coutume de fabriquer avec ces métaux des pièces rondes, carrées ou polygones, marquées d’empreintes ou désignés convenus. Les plus anciennes monnaies portent des figures d’animaux, particulièrement de vaches et de taureaux, qui étaient des divinités égyptiennes. Il y avait, en Egypte, des lois trèssévères concernant la fabrication et l’émission de fausse monnaie ; au rapport de Diodore de Sicile, on coupait les mains aux coupables-
Les plus anciennes monnaies d’or et d’argent d’Athènes et de Rome sont en or et en argent, presque chimiquement purs. Après l’établissement de l’empire romain, le titre des monnaies, c'est-àdire la proportion de leur alliage, était déterminé par des lois spéciales. Mais bientôt ces lois firent place à la volonté des empereurs qui, dans un intérêt personnel, se faisaient faux monnayeurs : ils se flattaient de l’espoir de calmer par des largesses, l’indiscipline de la milice prétorienne qui disposait, en souveraine,