Exode, xxv
HIST01HK ne LA PHYSIQUE. 21
du sceptre de l’empire. C’est ainsi qu’au moyen âge les rois recouraient à l’altération des monnaies pour se procurer les trésors nécessaires aux guerres, longues et sanglantes, qu’ils avaient à soutenir contre leurs puissants vassaux. Quoi qu’il en soit, on peut poser en principe que la détérioration des monnaies va de pair avec la décadence des mœurs ; c’est ce qui résulte de l’analyse des monnaies grecques et romaines, frappées à différentes époques *.
Après l’or et l’argent viennent, dans l’ordre d’ancienneté, le plomb, l’étain, le cuivre, le mercure, et le fer. Ces métaux existent dans la nature le plus ordinairement à l’état de minerais, c’est-à-dire combinés avec le soufre, l’oxygène, le phosphore et d’autres éléments minéralisateurs, qui en altèrent complètement l’aspect.
Le plomb et l 'étain formaient une branche importante du commerce des Phéniciens et des Carthaginois avec l’Espagne et les Iles Britanniques qui reçurent de la richesse de leurs mines d’étain le nom d’îles Cassitérides. Ces deux métaux étaient employés dans l’affinage de l’or et de l’argent. La litharge (oxyde de plomb), résultat de cet affinage (sorte de coupellation), se nommait chrysitis lorsqu’elle provenait de l’affinage de l’or, et argyritis quand elle provenait de celui de l’argent *. Le minium s’obtenait pendant la calcination de la galène, nommée molybdæna , principal minerai de plomb. Le plus beau provenait du grillage de la céruse. Il servait, en peinture, comme la litharge, pour la préparation de la couleur rouge; en médecine, pour la préparation des emplâtres.
Le blanc de plomb ( cerusa des Romains , psimmythion des Grecs) se fabriquait en grand à Rhodes, à Corinthe et à Sparte. Voici le procédé des Rhodiens : ils mettaient des sarments dans des tonneaux de vinaigre , étendaient sur ces sarments des lames de plomb et fermaient les tonneaux avec des couvercles. En les ouvrant après un certain laps de temps, ils trouvaient le plomb changé en céruse 3. Le produit, ainsi obtenu , servait de fard aux dames romaines.
Dioscoride, Pline et Galien connaissaient les propriétés toxiques des préparations de plomb.
L ’ étain, auquel Homère donne l’épithète de brillant (naeviTepoi
1. Voy. notre Histoire de la chimie, t. I, p. 120 et suiv. (2® édit. Paris, 1806).